Selon le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, près de 90 % des agressions sexuelles ne sont pas déclarées à la police.  
Selon le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, près de 90 % des agressions sexuelles ne sont pas déclarées à la police.  

Dénonciations d’agressions sexuelles: le SPS appelle à la prudence

À la suite de la vague de dénonciations concernant les agressions sexuelles qui déferle sur les réseaux sociaux, le Service de police de Sherbrooke (SPS) invite les victimes à être prudentes concernant le dévoilement de certains détails.

Le soutien des victimes est l’une des priorités du SPS. Le porte-parole de l’organisation, Samuel Ducharme, mentionne que la meilleure manière de dénoncer une agression est de s’adresser aux policiers. « Quand les gens parlent de leurs événements sur les réseaux sociaux, ils s’exposent à un risque. Parfois, ils peuvent mettre des bâtons dans les roues de leur propre démarche judiciaire parce que quand les gens entrent dans les détails, il peut y avoir des contradictions. Quand on fait une plainte, les interrogatoires sont filmés. En matière d’agressions sexuelles, la crédibilité du témoin est un point important. C’est un risque de parler des détails sur les réseaux sociaux. On ne dissuade pas les gens, mais on leur dit d’être très prudents. »

Il soutient également que le SPS est présent pour aider et pour supporter les victimes. « On ne veut pas que les gens croient que la police veut les dissuader de dénoncer, c’est la chose la plus importante. Nous sommes conscients que la démarche est difficile, mais c’est pour ça que nous avons des enquêteurs spécialisés dans la matière. Ce sont les personnes les mieux outillées pour supporter les victimes. »

« Il y a des protocoles très stricts pour prendre une plainte en matière d’agressions sexuelles, pour la traiter et pour procéder à une arrestation. Il y a des enquêteurs formés là-dedans. Ce ne sont pas des dossiers simples », illustre le porte-parole du SPS, Samuel Ducharme.  

Les policiers souhaitent outiller le mieux possible les victimes. « Notre objectif est de traduire les criminels en justice, on espère que tout ce qui peut mettre en péril le processus judiciaire soit évité. »

L’intervenante au Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de la région de l’Estrie, Alexandra Pepin, souligne que leur priorité est de soutenir les femmes dans leurs démarches tout en les informant des risques reliés aux médias sociaux.

Aspect juridique

Samuel Ducharme souligne également qu’il y a un risque concernant l’aspect légal de nommer l’agresseur sur les médias sociaux notamment en raison de l’article entourant le libelle diffamatoire dans le Code criminel. « Si la publication est faite sans excuse légitime et de façon à nuire à la réputation de quelqu’un ou de l’exposer à la haine, il pourrait s’agir de libelle diffamatoire. Si la victime, pour se venger de son agresseur, fait une publication sur un réseau social, malheureusement, elle peut s’exposer à des accusations criminelles et peut aussi s’exposer à une poursuite civile en diffamation. »

La directrice de projet chez Juripop Me Sabrina Vigneau-Courchesne mentionne que chaque cas est analysé individuellement. Elle soutient que si le présumé agresseur peut être clairement identifié dans une publication, le préjudice de la réputation pourrait être à considérer.