Déjà des délais dans la livraison du cannabis

La Société québécoise du cannabis (SQDC) a été victime de son succès. Au total, plus de 42 500 transactions en magasin et en ligne ont été enregistrées, créant une rareté pour certains produits. Les délais de livraison seront également plus longs que prévu.

«Aucun incident important n’a été relevé, malgré la foule imposante créant des files d’attente allant jusqu’à quatre heures pour certaines succursales», indique dans un bilan la direction de la SQDC, avouant que le volume de commandes a dépassé «largement» les prévisions.

Mercredi, la nouvelle société d’État a inauguré ses 12 premières succursales à travers la province. Les magasins ont ouvert leurs portes à 10h. Le site Web était accessible dès 7h40.

À 9h30, plusieurs articles n’étaient déjà plus disponibles sur le Web. Des ruptures de stock pour certains formats et produits ont aussi été observées dans des points de vente.

«Compte tenu de l’engouement créé par la légalisation du cannabis et de la rareté des produits à l’échelle canadienne, la SQDC s’attend à d’importants défis d’approvisionnement à court terme pour les succursales», réitère la direction, qui n’a pas l’intention de se tourner vers de nouveaux fournisseurs au cours des prochaines semaines pour répondre à la forte demande. 

«Pour l’achat en ligne, on peut s’attendre à un manque de produits plus important, notamment au niveau de l’huile, des gélules, des atomiseurs et des joints préroulés», poursuit-elle.

Une évaluation des stocks devrait être effectuée par l’organisation au cours des prochains jours et l’approvisionnement sera «ajusté» en conséquence. La SQDC assure qu’elle possède un inventaire pour répondre à la demande. Aucune fermeture n’est prévue.

Pour la journée de mercredi, la SQDC indique avoir enregistré plus de 12 500 transactions en magasin, 30 000 commandes en ligne et le site wwww.SQDC.ca a généré plus de 450 000 visites en 15 heures. Environ 110 produits étaient disponibles.

«Il était difficile d’anticiper le volume de ventes de façon précise, compte tenu de l’inexistence de données de marché d’un secteur qui, il y a 48 heures, était encore illégal», note la SQDC.

Pour les commandes en ligne, en raison du fort achalandage et de la menace de grève qui plane sur Postes Canada, les délais de livraison seront plus longs. Il fallait prévoir initialement entre deux et cinq jours ouvrables.

La SQDC estime aujourd’hui que dans certains cas il faudra patienter plus de cinq jours avant de recevoir sa commande. La limite d’achat est de 30 grammes.

Mercredi, des responsables chez Postes Canada mentionnaient au Soleil que malgré les milliers de commandes, la livraison devrait se faire sans problème, ou avec des «délais mineurs».

Selon le Syndicat des travailleurs et travailleuses des Postes (STTP), Postes Canada estimait que la légalisation devait entraîner, pour le Québec, environ 30 000 à 40 000 colis supplémentaires par semaine.

Aucun employé supplémentaire n’aurait été mis à l’horaire pour répondre à cette augmentation du nombre de colis. Le STTP déplore notamment le fait que les travailleurs soient surchargés. Il s’agit d’ailleurs de l’un des enjeux de la négociation.

Pour l’heure, la SQDC dit suivre de près le dossier chez Postes Canada. Elle n’a toutefois pas l’intention de faire appel à une autre entreprise de services postaux pour assurer rapidement la livraison des commandes.

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