Conservation de la nature Canada (CNC) tente de trouver de nouveaux sites de ponte de la tortue molle à épines dans la baie Missisquoi. L’organisation réalisera aussi une trousse pour les citoyens qui souhaitent contribuer à sa préservation.

De nouveaux projets pour préserver les tortues

La Fondation de la faune du Québec a accordé plusieurs subventions dans la province pour la préservation d’espèces menacées. Conservation de la nature Canada (CNC) et l’Organisme de bassin versant (OBV) de la Yamaska ont notamment chacun obtenu des sommes pour intervenir auprès de la tortue molle à épines autour de la baie Missisquoi et la tortue des bois.

CNC s’implique depuis plus d’une quinzaine d’années pour la protection de la tortue molle à épines dans la région avec le gouvernement québécois et le Zoo de Granby.

La subvention de 22 000 $ reçue en vertu du programme Faune en danger permettra de réaliser plusieurs activités entourant la tortue molle à épines. « On sait où la tortue pond et les endroits potentiels où elle peut pondre, souligne Valérie René, coordonnatrice de projets pour CNC. On a installé des caméras de surveillance qui prend des photos en permanence où il y a un potentiel de ponte. On pourra ensuite analyser les photos. »

L’objectif est de déterminer où les tortues pondent à l’extérieur du site déjà connu et, si elles n’utilisent pas ces endroits, l’idée est de déterminer les contraintes qui les en empêchent.

Les photos seront bientôt analysées puisque la période de ponte se déroule en juin et juillet.

Les riverains sollicités

« Un autre gros volet du projet est d’engager la communauté, reprend Mme René. On a besoin d’avoir des gens qui sont formés, des citoyens de la région qui ont des yeux sur tous les sites potentiels où il pourrait y avoir la tortue. »

Une trousse du bénévole sera réalisée pour aider les citoyens dans le secteur de la baie Missisquoi, surtout à Pike River. Ils seront outillés pour reconnaître la tortue, la signaler et la protéger. Les citoyens, qui vivent sur place, deviendront ainsi des partenaires de Conservation de la nature Canada.

L’organisation estime qu’il y a entre 100 et 300 tortues molles à épines dans la baie Missisquoi, mais elles pourraient être plus nombreuses. Elles sont particulièrement difficiles à repérer puisque discrètes, farouches et aquatiques.

Cette espèce de tortue se reproduit après l’âge de 12 ans, mais elle peine à survivre jusqu’à cet âge. Les œufs sont par ailleurs des proies faciles pour les ratons laveurs et les renards, si bien que le Zoo de Granby pilote un projet d’incubateur et de relâche depuis quelques années.

« On invite les gens, quand ils voient des tortues (NDLR : peu importe l’espèce), à les signaler sur le site carapace.ca, ajoute Mme René. Ils peuvent prendre une photo, le point GPS et nous envoyer tout ça. On peut utiliser ces données-là pour faire des interventions, voir quelles espèces on trouve à quel endroit, mieux comprendre où se trouvent les tortues et quoi faire pour les aider à partir de là. »

Tortue des bois

L’OBV de la Yamaska mène quant à lui un projet concernant la tortue des bois, une espèce vulnérable au Québec. L’organisme a reçu une aide financière de 10 000 $ de Faune en danger et environ la même somme du fédéral dans le cadre du programme d’intendance de l’habitat.

« En 2013, on a fait un inventaire qui a permis de voir qu’il y avait beaucoup de tortues des bois sur plusieurs rivières du bassin versant, dont une population intéressante qui était totalement inconnue à la rivière du Renne, explique Alex Martin, directeur général de l’OBV. Une première phase d’un autre projet, toujours en cours, était d’élaborer un plan de protection. Le dernier volet est la conservation volontaire. »

Cette fois-ci, le projet sera de travailler avec des citoyens corporatifs. « Au fil des années, on a remarqué que des gens étaient prêts à aller plus loin dans la protection de la tortue, souligne M. Martin. Un golf et une pourvoirie souhaitaient faire des choses de plus grande envergure pour protéger l’habitat de la tortue. »

Un golf du secteur de Bromont et une pourvoirie riveraine de la rivière du Renne, dans la région d’Acton Vale, réaliseront ainsi des aménagements pensés spécialement pour la tortue des bois d’ici 2022.