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La préfète de la MRC du Rocher-Percé, Nadia Minassian, a fait de l’aéroport un enjeu lors de sa campagne
La préfète de la MRC du Rocher-Percé, Nadia Minassian, a fait de l’aéroport un enjeu lors de sa campagne

De nouveaux marchés pour l’aéroport du Rocher-Percé

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
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Après des années de débats sur son rôle, l’aéroport du Rocher-Percé croit enfin avoir trouvé sa place dans le marché gaspésien. Vols nolisés, services publics et transport des produits de la mer sont sur le tableau de bord de la MRC, qui a récemment investi plus de 12 millions $ pour remettre l’infrastructure à niveau.

«Ça fait des années que ce projet-là est demandé, discuté, débattu et reporté. Je suis très contente qu’on soit rendu là où on en est», lance d’emblée la préfète de la MRC du Rocher-Percé, Nadia Minassian, qui en a fait un cheval de bataille lorsqu’elle s’est présentée à la préfecture. «Il y avait un appétit. Les besoins étaient criants du côté économique, mais aussi pour les services. Parfois l’avion médical ne pouvait pas atterrir!», se rappelle-t-elle.

La préfète croit que grâce aux récents investissements, l’aéroport situé dans le secteur de Pabos, à Grande-Rivière, pourra se frayer une place dans le marché gaspésien. Payés en grande partie par une enveloppe du gouvernement provincial du Québec, les travaux majeurs réalisés ont pu remettre à niveau une piste qui en avait bien besoin, notamment en  ajoutant près de 300 mètres à sa longueur, en installant une station météo dernier cri et en améliorant les aides à la navigation. «Les pilotes ont presque hâte d’atterrir à Rocher-Percé!» ajoute Mme Minassian en riant. 

Vols nolisés et produits de la mer

Le marché visé par l’administration de l’aéroport se clarifie de plus en plus. Tout en restant un aéroport de service, la MRC souhaite attirer une nouvelle clientèle sur la piste : les vols touristiques nolisés. «On souhaite développer un marché pour des séjours plus courts en Gaspésie. Pour faire du fish and fly ou du hunt and fly par exemple. Ce genre de clientèle plus aisée nous permettrait d’allonger la saison touristique», explique la préfète. «On vient de s’offrir l’occasion de développer notre milieu», se réjouit-elle.

La MRC envisage aussi mettre l’accent sur l’exportation des produits de la pêche. «C’est une bonne nouvelle, ça pourrait nous permettre de vendre du volume en Europe ou en Asie. On a beaucoup de produits qui doivent être exportés frais», note le président de Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan, une importante usine de transformation de fruits de mer, Roch Lelièvre. «En ce moment, pour vendre dans ces marchés, on n’a pas le choix de passer par Montréal ou Halifax. Ça nous enlève de la compétitivité», ajoute-t-il.

Les pêcheries sont un secteur particulièrement compétitif met en garde Nadia Minassian, qui admet que de nombreuses études seront nécessaires avant de voir des cargaisons de homard s’envoler de l’aéroport du Rocher-Percé. «Mais c’est un secteur qui est mature et qui peut grossir. C’est prioritaire de développer ce créneau-là, et les entreprises sont au rendez-vous», soutient-elle.

Avec près de 80 % de la production gaspésienne, les secteurs de Grande-Rivière et de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, près de Percé, sont très étroitement reliés à l’industrie de la pêche et de la transformation. De nombreux projets y sont d’ailleurs en développement, notamment un projet d’incubateur pour le milieu. On y retrouve aussi l’école des pêches et de l’aquaculture du Québec.