Lundi, neuf produits étaient disponibles, mardi, dix, dont plusieurs variétés de fleurs séchées et de pilules. Les prix variaient entre 21,40 $ et 158,80 $ pour un atomiseur oral.

De 110 à... 10 produits disponibles sur le site Web de la SQDC

De 110 produits disponibles au mois d’octobre, la Société québécoise du cannabis (SQDC) en compte aujourd’hui qu’une dizaine sur son site Web. Pendant ce temps, chez nos voisins de l’Ontario et au Nouveau-Brunswick, le consommateur peut toujours acheter 117 et 66 produits.

Depuis le 17 octobre dernier, jour de la légalisation du cannabis, les ruptures de stock se sont accumulées à la SQDC. Des mesures ont été prises pour limiter les dégâts, notamment, les heures d’ouverture des 12 succursales à travers le Québec ont été réduites à quatre jours par semaine.

Lorsqu’on consulte le site en ligne de la SQDC, force est de constater que la direction a également délaissé (ou presque) cette division d’affaires. 

Lundi, neuf produits étaient disponibles, mardi, dix, dont plusieurs variétés de fleurs séchées et de pilules. Les prix variaient entre 21,40 $ et 158,80 $ pour un atomiseur oral. 

La direction de la SQDC mentionne au Soleil traiter actuellement son inventaire en ligne comme celui de ses magasins. Elle refuse toutefois de dire la moyenne du nombre de transactions effectuées par jour.   

«Lorsque les produits sont livrés par nos fournisseurs, nous les affichons sur le Web. Étant donné que le site couvre l’ensemble du territoire du Québec, on s’assure d’avoir assez de produits pour éviter une rupture de stock lorsqu’ils sont affichés», affirme Fabrice Giguère, porte-parole à la SQDC.

Lorsqu’on compare l’Ontario et le Québec, il faut toutefois préciser que le seul endroit où les Ontariens peuvent actuellement acheter légalement de la marijuana est via le site Web de la Société ontarienne du cannabis. Aucune boutique n’est encore ouverte. 

La semaine dernière, l’Ontario a toutefois annoncé adopter un système progressif pour la délivrance des licences de vente au détail afin d’éviter des ruptures de stock. Dans une première étape, 25 licences seront délivrées pour permettre à des exploitants privés d’ouvrir leur magasin le 1er avril 2019.

Pour la SQDC, la société d’État est à la recherche depuis quelques semaines de nouveaux fournisseurs pour remplir ses tablettes. Le processus devrait être complété le 21 décembre. 

Récemment, la SQDC mentionnait que son problème d’approvisionnement devait être réglé d’ici l’été prochain. Aujourd’hui, on n’est plus en mesure de fournir un échéancier précis et on souligne «suivre la situation de près».

Même si l’offre est plus garnie chez nos voisins, la direction de la société d’État tient à rappeler qu’un consommateur ne peut pas se faire livrer légalement du cannabis en provenance d’une autre province. 

«Cela fonctionne par territorialité», explique M. Giguère. «Au Québec, selon la loi, il y a seulement la SQDC qui peut vendre du cannabis».

Confiance

Selon Yan Cimon, professeur agrégé à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval, le manque de produits n’aura pas ou très peu d’impacts à long terme sur la confiance des consommateurs envers la société d’État. 

«Ce n’est pas un produit qu’on peut facilement échanger sur le marché libre comme d’autres commodités. [...] C’est clair qu’avant de se substituer au marché au noir, il allait avoir une période de transition. Jusqu’ici, rien ne permet de croire que la SQDC n’atteindra pas son objectif», dit-il. «À mesure que les relations avec les fournisseurs vont permettre des approvisionnements réguliers, on va pouvoir espérer qu’il se passe la même chose que nous avons vue avec la naissance de services comme iTunes. Les services légaux ont surclassé les services illégaux, car ils étaient plus faciles d’utilisation et plus pratiques. C’est ce qui devrait se produire dans le cas de la SQDC. Le consommateur va revenir à mesure que l’expérience d’achat va se peaufiner», poursuit-il.

Québec n’est pas la seule province du Canada qui a éprouvé des difficultés d’approvisionnement, le Nouveau-Brunswick (Cannabis NB) et la Nouvelle-Écosse (Nova Scotia Liquor Corporation) ont aussi, notamment, été contraintes de revoir leur plan de match.