La présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Tamara Thermitus, à Montréal, en mai dernier

Dans la tourmente, Tamara Thermitus quitte la tête de la Commission des droits de la personne

QUÉBEC - Dans la tourmente depuis des mois, la présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), Tamara Thermitus, quitte ses fonctions, selon ce qu’a appris La Presse canadienne jeudi.

Nommée par l’Assemblée nationale, Mme Thermitus fait l’objet de nombreuses remises en question de son style de gestion depuis qu’elle est en fonction. Elle était en arrêt de travail depuis octobre et elle a remis sa démission jeudi.

Le Protecteur du citoyen a mené une enquête sur des allégations de mauvaise gestion et d’abus de pouvoir visant Mme Thermitus, une avocate de formation. Le rapport, complété, doit être rendu public sous peu.

Plus tôt, un autre rapport, commandé par la ministre de la Justice et préparé par la sous-ministre Lise Verreault, concluait que la Commission des droits de la personne connaissait depuis plusieurs mois des difficultés liées à la gouvernance, à la gestion des ressources humaines et aux communications.

Si elle était demeurée en fonction, elle risquait d’être destituée par les parlementaires, un geste sans précédent.

«Ce matin, Me Tamara Thermitus a annoncé qu’elle démissionne de la présidence de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Me Tamara Thermitus sera disponible dans les prochains jours pour répondre aux questions des journalistes», a déclaré l’équipe d’avocats qui représente Mme Thermitus dans un courriel transmis à La Presse canadienne.

Jeudi, la ministre de la Justice, Sonia LeBel, s’est contentée de dire qu’elle prenait acte de la décision de Mme Thermitus.

«La responsabilité du gouvernement, c’est de pourvoir ce poste-là le plus rapidement possible», a-t-elle dit.

De son côté, le Parti québécois (PQ) a accueilli la nouvelle de la démission de Mme Thermitus «très favorablement».

«C’était le geste à poser, a déclaré la porte-parole du PQ en matière de justice, Véronique Hivon. Nous réclamions cette démission depuis maintenant plusieurs mois, depuis le printemps dernier, alors que la vérificatrice externe avait déposé un rapport dévastateur qui disait que Mme Thermitus n’avait pas ce qu’il fallait pour occuper cette fonction-là.

«Enfin, le geste est posé. J’ai envie de dire aujourd’hui aux employés, à toute l’équipe de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse qu’enfin la page va pouvoir être tournée sur ce mauvais chapitre de l’histoire de la CDPDG», a-t-elle ajouté.