Le professeur-chercheur Maxime Descoteaux est le titulaire de la nouvelle chaire en neuroinformatique. « En fait, c’est comme si on était des explorateurs de la Nouvelle-France qui débarquaient en Amérique, mais sans chemins, sans cartes, ni GPS, dit-il. On essaie donc de trouver cette carte cérébrale. »

Créer le Google Map du cerveau

Une nouvelle chaire de recherche dont les travaux pourraient révolutionner la façon de traiter l’alzheimer, le parkinson, la sclérose en plaques de même que le trouble de l’autisme, vient de voir le jour à l’Université de Sherbrooke.

Dirigée par le professeur-chercheur Maxime Descoteaux, de la faculté des sciences de l’Université de Sherbrooke, la chaire de recherche en neuroinformatique compte « cartographier le cerveau humain » afin permettre aux médecins et aux chirurgiens d’intervenir de façon plus précise et moins invasive lorsqu’ils ont à poser des diagnostics ou à traiter certaines maladies liées au cerveau.

« Ce qu’on cherche à faire, c’est un peu le Google Map du cerveau humain, explique le professeur Descoteaux. On n’a toujours pas la carte complète du cerveau, avec toutes ses multiples connexions. En fait, c’est comme si on était des explorateurs de la Nouvelle-France qui débarquaient en Amérique, mais sans chemins, sans cartes, ni GPS. On essaie donc de trouver cette carte cérébrale. »

Grâce à une équipe multidisciplinaire formée de médecins, d’informaticiens, de biologistes et de mathématiciens, les travaux du professeur Descoteaux vont s’appuyer sur ses propres avancées effectuées dans le domaine de l’imagerie par résonnance magnétique de diffusion (IRMd) afin d’élaborer, à long terme, le connectome humain.  


Cela peut avoir un impact sur la durée de la chirurgie.
Maxime Descoteaux

Changer le travail des chirurgiens

« Le fait de découvrir la connexion normale nous permettrait ensuite d’identifier ce qui est anormal », précise le professeur Descoteaux en donnant l’exemple d’une tumeur au cerveau. « Dans le cas d’une tumeur au cerveau, on cherche à savoir comment les routes ont été coupées par la tumeur, comment se sont-elles replacées ou reformées. »

Selon le professeur Descoteaux, l’un des impacts de pouvoir cartographier le cerveau humain sera de changer la façon dont les chirurgiens pourront planifier leur chirurgie, ainsi que le suivi post-chirurgie. « Cela peut avoir un impact sur la durée de la chirurgie, moins de séquelles pour le patient, une meilleure qualité de vie et un meilleur taux de survie à long terme. »

Outre les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, les travaux de la chaire de recherche pourraient avoir une incidence sur d’autres pathologies telles que la sclérose en plaques, le trouble de l’autisme ainsi que les commotions cérébrales. Dans ce dernier cas, le professeur Descoteaux indique que son équipe travaille déjà avec des athlètes du Vert & Or afin d’améliorer les connaissances dans ce domaine.

La chaire de recherche en neuroinformatique sera dotée d’un budget de 1,7 million de dollars répartis sur cinq ans. Environ 1,2 M$ proviennent de la Fondation de l’Université de Sherbrooke et 500 000 $ de la Fondation du CHUS.