Course de canots à glace du Carnaval de Québec. Les gagnants, château Frontenac-Le Soleil 1.

Course de canots du Carnaval: la passion n’a pas d’âge [PHOTOS]

Une fois le canot rouge à l’effigie de la Fromagerie de l’Île-aux-Grues mis à l’eau, la vingtaine d’autres équipes inscrites dans la classe sport n’avait qu’à bien se tenir. Bien que positionnés en dernier sur la ligne de départ au bassin Louise, les cinq canotiers ont prouvé que l’âge n’était qu’un chiffre. Ils composaient l’embarcation à la moyenne d’âge la plus élevée.

Les canots ont pris d’assaut les glaces du fleuve Saint-Laurent à l’occasion de la traditionnelle course, dimanche après-midi.

Des quelque 62 d’équipes inscrites pour cette édition, l’embarcation #211 a retenu l’attention. Elle était dirigée par la plus vieille équipe de la compétition, cinq hommes âgés en moyenne de 50 ans. 

Parmi eux, Raynald Fortin, l’aîné du groupe. Avec 33 ans d’expérience dans les eaux glacées et 76 ans de vécu, le capitaine Fortin dirigeait la troupe. 

«J’ai fait mes débuts en 1973, se souvient-il. J’ai arrêté pendant 12 ans, puis j’ai recommencé en 1995. Le canot à glace a toujours fait partie de ma vie.»

De génération en génération 

Non seulement la pratique du canot à glace a occupé les hivers de l’homme originaire de Berthier-sur-Mer, mais le sport s’est également ancré au sein des traditions familiales. 

À l’occasion de la course de canots du Carnaval de Québec, Raynald n’était pas le seul Fortin à bord de son bateau. Assisté par deux de ses fils, Simon et Michel, âgés respectivement de 42 et 44 ans, il s’est même frayé un chemin pour atteindre la troisième position de sa catégorie. 

«Ils ont commencé à ramer très tôt et ils n’ont pas arrêté. Ils rament bien en plus et je dis ça sans parti-pris, pas parce qu’ils sont mes garçons!» rigole-t-il. 

L’épreuve impliquait une traversée aller-retour en dents de scie du fleuve entre le bassin Louise et le Quai Paquet, du côté de Lévis. Le tout, en moins de trente minutes. «L’expérience» a parlé, selon le père Fortin. 

«Pendant trois ans, j’ai couru avec mon épouse et mes trois garçons», se souvient-il, heureux d’avoir transmis cette passion à ses proches et d’avoir pu prendre part à des compétitions à leurs côtés. 

Toujours aussi amoureux de son sport, Raynald Fortin entend continuer aussi longtemps que sa santé le lui permettra. Pour l’instant en tout cas, pas question d’arrêter, lui qui compte courir pendant encore quelques années. Et peut-être même partager des moments sur l’eau avec les petits bourgeons de son arbre généalogique. 

«Mon souhait c’est de monter dans un canot à 80 ans avec ma petite fille, qui aurait alors 14 ans», conclut-il, les étoiles dans les yeux. 

L’évolution d'un sport 

L’hiver 2020 marquait la 29e saison de canot à glace de Stéphanie Drouin. Participante dans la catégorie femme élite, elle se souvient encore très bien de ses premiers pas dans le sport, au début des années 1990. 

«Les bateaux pesaient 400 livres et aujourd’hui ils en pèsent 250 livres. Ça a beaucoup évolué pour s’améliorer et rendre le tout plus agréable», se rappelle la femme de 55 ans. 

Mme Drouin a fait partie de la 1re équipe entièrement féminine, avant même la création d’une catégorie dédiée aux femmes, en 1995. «Les mentalités n’étaient pas les mêmes et ça a pris du temps, mais aujourd’hui cette catégorie existe et elle perdure grâce à des femmes de caractère», s’enchante-t-elle. 

Elle aura d’ailleurs la chance de retrouver toutes les membres de cette ancienne équipe le 22 février, à l’occasion de la compétition de L’Isle-aux-Coudres. Il s’agit du premier endroit où les femmes ont participé à une compétition féminine. 

+

Gagnants de la course de canots du Carnaval 

Catégorie élite ouverte (3 tours)

1:12:01 : 182 – Le Château Frontenac/Le Soleil B

1:16:52 : 560 – Volvo 

1:17:13 : 121 – Latulippe 

Catégorie élite mixte 

(2 tours)

1:04:15 : 45 – G.F.F.M Leclerc

1:05:16 : 927 – Blaxton Pub & Grill - Magasin Latulippe

1:06:20 : 200 – Nordet UQAR

Catégorie élite femmes 

(2 tours)

1:06:43 : 177 – Dynamitage 1re classe 

1:08:28 : 388 – Auberge St-Antoine

01:09:41 : 505 — Glenn Losier (conseiller en placement)/Jack Wolfskin

Catégorie sport (1 tour)

0:28:20 : 34 – Blaxton 

0:28:56 : 444 – Amiral/Pharmacie Marie-Pier Labbé inc.

0:29:08 : 211 – Fromagerie Île-aux-Grues

+

BILAN POSITIF POUR LES PREMIERS JOURS DU CARNAVAL

Malgré la tempête hivernale de vendredi et une fin de semaine plutôt froide, les carnavaleux n’ont pas été tentés de rester à la maison. Pour l’organisation du Carnaval de Québec, les trois premières journées de l’édition 2020 sont une réussite.

«On entend beaucoup parler de la tempête [du 7 février], mais elle s’est terminée juste avant l’ouverture de nos sites, s’est réjoui Mélanie Raymond, directrice du Carnaval. Avec le vent dissipé et la neige fine qui tombait, ça a laissé la place à une soirée d’ouverture magique».

Elle a également mentionné la présence importante de courageux venus braver le froid pour admirer les chars allégoriques lors du défilé, samedi soir. Le prochain cortège a prévu déambuler dans les rues de la ville le 15 février. 

Le temps froid n’a pas non plus freiné les canotiers qui ont lancé leurs embarcations dans l’eau glacée du fleuve Saint-Laurent, dimanche après-midi. Les spectateurs étaient en grand nombre à agglutiner sur les deux rives, au bassin Louise et au Quai Paquet, pour encourager les équipes participantes. 

«Le soleil était splendide et les conditions météo étaient idéales pour le rendez-vous de la course en canots», a ajouté Mme Raymond. 

Autant le parc de la Francophonie que la place George-V et la zone Loto-Québec ont attiré les visiteurs, selon la directrice du festival d’hiver. Les données de fréquentation exactes seront toutefois dévoilées seulement après la tenue de l’événement. 

Une association sans compétition

Le premier de deux week-ends du festival hivernal Lévis, attache ta tuque se tenait lui aussi les 8 et 9 février. 

Même s’il se présentait cette année dans une nouvelle mouture, Mélanie Raymond du Carnaval de Québec a avancé que la fête de l’hiver sur la Rive-Sud représente un «complément» à son pendant de la Rive-Nord. Bonhomme lui-même a fait la traversée à quelques reprises. 

«C’est un événement qui fait partie du paysage depuis longtemps et qui, comme nous, fait la promotion de l’hiver. On travaille en association et non en compétition», a-t-elle complété. Émilie Pelletier