Coupable d’agressions sexuelles sur sept jeunes hommes

Christian Girard était un homme chaleureux, festif, admiré des gens de sa famille et de son entourage. Y compris de sept jeunes hommes qu’il a agressés sexuellement sur une période de 30 ans.

Au terme d’un procès qui s’est étiré sur 18 jours et devant une salle d’audience pleine, le juge Hubert Couture de la Cour du Québec a déclaré Girard, 65 ans, coupable de grossière indécence, d’attentat à la pudeur et d’agression sexuelle sur sept victimes, des jeunes hommes pour certains adolescents lors des agressions.

Le juge Couture a complètement rejeté les explications de Christian Girard, un homme d’affaires qui a fait sa fortune dans les services financiers, voulant qu’il ait eu des relations homosexuelles consentantes avec trois des plaignants.

La façon dont l’accusé s’exprime «s’éloigne d’un témoignage franc, honnête et transparent», résume, poliment, le juge Couture, qui avait auparavant énuméré au moins 11 contradictions dans le témoignage de Girard.

Les sept victimes sont venues raconter les gestes d’attouchements, de masturbation et de fellations, rares pour certains, fréquents pour d’autres. Plusieurs ont expliqué que les agressions se sont produites dans un contexte où l’accusé et les victimes avaient consommé drogue et alcool.

Le juge Couture estime que les victimes ont témoigné de façon à être respectueuses et scrupuleuses des détails. «Dans un souci de ne pas commettre d’erreur, ils ont révélé les faits dont ils étaient assurés», souligne le juge.

Les victimes ont pour la plupart continué à avoir des contacts avec Girard après les événements. «J’ai mis ça dans un tiroir et j’ai jeté la clef», résumait l’un d’eux.

Ils ont dénoncé les gestes seulement en 2015. Les sept hommes ont expliqué au tribunal leur grande difficulté à raconter des gestes dont ils avaient honte, mais aussi à faire du tort à quelqu’un de très aimé dans la famille élargie.

L’épouse de Christian Girard, l’ex-députée et conseillère municipale de Charlesbourg Denise Trudel a témoigné pour sa défense. Le juge Couture a des propos très durs envers ce témoin. «Son témoignage est un long fleuve d’explications, et elle s’y noie, écrit le juge. Il est dépourvu de spontanéité et de sincérité. Elle cherche constamment à valider presque chaque fait par de longues, pénibles et difficiles explications. Était-elle en situation d’aveuglement volontaire ?»

Le procureur de la Couronne Me Michel Bérubé n'a pas requis l'incarcération immédiate de Christian Girard, mais a demandé à ce que le sexagénaire dépose son passeport au greffe, pour garantir sa présence au pays.

Les observations sur la peine auront lieu au début décembre.