Le Cégep de Baie-Comeau a déjà créé d’autres outils pour faciliter l’acclimatation de sa clientèle des Premières Nations. Il a en effet publié un guide d’accueil des étudiants innus ainsi qu’un guide d’intervention institutionnelle pour favoriser la réussite des étudiants autochtones.

Coup de pouce aux étudiants innus au Cégep de Baie-Comeau

BAIE-COMEAU – Le Cégep de Baie-Comeau prend les moyens pour que les étudiants innus, qui forment près de 10 % de sa clientèle, aient toutes les chances de réussir leurs études supérieures. Cette fois, l’établissement va créer un lexique spécialisé des études collégiales français-innu.

Si ce lexique est nécessaire, ce n’est pas seulement parce que le français est une langue seconde pour la majorité des Innus. À leur arrivée au cégep, ils se retrouvent pour la première fois dans un milieu unilingue francophone et ils doivent constamment traduire, ce qui complexifie leur apprentissage. C’est aussi parce que plusieurs concepts abstraits propres à des domaines d’études précis n’ont pas de mot équivalent en innu.

«Les enseignants nous disent que le principal problème pour les Innus, c’est de comprendre les concepts abstraits», a expliqué la conseillère pédagogique à l’amélioration du français au cégep, Julie Maltais. «Cette incompréhension lexicale leur demande une gymnastique intellectuelle qui crée un obstacle supplémentaire à la réussite de leurs études», a-t-elle ajouté. Le cégep compte une soixantaine d’étudiants innus sur un total d’environ 650.

Pour créer ce lexique, le cégep a reçu une subvention de 246 278 $ du programme Le français au cœur de nos ambitions de l’Office québécois de la langue française. Le lexique ne sera pas seulement destiné aux étudiants innus du Cégep de Baie-Comeau, mais aussi à tous ceux des autres établissements scolaires de la province. «Je veux qu’il soit exporté le plus possible et mis en ligne aussi», de déclarer la responsable du projet. 

Des illustrations seront aussi ajoutées afin de répondre à la manière d’apprendre des Innus. En effet, des études  démontrent que les élèves innus seraient culturellement plus visuels que verbaux. Selon Mme Maltais, outre les Innus, ce lexique «va aussi aider d’autre types d’apprenants qui ont besoin d’illustrations» pour comprendre un concept.

Le Cégep de Baie-Comeau a déjà créé d’autres outils pour faciliter l’acclimatation de sa clientèle des Premières Nations. Il a en effet publié un guide d’accueil des étudiants innus ainsi qu’un guide d’intervention institutionnelle pour favoriser la réussite des étudiants autochtones.

Le lexique français-innu sera consacré à neuf programmes d’études, soit éducation spécialisée, éducation à l’enfance, sciences humaines, soins infirmiers, administration, sciences de la nature, génie civil, électronique industrielle et arts, lettres et communications.

«On va débuter en août prochain et on va faire trois programmes par année pendant trois ans», a souligné la conseillère pédagogique. Une fois le lexique complété, les enseignants du cégep seront formés à son utilisation.

Certaines personnes du côté de la communauté innue se sont déjà montrées intéressées à participer à l’élaboration de ce lexique, mais les ententes restent à conclure. Mme Maltais veut aussi travailler directement avec les étudiants, «pour savoir ce qui les embête et en profiter pour apprendre un peu de langage innu», lance-t-elle en conclusion.