Chad Blanchette Linteau

Coup de filet antidrogue en Mauricie

L’Escouade régionale mixte (ERM) Mauricie a mené un important coup de filet, jeudi matin, en procédant à l’arrestation de dix suspects, effectuant du même coup le démantèlement d’un vaste réseau de trafiquants de cocaïne qui sévissait dans les régions de Trois-Rivières, Bécancour et Sainte-Geneviève-de-Batiscan.

Parmi les suspects arrêtés se trouve Chad Blanchette-Linteau, 37 ans de Sainte-Geneviève-de-Batiscan, qui serait, selon l’ERM, la tête dirigeante. «Selon l’enquête, il occupe une place importante dans le réseau», note la sergente Béatrice Dorsainville, porte-parole de l’ERM.

Les individus arrêtés ont tous comparu, jeudi après-midi, au palais de justice de Trois-Rivières, sous diverses accusations dont trafic de cocaïne, possession en vue de trafic de cocaïne, méthamphétamines et M.D.A., possession de diverses choses pour fins de trafic, vente de cannabis, possession de cannabis aux fins de trafic, vente de Sildénafil (un équivalent du Viagra), recel, recyclage des produits de la criminalité et possession de sommes d’argent obtenues par la perpétration d’un crime. Qui plus est, Chad Blanchette-Linteau doit répondre à de nombreuses accusations liées aux armes à feu. Il aurait eu en sa possession une arme prohibée soit un Taser mais également un revolver de calibre .357 et un pistolet de calibre .32. Outre le fait qu’il n’était pas titulaire des permis nécessaires, il n’avait pas le droit d’en avoir en vertu d’ordonnances de la cour. Enfin, il doit répondre à une accusation de possession de champignons magiques et à un bris d’engagements pour avoir omis de garder la paix et d’avoir une bonne conduite. Sa conjointe Camille Gauthier, 29 ans, n’est pas en reste. Outre les délits liés au trafic de drogue, elle avait également la condition de garder la paix en vertu d’un engagement de la cour. Elle a en effet des causes pendantes pour des voies de fait.
Outre Chad Blanchette-Linteau et Camille Gauthier, on retrouve parmi les suspects Alexandre Dionne, 25 ans, de Trois-Rivières et sa conjointe, Audrey Guilbert, 28 ans, Alexandre Grenier, 27 ans, de Trois-Rivières, Richard Vaugeois, 42 ans, de Trois-Rivières (un individu déjà sous mandats), Sébastien Côté, 41 ans, de Trois-Rivières, Dave Brophy-Hamel, 27 ans, de Bécancour et enfin un troisième couple formé de Steve Migneault-Ferland, 28 ans, de Trois-Rivières et de Marilyne Biron, 30 ans, de Trois-Rivières. Notons que cette dernière est une enseignante à l’emploi de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

Même s’il n’a pas d’antécédent judiciaire, Alexandre Dionne n’a pu recouvrer sa liberté lors de sa comparution. Il devra subir une enquête sur caution.
Richard Vaugeois fait face à trois accusations en lien avec le trafic de stupéfiants. Il compte d’ailleurs de nombreux antécédents judiciaires.

Le procureur de la Couronne en charge de cette affaire, Me Julien Beauchamp-Laliberté, s’est objecté à la remise en liberté de quatre des dix suspects. Pour ce faire, il s’est basé sur leurs antécédents judiciaires et/ou leur niveau d’implication dans le réseau. Chad Blanchette-Linteau et sa conjointe Camille Gauthier, Alexandre Dionne et Richard Vaugeois devront donc subir une enquête sur caution s’ils veulent reprendre leur liberté. Les six autres ont pu reprendre leur liberté pour la durée des procédures judiciaires mais sous plusieurs conditions. Ils ont notamment dû verser 1000 $ en argent et s’engager pour la somme de 10 000 $. Parmi les autres conditions, il leur sera notamment interdit de communiquer entre eux, de se rendre à plusieurs adresses, d’avoir des armes et de la drogue en leur possession, de se trouver dans les bars (sauf exceptions pour certains d’entre eux). Ils devront se rapporter à la Sûreté du Québec régulièrement et n’auront le droit d’avoir qu’un seul téléphone cellulaire avec l’obligation de fournir le numéro et le registre des appels à la SQ. Leur cause a été reportée au 29 mars. La date de l’enquête sur caution pourrait alors être fixée pour ceux qui sont demeurés détenus.

Ce réseau serait relié au crime organisé. «On ne peut pas spécifier de quelle nature, de quelle source exacte, mais c’est certain que c’est en lien avec le crime organisé», précise la sergente Dorsainville. «On parle de plusieurs personnes, alors oui, c’était un réseau important dans la région», ajoute-t-elle.

Ces arrestations sont la deuxième étape d’une opération initiée à l’automne 2018. «C’est le projet Pantois qui dure depuis l’automne 2018. Il y a eu des perquisitions les 30 et 31 janvier et c’est à ce moment qu’il y a eu les saisies. Aujourd’hui, on procède à l’arrestation des 10 suspects.»

En effet, les 30 et 31 janvier, les policiers avaient mené 18 perquisitions dans différentes résidences et commerces situés à Trois-Rivières, Bécancour et Sainte-Geneviève-de-Batiscan. Les délits reprochés auraient d’ailleurs été commis entre le 13 septembre 2018 et le 31 janvier 2019.

Lors de ces frappes, les forces de l’ordre avaient saisi près de 3 kg de cocaïne, 2 kg de haschisch, 60 comprimés de méthamphétamine, 300 comprimés sous ordonnance, 33 000 $ en argent canadien ainsi que deux armes à feu dans la catégorie armes de poing, un pistolet à impulsion électrique, cinq véhicules, un bateau et une remorque à bateau, et finalement, du matériel électronique comme des ordinateurs et des cellulaires. Au total, 70 policiers avaient participé à cette opération.

Parmi les endroits visités se trouvait le Jack McGurn Barbier, sur la rue Saint-Georges. Le propriétaire est justement Chad Blanchette-Linteau. Son logement faisait aussi partie des lieux perquisitionnés tout comme le local d’un ancien salon de coiffure ayant appartenu à sa conjointe, sur la rue Notre-Dame Centre, à Trois-Rivières.

Blanchette-Linteau a défrayé les manchettes au cours des derniers mois pour avoir présumément battu un client mécontent de sa coupe de cheveux en septembre 2017. Il est accusé de voies de fait causant des lésions dans cette affaire qui suit toujours son cours devant la justice. Il compte plusieurs antécédents judiciaires notamment en matière de violence, vol, drogue et arme à feu. Il avait notamment été condamné en 2008 à quatre ans de pénitencier pour avoir participé à une fusillade en avril 2007 à Trois-Rivières. Ces arrestations mettent probablement le point final à cette opération antidrogue. «C’est sûr qu’il est toujours possible dans les projets comme celui-là qu’il y ait d’autres arrestations. Mais aujourd’hui, ces arrestations font office de phase finale du projet Pantois», conclut la sergente Dorsainville.