Centre fédéral de formation

Condamné pour meurtre : sorties surveillées refusées à Bainbridge

LAVAL — Jean-Paul Bainbridge s’est vu refuser pour une deuxième fois une permission de sortie avec escorte du pénitencier à sécurité minimum où il est détenu à Laval.

L’individu de 48 ans purge une peine de prison à vie pour le meurtre sordide d’Isabelle Bolduc commis à Fleurimont en 1996.

Les commissaires Jacques Bouchard et Jacques Lapommeraie de la Commission canadienne des libérations conditionnelles (CLCC) estiment que le délinquant doit continuer à chercher une explication sur les raisons qui l’ont poussé à passer à l’acte en compagnie de Marcel Blanchette et Guy Labonté le 29 juin lorsqu’il a enlevé, séquestré, agressé sexuellement, puis tué Isabelle Bolduc.

La CLCC demande aussi qu’une nouvelle évaluation psychiatrique de Jean-Paul Bainbridge soit faite afin de mieux les éclairer. La dernière évaluation du délinquant a été réalisée en 1997 lors des procédures judiciaires pour lesquelles il a reconnu sa culpabilité à un meurtre au deuxième degré.

La CLCC s’est aussi montrée préoccupée à propos d’une évaluation de 2011 concernant les pulsions sexuelles de Bainbridge.

Jean-Paul Bainbridge

« C’était la décision souhaitée. Son cheminement n’est pas assez solide. Il dit quelque chose et change sa version par la suite. Il dit des choses parce qu’il a appris à les dire », estime le père de la victime, Marcel Bolduc, présent à l’audience qui a duré plus de trois heures trente, vendredi, au pénitencier Centre fédéral de formation de Laval.

Le commissaire a expliqué à Bainbridge que son risque de récidive modéré de commettre à nouveau un crime violent avait pesé lourd dans la balance.

La CLCC a souligné qu’environ un délinquant sur quatre présentant le profil de Jean-Paul Bainbridge récidive en matière sexuelle sur une période de cinq ans.

« Force est de constater qu’il y a eu du progrès et une prise de conscience. Cependant, ce qui est remarquable aujourd’hui, c’est votre difficulté à expliquer votre criminalité. Je vous ai demandé pourquoi vous avez commis votre délit et vous êtes alors passé de leader à suiveux », a indiqué le commissaire Bouchard.

Lors de son long interrogatoire de plus de deux heures, Bainbridge a mentionné qu’il avait commis ce crime sordide parce qu’il était « un lâche et un pas bon ».

Il a mentionné qu’il avait agi en prédateur lorsqu’il a enlevé Isabelle Bolduc.

« Je réalise que c’est moi l’auteur de ça. Si je n’avais pas pris la décision d’amener Isabelle Bolduc chez Marcel Blanchette, ça ne serait jamais arrivé », a indiqué Bainbridge.

Dans son programme de sortie avec escorte, Bainbridge voulait poursuivre son cheminement en faisant du bénévolat dans un organisme communautaire.

« On parle d’une première étape qui va mener vers d’autres. Vous avez encore du travail d’introspection à faire. Vous avez encore une trop grande propension à plaire aux autres. Vous adaptez votre discours en fonction de la réponse qui est recherchée. Le moment n’est pas opportun. Vous avez encore des choses à travailler pour approfondir les facteurs contributifs à votre criminalité », estime le commissaire Bouchard, qui a aussi demandé une mise à jour du plan correctionnel.

L’homme voulait aussi bénéficier de sorties avec escortes pour se rendre chez son fils.

« Il y a une transparence que vous devrez avoir avec votre fils qui n’est pas au courant des crimes que vous avez commis », a exprimé le commissaire Bouchard, qualifiant d’édulcorée la version racontée par Bainbridge.