Selon des données diffusées par l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés en 2015, les plus récentes qu’il détient, deux travailleurs sur cinq avaient indiqué qu’ils restaient en contact avec le travail pendant leurs vacances.

Comment partir en vacances sans se fatiguer

Vos vacances s’en viennent. Mais avant de vous prélasser au soleil, êtes-vous en panique à l’idée de tout finir à temps avant de partir? Serez-vous réellement capable de décrocher, ou garderez-vous un pied (virtuel) au bureau, comme deux travailleurs sur cinq? Angoissez-vous à l’idée de votre retour, avec toutes les tâches qui se seront accumulées? Voici quelques conseils pour ne pas trop «payer» pour ce moment répit...

Selon des données diffusées par l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés en 2015, les plus récentes qu’il détient, deux travailleurs sur cinq avaient indiqué qu’ils restaient en contact avec le travail pendant leurs vacances.

«Sans surprise, les résultats du sondage démontrent que ceux qui adoptent ce comportement sont davantage stressés à leur retour au bureau que les autres. L’intérêt personnel en est majoritairement la cause (61 %). L’impossibilité de déléguer (27 %), la culture d’entreprise (14 %) et la pression du supérieur immédiat (9 %) sont d’autres raisons évoquées», peut-on lire sur son site Internet. Par ailleurs, 18 % des travailleurs reviennent au travail plus stressés qu’ils ne l’étaient avant de partir.

«Ce qui était étonnant c’est le pourcentage de gens qui restent connectés», constate Manon Poirier, directrice générale de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés. Elle note toutefois qu’au moins, ce n’est pas une exigence de l’entreprise dans la majorité des cas.


« Bien qu’on soit intéressé par ce qui se passe au bureau, le fait de se déconnecter et de penser à autre chose, c’est vraiment ressourçant. »
Manon Poirier, directrice générale de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés

«Bien qu’on soit intéressé par ce qui se passe au bureau, le fait de se déconnecter et de penser à autre chose, c’est vraiment ressourçant. On a plus de chances d’arriver en pleine forme au retour des vacances», note-t-elle.

Si on sent que c’est impossible de ne pas regarder ses messages, Mme Poirier conseille de prévoir une période fixe de la journée où on y jettera un coup d’œil. Mais bien plus que les cinq minutes qu’il faut pour lire les courriels, c’est plus le temps qu’on va passer à penser aux problèmes du bureau qui empêchera de relaxer.
Si c’est l’entreprise qui vous demande de rester disponible, demandez clairement ce qu’on attend de vous.

Entendez-vous avec votre équipe pour qu’on vous appelle s’il devait y avoir une urgence. Ainsi, vous n’aurez pas tendance à toujours regarder vos courriels «au cas où».

Pendant vos vacances, ne surchargez pas trop votre horaire, conseille la Dre Christine Grou, présidente de l’Ordre des psychologues. Laissez-vous du temps pour relaxer. À trop vouloir faire d’activités, on risque aussi de sentir un sentiment d’échec si on n’arrive pas à tout faire, dit-elle.


Avant : prioriser

«Avant, on essaie toujours d’en faire le plus possible. Mais il y a un moment donné où il faut qu’on fasse le deuil de ce qu’on n’aura pas le temps de faire», remarque Mme Grou.

Des petits trucs peuvent vous aider à préparer votre départ. Premièrement, rappelez à l’avance à vos collègues et patrons que vous partez dans une semaine ou deux, plutôt que d’attendre à quelques jours d’avis, indique Mme Poirier. Ceux qui ont affaire à vous pourront donc le prévoir plutôt que de tomber en état d’urgence.

Priorisez vos dossiers, suggèrent les deux femmes. En parlant avec vos collègues, vous constaterez probablement que plusieurs dossiers peuvent en fait attendre votre retour, avance Mme Poirier. La pression baissera alors d’un cran. Demandez l’aide d’un supérieur au besoin.

C’est aussi le moment de transférer des infos ou des dossiers qui pourraient connaître des développements en votre absence. Donnez ces noms en références dans votre message d’absence du bureau pour diriger directement les gens qui tenteront de vous joindre.

Il faut être réaliste dans la quantité de tâches à terminer avant de partir pour ne pas se retrouver complètement vidé, plaide Mme Grou.

Retour en douce

Le jour de votre retour, ce n’est pas le temps de vous planifier des réunions, notent les deux professionnelles. Laissez-vous le temps de vous remettre en selle, de lire les courriels et de rattraper les dossiers. Vaut-il mieux lire nos courriels au fur et à mesure pour éviter d’être ensevelis? Non, croit Mme Grou.

«Il y a un paquet de courriels auxquels il ne sera plus nécessaire de répondre, un paquet qui vont être des pourriels, et les choses importantes, c’est à celle-là qu’on va répondre», fait-elle valoir. Encore là, il faut être réaliste : on ne doit pas s’attendre à ce que tout roule comme si vous n’étiez jamais parti.

Et si vous vous demandez encore si les vacances sont importantes, Mme Grou rappelle qu’elles sont «essentielles pour la santé mentale». L’humain a besoin de périodes de relâchement pour refaire ses énergies. Elles permettent de diversifier les intérêts, donc de «changer le mal de place» et de s’investir dans les relations familiales ou sociales.

Si on ne se repose pas assez, on s’expose à une trop grande fatigue, note-t-elle. On risque alors un sommeil moins réparateur, d’être plus irritable, d’être démotivé, de devenir anxieux, voire même d’avoir des sentiments dépressifs.

«Quand on est trop fatigué, on manque de recul, on manque de perspective. On n’est plus capable de réfléchir, de trouver des solutions. On se repose, on décroche, on revient et on ne voit plus les choses avec les mêmes perspectives.»