L’avocat Robert Kugler se montre persuadé que d’autres anciens élèves du Collège Servite se joindront à la requête déposée en Cour supérieure au cours des derniers jours.

Collège Servite : l’avocat s’attend à d’autres dénonciations

De nouvelles dénonciations concernant le Collège Servite seront-elles effectuées à court terme? Affirmant que des appels liés à la requête visant l’école secondaire ont déjà été reçus par son bureau, l’avocat Robert Kugler se montre persuadé que d’autres personnes sortiront de l’ombre pour dénoncer des violences sexuelles subies sur place.

« On a commencé à répondre à des appels en lien avec le dossier des Servites, révèle M. Kugler. Toutes les victimes ne réagissent pas de la même façon. Dans certains cas, elles appellent rapidement pour se joindre à la requête déposée, mais d’autres prennent des semaines, des mois ou même des années avant de poser ce geste. C’est très variable. »

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 Agressions sexuelles dans les années 70: requête contre le Collège Servite

La requête soumise à la Cour supérieure par le cabinet d’avocats Kugler Kandestin vise non seulement le Collège Servite, mais également les Servites de Marie. Le cas qu’elle expose est celui d’un homme âgé de 57 ans qui aurait été agressé à répétition par le père Jacques Desgrandchamps alors qu’il fréquentait l’établissement scolaire au milieu des années 1970.

La victime présumée dans cette affaire aurait pu se rendre chez les policiers pour porter plainte contre le père Desgrandchamps. Mais elle a plutôt choisi de déposer une requête au civil parce qu’elle désire obtenir un dédommagement monétaire supérieur à 1,5 million $.

« L’objectif n’est pas de punir le Collège Servite ni de faire en sorte qu’une punition soit donnée au présumé agresseur grâce à des procédures criminelles, note Robert Kugler. On veut simplement une forme de justice pour des gens qui ont subi des préjudices. »

« Ça donne des ailes »

Directeur des communications pour le Comité des victimes de prêtres, Carlo Tarini note pour sa part que le site internet de son groupe reçoit de nombreuses visites lorsque des dossiers semblables font surface.

« Quand on rend public des informations comme celles qu’on vient d’apprendre au sujet des Servites, ça donne des ailes à des victimes, confie M. Tarini. Ça permet en plus de faire de l’éducation. Par exemple, plein de gens ignorent que les victimes peuvent rester anonymes dans de tels dossiers parce que des enfants sont concernés. »

Par ailleurs, le porte-parole du comité des victimes de prêtres croit que les multiples dénonciations qui ont ébranlé le clergé depuis 20 ans, au Québec, ne sont que la « pointe de l’iceberg. Il y a eu un aveuglement volontaire de la part des autorités en province ».

S’il montre du doigt les autorités religieuses, Carlo Tarini reconnaît en contrepartie que les « pédophiles sont souvent des gens particulièrement intelligents et tordus, qui savent comment conditionner leurs victimes ».

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Mardi, La Tribune a également réussi à retracer un homme qui a côtoyé de près Jacques Desgranchamps à l’époque à laquelle ce dernier œuvrait en Estrie. Les deux hommes ne se sont pas connus au Collège Servite, mais plutôt dans le cadre des activités de la paroisse Sainte-Marguerite-Marie, à Magog.

« J’ai été très surpris d’apprendre que des accusations de ce type étaient portées contre lui. Je ne sais pas comment se passait la vie chez les Servites. Par contre, dans mon cas, je ne me serais jamais douté qu’un jour on lui reprocherait de tels comportements », a indiqué l’homme, tout en requérant l’anonymat.

Dans la foulée, il a ajouté que le père Desgrandchamps, qui serait d’origine française, avait beaucoup d’entregent. « Il était chaleureux et agréable. Il entretenait des liens avec beaucoup de monde dans la communauté à Magog », affirme-t-il.
Cela dit, une source qui connaît bien le Collège Servite mentionne pour sa part ne pas avoir été surprise en apprenant le dépôt d’une demande d’autorisation d’un recours collectif visant l’établissement secondaire, situé à Ayer’s Cliff. « On entendait parler de choses pas nettes qui remontaient à plusieurs années », résume-t-elle.