Chloé Gauvin-David est la quatrième Québécoise a avoir atteint les CrossFit Games, l’équivalent des Jeux olympiques de cette discipline aux yeux de plusieurs.
Chloé Gauvin-David est la quatrième Québécoise a avoir atteint les CrossFit Games, l’équivalent des Jeux olympiques de cette discipline aux yeux de plusieurs.

Chloé Gauvin-David: tous les chemins mènent à Rome [VIDÉO]

Michaël Fréchette
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — La discipline est mère du succès. L’athlète Chloé Gauvin-David peut témoigner de cette célèbre citation gracieuseté d’Eschyle, elle qui n’a jamais baissé les bras devant les multiples obstacles placés sur son chemin. L’ancienne gymnaste reconnue pour sa force de caractère a su se relever de brillante façon à chaque reprise, lui permettant de réaliser un tour de force, ayant été seulement la quatrième Québécoise de l’histoire à prendre part aux CrossFit Games en 2018, et ce, tout en occupant un emploi à temps plein simultanément.

«Tu n’arrêtes pas tant que tu n’as pas réussi», lance la jeune femme. Il est possible de l’entendre motiver et encourager les autres adeptes à l’action, à travers les bruits sourds des poids qui tombent au sol et même à l’extérieur du gym, à quelques mètres de l’entrée. Sa passion est contagieuse. Vraiment. Originaire de Saint-Eustache et désormais installée en sol trifluvien, c’est un parcours atypique qui l’a menée vers la compétition la plus convoitée du milieu, comparable aux Jeux olympiques du CrossFit qui réunit les quarante meilleurs athlètes au monde de cette discipline.

«J’ai pratiqué la gymnastique de haut niveau pendant une dizaine d’années. J’ai dû arrêter en raison des blessures. Elles ont créé des peurs chez moi et je ne pouvais plus performer là-dedans. C’est là qu’est arrivé le CrossFit dans ma vie. Je voulais rester en forme, mais je n’avais aucun objectif en tête au départ. Peu à peu, j’ai gravi les échelons jusqu’aux CrossFit Games», a avoué la principale intéressée.

Ces accomplissements, elle ne les a pas volés. Bien au contraire, la préparation physique et mentale qui accompagne ce parcours en fait foi. Le train-train quotidien de l’Eustachoise est rigoureux et donne tout son sens à l’expression: «on récolte ce que l’on sème».

«À mon avis, c’est au moins autant d’entraînement qu’un athlète qui s’exerce pour les Jeux olympiques. Je le fais en même temps de travailler à temps plein. Une journée typique commence vers 5 h le matin pour un premier entraînement et habituellement, c’est cardiovasculaire. Par la suite, je donne un cours. Aux alentours de 10 h, je fais une séance d’haltérophilie. Par après, je donne à nouveau un cours et finalement, je termine avec un dernier effort physique. Il y a tellement de disciplines que tu n’arrives jamais à les maîtriser à 100 %. C’est un sport qui demande beaucoup de pratique. Ça joue de trois à cinq heures d’entraînement par jour en plus du coaching», a-t-elle expliqué.

Joindre l’utile à l’agréable

Chloé Gauvin-David est titulaire d’un baccalauréat en enseignement. Semble-t-il que l’athlète de 28 ans a reçu comme leçon sur les bancs d’école de joindre l’utile à l’agréable et ainsi, comme ce fut le cas en fusionnant sa passion de la gymnastique au CrossFit, la jeune femme a joint son expertise à transmettre le savoir à ces connaissances sportives.

«Je ne réalise pas que c’est un travail. J’ai tellement de plaisir quand je suis dans la salle d’entraînement et que je donne des cours. Je suis reconnaissante de la chance que j’ai de transmettre cette passion. Les gens me disent souvent que je suis plus contente lorsqu’ils établissent un record personnel que lorsque ça m’arrive. Ça me touche, car ça veut dire que mon enseignement fonctionne, qu’ils aiment ce qu’ils apprennent et qu’ils progressent. Ça crée un sentiment de communauté.»

L’athlète maintient un rythme d’entraînement effréné, elle qui s’exerce de trois à cinq heures par jour en plus de coacher et d’être propriétaire d’un gym à Saint-Eustache. ­

Solidarité féminine

«Une des choses qui me rend le plus fier est de dire que je fais du CrossFit est que les femmes sont rémunérées de la même façon que les hommes. Il y a encore plusieurs domaines qui ne le font pas et c’est inconcevable. Ce sport prône de bonnes valeurs et ça se ressent. De plus en plus de femmes s’inscrivent et se lancent, c’est de bon augure», a-t-elle soutenue.

La COVID-19 frappe encore

Retour au début du mois de mars. Pour une rare fois en près de huit ans dans le monde du CrossFit, Gauvin-David avait l’opportunité de se faire valoir devant famille et amis à Montréal, lors de la compétition Atlas permettant de se qualifier pour les CrossFit Games 2020.

«Ça devait être mon année de rêve. Je devais aller en Égypte, en Californie, j’étais invitée dans le but de participer à plusieurs événements où je pouvais montrer de quoi je suis capable. Tout était en place, tout était planifié, c’était le rêve et la COVID-19 est venue ruiner les plans. Des sportifs d’un peu partout sur la planète s’étaient présentés pour la compétition Atlas. On était rendu à l’étape de performer et à ce moment, on s’est fait convoquer. Juste au ton de la voix, je savais que tout était annulé. Ça a été difficile à encaisser, j’étais sans mot, mais c’était la chose à faire», toujours selon celle qui a profité de la pandémie pour redoubler d’ardeur à l’entraînement lui permettant même d’établir de nouveaux records personnels.

«J’ai pris mes cliques et mes claques, j’ai été chercher du matériel et j’en ai profité pour voir ça comme une opportunité de travailler ma force physique. Il faut voir le positif, même dans le négatif», a-t-elle sagement indiqué.

Quant à la suite des choses, c’est un peu flou. Aucun événement n’est coulé dans le béton. Au jour le jour.

«On est en attente, les CrossFit Games ne sont pas annulés, ils sont pour le moment repoussés. Habituellement, ils ont lieu lors de la première semaine d’août. L’organisation tend à changer les méthodes de qualifications et de transformer cela en ligne. Le top 5 irait aux Games. Personnellement, je crois qu’ils devraient plutôt attendre à l’année prochaine puisqu’il n’y aura pas de juge pour analyser l’exécution, il n’y aurait pas de test antidopage, bref j’aimerais mieux que ça soit remis tant qu’à faire les choses à la moitié», a conclu Chloé Gauvin-David.

Les CrossFit Games rassemblent les quarante meilleurs athlètes de cette discipline aux quatre coins de la planète.