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Des cas de chiens aux comportements agressifs ont été rapportés aux autorités à Wemotaci.
Des cas de chiens aux comportements agressifs ont été rapportés aux autorités à Wemotaci.

Chiens à Wemotaci: «Il y a des gens qui commencent à avoir peur»

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
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La Tuque — Le Conseil des Atikamekw de Wemotaci (CAW) souhaite s’attaquer aux problèmes de chiens dans la communauté. Dans les dernières semaines, plusieurs cas de chiens aux comportements agressifs ont été rapportés aux autorités. Des enfants ont subi des morsures, même dans la cour de l’école, des piétons se sont fait poursuivre et on déplore des attroupements de chiens qui se blessent et se tuent entre eux. Cette situation inquiète les élus et les dirigeants de Wemotaci.

«On a eu des plaintes, notamment, de travailleurs qui font des visites à domicile. Il y a des gens qui commencent à avoir peur», explique le conseiller du CAW, Patrick Boivin.

«Il y a beaucoup de chiens, ça jappe le soir», ajoute-t-il en mentionnant qu’il prenait la situation très au sérieux.

Dans les derniers jours, le conseil a demandé aux propriétaires de chiens de garder leur animal attaché sur le terrain et de les surveiller de près pour éviter des comportements agressifs.

«Nous leur demandons aussi d’assurer les soins de base à leurs animaux, comme les nourrir suffisamment, les faire stériliser et vacciner contre la rage», note le CAW dans un communiqué.

Il faut dire que cette demande faite aux propriétaires des chiens s’appuie sur un règlement administratif qui date de 2017.

«On va prendre nos responsabilités et on veut appliquer le règlement, mais ça va demander une collaboration de la population. C’est en processus […] Avoir un chien, c’est une responsabilité. On fait beaucoup de sensibilisation», affirme Patrick Boivin.

Les passages de l’organisme Chiots Nordiques dans les dernières années avaient beaucoup amélioré la situation, selon le conseiller. Il affirme que la situation était devenue «assez tranquille, mais que c’est recommencé». C’est pourquoi on a sollicité leur aide à nouveau.

Chiots Nordiques en renfort

Le Conseil des Atikamekws de Wemotaci a fait appel à Chiots Nordiques afin d’améliorer la situation et d’organiser le plus rapidement possible des sauvetages de chiens errants et une clinique de vaccination.

«On évalue actuellement les options pour des actions dans la communauté […] Ils nous ont contactés la semaine dernière pour faire un sauvetage et une clinique de stérilisation en regard à la problématique et également un transfert de nourriture», confirme Daphnée Veilleux-Lemieux, présidente de l’organisme Chiots Nordiques.

En activité depuis une dizaine d’années, Chiots Nordiques collabore activement avec les communautés autochtones du Québec afin de diminuer la surpopulation canine sur leur territoire.

Plusieurs facteurs pourraient expliquer les comportements agressifs des chiens dans la communauté. Difficile d’en pointer un seul pour la présidente de Chiots Nordiques qui rappelle que le cas de Wemotaci n’est pas une situation isolée. Le problème est également constaté dans d’autres communautés autochtones.

Le Conseil des Atikamekws de Wemotaci a fait appel à Chiots Nordiques afin d’améliorer la situation et d’organiser le plus rapidement possible des sauvetages de chiens errants et une clinique de vaccination.

«Ce n’est pas nécessairement le nombre qui est en cause. Ce qu’il faut comprendre c’est que la surpopulation canine ou le comportement canin en communautés autochtones est multifactoriel», affirme Mme Veilleux-Lemieux.

Cette dernière affirme qu’il ne faut surtout pas aller séparer des chiens qui se battent entre eux.

«Actuellement, il fait très froid, ce sont des chiens qui ont froid et ça exacerbe les batailles entre chiens. Il y a aussi la recherche de nourriture. Un enfant avec un sandwich dans la main, c’est assez attrayant, disons-le comme ça», image Daphnée Veilleux-Lemieux.

Actuellement, l’organisme s’affaire à planifier le déploiement des actions sur le terrain. Une démarche qui n’est pas simple en temps de pandémie, il faut du temps, de l’hébergement, et s’assurer du respect des mesures sanitaires.

«On est à voir c’est quoi la meilleure solution en regard aux mesures sanitaires, au couvre-feu, à leur obligation, etc. COVID oblige, on ne veut pas mettre en danger une communauté qui peut être plus vulnérable en termes de santé», insiste Mme Veilleux-Lemieux.

Il faut dire que la dernière clinique de vaccination et de stérilisation de l’organisme a dû être annulée en raison de la pandémie à Wemotaci.

«On n’a pas pu tenir la clinique et ça engendre de la surpopulation canine présentement à Wemotaci», constate la présidente de Chiots Nordiques.

Cette dernière soutient que le travail ne sera pas à recommencer au complet lorsque la pandémie sera dernière nous, mais que les efforts devront être multipliés.

«On travaille à trouver des solutions. Il va falloir que l’on travaille d’arrache-pied quand on va pouvoir retravailler ensemble pour remettre tout ça dans un contexte plus stable.»

Par ailleurs, la stérilisation ce n’est pas tout selon Mme Veilleux-Lemieux. Les dirigeants doivent légiférer localement et faire de la sensibilisation.

«Ce n’est pas nous qui faisons le plus gros du travail. Ce sont les décideurs locaux. Nous on est là de manière sporadique. C’est certain qu’on fait tout ce qui est en notre pouvoir pour rapidement et efficacement, dans une courte durée, faire le plus d’interventions positives possible. Ensuite, le travail demeure en communauté.»

«Quand on a un bon contrôle de la population canine, quand les animaux sont attachés, nourris, avec une cachette… on a une diminution de ces comportements-là», ajoute-t-elle.

Le Conseil des Atikamekw de Wemotaci recommande également aux personnes qui subissent des morsures de chien de communiquer immédiatement avec le Centre de santé, même si la blessure due à la morsure semble bénigne.