La cathédrale de Rimouski sera transformée, tout en conservant un espace de culte de petite dimension.

Cathédrale de Rimouski: la fin d’une longue saga

RIMOUSKI — Plus de quatre ans après la fermeture de la cathédrale de Rimouski, l’archevêque a tranché : la cathédrale sera transformée pour en faire un lieu multifonctionnel, tout en conservant un espace restreint pour le culte. C’est ce qu’a fait savoir Mgr Denis Grondin lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée mercredi sous la surveillance d’agents de sécurité qui contrôlaient l’accès des visiteurs.

«C’est une conférence publique à huis clos, a justifié Mgr Grondin. Il y a eu différents téléphones qui nous disaient que ce serait plus simple si on n’avait pas à se préoccuper de cette dimension [la sécurité], si jamais quelqu’un arrivait et voulait forcer quelque chose. Ça nous stressait.» Il faut rappeler qu’au cours des dernières années, un bras de fer s’était engagé entre l’archevêque et certains groupes qui avaient une vision diamétralement opposée de celle du prélat et qui contestaient ses décisions. 

La partie qui demeurera sacralisée devrait passer de 800 à 200 places. Le siège de l’évêque sera ainsi conservé dans ce lieu de culte de petite dimension. La balance de l’espace sera dédiée à des projets sociaux, communautaires, culturels et/ou touristiques.

Alors que l’archevêché a toujours prêché qu’il n’avait pas d’argent pour réparer la cathédrale, Mgr Grondin change de discours : «L’archevêché contribuera financièrement de façon significative […] en assumant les coûts reliés à la partie qui sera réservée au culte». Il n’écarte pas la possibilité de vendre des terrains et des bâtiments pour financer le projet. L’archevêché se dit prêt à allonger des sommes se chiffrant dans les millions $. «Les terrains et le presbytère, on disait que c’était évalué à environ 1,5 million $», indique l’homme d’Église. Mgr Grondin s’engage aussi à conserver l’orgue dans le temple.

Nouvelle structure

La première étape de ce chantier est d’embaucher un chargé de projet. Celui-ci sera soutenu par un comité aviseur formé de gens issus des domaines patrimonial, architectural, touristique, socioculturel et religieux afin d’en arriver à un plan fonctionnel et technique.

Mgr Denis Grondin a pris ces décisions à la suite du dépôt du rapport de l’évêque auxiliaire de Québec, Mgr Marc Pelchat, qui avait été mandaté comme médiateur. Dans son rapport, Mgr Pelchat a soumis douze recommandations, dont celle de dissoudre la fabrique Saint-

Germain, celle-là même qui administre la cathédrale et son presbytère, pour en faire une structure administrative qui pourrait prendre la forme d’une coopérative, d’un condominium ou d’une corporation. «J’ai pu constater que la structure mise en place n’est pas opérante, ni efficace», critique Mgr Pelchat.

Le maire de Rimouski se montre satisfait des décisions prises par l’archevêque. «Pour une première fois depuis toute cette saga [...], j’ai vraiment l’impression que l’archevêché et Mgr Grondin prennent leurs responsabilités et ça, c’est une bonne nouvelle», se réjouit Marc Parent. 

Pour le maire, il est toutefois hors de question que s’installent dans la cathédrale des organisations qui viendraient «cannibaliser d’autres commerces ou la Salle Desjardins-Telus». L’élu ne sait pas encore si la Ville contribuera financièrement au projet tant et aussi longtemps que les besoins ne seront pas identifiés.