Dès l’ouverture du centre de dépistage mobile, les parents ont commencé à affluer avec leurs enfants.
Dès l’ouverture du centre de dépistage mobile, les parents ont commencé à affluer avec leurs enfants.

Cas de COVID-19 dans un camp de jour: 78% des enfants ont été testés

Dès l’ouverture du centre mobile de dépistage de COVID-19 au camp de jour de l’école Haute-Ville de Granby, vendredi, les parents ont commencé à affluer sous un soleil de plomb avec leurs enfants. «Je suis très inquiète. Je ne veux pas que le virus entre chez moi», a confié Luz Dary, la première mère à s’être présentée pour que sa fille Sahory passe le test.

Non seulement, Mme Dary s’en fait pour sa fille de 11 ans, mais également pour ses proches. «Ça me stress pas mal parce que j’ai une grande famille à la maison. On a toujours été vigilants pour nous protéger. Mais là, ça ne dépend plus de nous. C’est désolant, mais on n’a pas le contrôle sur ce qui arrive. Je me croise les doigts pour que le résultat du test soit négatif.»

Sans vouloir lancer la pierre à la Ville et la santé publique pour la gestion du dossier jusqu’ici, Luz Dary est catégorique: pas question que sa fille retourne au camp de jour. «Je sais qu’il y a des mesures en place, mais je ne veux pas prendre de risque.»

Luz Dary et sa fille Sahory, 11 ans, ont été les premières à passer le test de dépistage préventif. «Ça me stresse pas mal, parce que j’ai une grande famille à la maison, a-t-elle confié. On a toujours été vigilants pour nous protéger. Mais là, ça ne dépend plus de nous.»

Vanessa Simon-Leblanc a également fait la file pour accéder au centre de dépistage mobile avec sa fille, Laurence. Son commentaire était pour le moins éloquent. «Je suis inquiète que tout le monde meure», a lancé la fillette de 5 ans et demi.

Sa mère a tenu des propos plus nuancés. «C’est évident que c’est très stressant. Il y a cinq enfants à la maison. Je crois que la situation est bien gérée jusqu’ici, mais il y a quand même une certaine incertitude qui reste», a-t-elle fait valoir, précisant que la petite Laurence devrait néanmoins retourner au camp.

Le sentiment était bien différent du côté des animateurs qui ont passé le test quelques minutes avant les enfants. Du moins, selon les commentaires d’un membre de l’équipe, qui a accepté de parler à La Voix de l’Est sans dévoiler son identité.

«Je vois ça positif, a dit le jeune homme. Tous les animateurs ont décidé de passer le test de dépistage de façon préventive. C’est notre devoir de citoyen. On le fait pour la sécurité de tout le monde. Nos amis, les enfants avec qui on travaille. Toutes les mesures de sécurité ont été appliquées. C’est vraiment de la malchance.»

Les résultats d’ici 24h à 48H

Rappelons qu’un premier animateur Club Vacances Jeunesse (CVJ) à Haute-Ville a été déclaré positif à la COVID-19, lundi. Deux autres se sont ajoutés depuis dans la même organisation. Étant donné cette éclosion de cas au sein du personnel, la Ville, de concert avec la santé publique de l’Estrie, a décidé de faire du dépistage préventif auprès de tous les animateurs et des enfants qui ont fréquenté l’endroit. Trois tests effectués jusqu’à maintenant auprès des animateurs se sont avérés positifs et huit négatifs.

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Au total, 19 animateurs ont été testés vendredi au centre de dépistage mobile à l’école Haute-Ville. Idem pour 99 enfants qui ont participé au camp, sur 127, soit 78%. Notons que les familles pouvaient également aller à la clinique de dépistage sans rendez-vous établie du Cégep de Granby.

Il n’a toutefois pas été possible de savoir si quelques-uns des 28 jeunes qui ont fréquenté le CVJ s’y sont présentés. En attendant les résultats, qui devraient être connus d’ici 24h à 48h, le camp de jour demeure fermé jusqu’à mardi.

En mode solutions

Selon le directeur du service de la coordination du loisir, des arts, de la culture et de la vie communautaire à la Ville, Patrice Faucher, la conjoncture ajoute à la complexité du travail des animateurs de camp de jour.

«Au départ, c’est un travail qui n’est pas facile. Avec la pandémie, on vient en ajouter une couche. Et avec le contexte où on a des résultats positifs [au coronavirus], imaginez toute la pression que ces jeunes ont sur les épaules.»

«D’un autre côté, a-t-il renchéri, on est victime du contexte. On est en déconfinement assez large. On doit gérer des animateurs de camps de jour qui ont une vie en dehors du travail. On fait beaucoup de sensibilisation et de soutien psychosocial auprès d’eux.» 

Patrice Faucher estime par ailleurs que l’éclosion de cas positifs à la COVID-19 dans un camp de jour était prévisible. «Depuis le début de la pandémie, on est en réaction. On a beau prendre toutes les précautions, on voit les résultats. Il n’y a pas de boule de cristal ni de garantie. Mais, on ne reste pas les bras croisés. On est en mode solutions.»

Illogique

Un employé du centre de services scolaire du Val-des-Cerfs faisait la ligne avec les parents et enfants qui attendaient pour accéder au centre de dépistage mobile, vendredi. Or, au moment du passage de La Voix de l’Est, on lui refusait l’accès.

«Je suis allé hier (jeudi) au Cégep pour me faire tester parce que j’ai des symptômes de COVID. Mais, il y avait une énorme file d’attente. Je me promène d’école en école. Je veux faire une bonne action, mais on me dit non, sous prétexte que c’est réservé aux enfants. Je travaille entre autres ici, à Haute-Ville. Je veux m’assurer de ne pas transmettre le virus aux jeunes si je l’ai. Vraiment, ça fait dur, a-t-il clamé. Il n’y a pas de logique là-dedans.»