Quelques municipalités du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie sont prises au dépourvu devant l’affluence de touristes qui campent un peu partout. Les bords de mer sont notamment très prisés.
Quelques municipalités du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie sont prises au dépourvu devant l’affluence de touristes qui campent un peu partout. Les bords de mer sont notamment très prisés.

Camping illégal: «on fait tout ce qu’on peut», dit Geneviève Guilbault

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
SAINTE-LUCE — De passage jeudi à Sainte-Luce, près de Rimouski, la vice-première ministre du Québec a assuré que Québec aide du mieux qu’il peut les municipalités du Bas-Saint-Laurent et surtout de la Gaspésie qui sont aux prises avec le phénomène de camping illégal, communément appelé «camping sauvage». Si Geneviève Guilbault a rappelé qu’il appartient aux municipalités de réglementer, elle a néanmoins confirmé que son gouvernement est solidaire dans la recherche de solutions.

«On fait tout ce qu’on peut, je pense, dans un contexte de pandémie et de confinement, a fait savoir Mme Guilbault. On a été très, très réactifs. Je ne dirais pas proactifs parce qu’on a constaté la situation, comme tout le monde, une fois l’élan touristique local lancé.» Elle a d’ailleurs salué, au passage, le choix des Québécois de faire du tourisme et de voyager dans les régions du Québec. «C’est très important. Ça fait rouler l’argent, l’économie, nos industries de la restauration et de l’hôtellerie. C’est une très bonne chose.»

Coordination de quatre ministères

Geneviève Guilbault a souligné que dès que son gouvernement a été mis au courant de la situation, d’abord à Gaspé qui, au début des vacances de la construction, s’est retrouvée avec des touristes qui campaient illégalement sur les plages et qui circulaient en véhicule dans des milieux fragiles, quatre ministères ont coordonné leurs actions. Il s’agit de ceux de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, du Tourisme, des Affaires municipales et de l’Habitation ainsi que de la Sécurité publique.

«On a aidé les municipalités qui en ont eu besoin et, au fur et à mesure, elles s’organisent. Je salue les initiatives municipales. On sera toujours là pour aider si le besoin se présente. Mais, il reste que c’est une responsabilité municipale, a priori. Mais, en soutien aux municipalités qui ont été prises par surprise, prises au dépourvu, on a déployé des actions, entre autres chez nous [au ministère de la Sécurité publique]. On s’est assurés qu’il y ait davantage d’effectifs policiers pour faire de la surveillance, ce que j’ai appelé une visibilité stratégique. Gaspé, par exemple, avait organisé des patrouilles citoyennes, avec des gens qui se promenaient pour faire de la sensibilisation et d’autres qui ont aidé à ramasser les déchets.»

L’exemple de Rimouski

La ministre de la Sécurité publique a cité le cas de la Ville de Rimouski qui a adopté une réglementation et qui s’est dotée de moyens concrets pour empêcher les gens de passer la nuit dans certains endroits de son territoire. «On avait une problématique très, très ciblée : les territoires de la crête du Bic et du Rocher Blanc, a expliqué le maire de Rimouski, Marc Parent. On se retrouvait, par exemple, avec des excréments sur des terrains privés et ça, c’est tout à fait inacceptable. Il y avait également tout un enjeu sur la capacité de réponse des services d’urgence, tellement les rues étaient chargées de voitures.» Des tentes avaient aussi été installées dans des endroits inappropriés. Des milieux naturels arboraient des graffitis. Des arbres avaient été coupés et des branches cassées pour allumer des feux, augmentant par ailleurs le danger d’incendie majeur en raison de la sécheresse.

«On a simplement mis en place une réglementation qui interdit le camping à ces endroits-là et qui permet de procéder au remorquage des véhicules», signale M. Parent. Des billets de contravention ont également été remis à certains récalcitrants. Depuis que ces moyens coercitifs sont appliqués, la situation s’est améliorée.

En revanche, l’élu a souligné que les autorités municipales démontrent beaucoup de flexibilité pour offrir des alternatives aux campeurs. «On peut penser, entre autres choses, à Pointe-au-Père, où les gens peuvent utiliser le stationnement du Musée de la mer et le quai. Nous, on se dit qu’on doit donner une option aux visiteurs parce que les terrains de camping sont pleins, présentement. Si on ne donne pas d’option, ça devient un peu plus chaotique. Somme toute, je pense que l’approche du conseil municipal est excellente. On s’est donné des outils pour s’assurer que la problématique se règle, mais on démontre également beaucoup de tolérance pour que les touristes puissent aller sur d’autres sites alternatifs.»

La ministre Guilbault réclamée à Gaspé

Sa présence étant réclamée à Gaspé, notamment par la députée de la circonscription, Méganne Perry Mélançon, la vice-première ministre a indiqué que si c’est vraiment nécessaire qu’elle s’y rende, elle demeure disponible. «Mais, je pense que l’important était de régler le problème à distance», a-t-elle souligné.

Quant aux touristes qui ont reproché aux municipalités de ne pas avoir prévu le fort achalandage touristique en aménageant des aires de débordement et des installations sanitaires additionnelles, la ministre Guilbault a précisé qu’il s’agit de la première saison touristique au Québec depuis la pandémie. «Il n’y a rien de vraiment normal et qui se compare aux années antérieures. Donc, c’était difficile de savoir exactement comment ça allait se produire.»

Selon la parlementaire, c’est une minorité de gens qui «se sont comportés de manière irrévérencieuse dans certains endroits, parfois de manière illégale, en occupant des terrains qu’ils ne devaient pas occuper». Elle se réjouit que la vague semble s’être un peu calmée. «J’ai l’impression que les messages qui ont été lancés ont peut-être eu cet effet dissuasif général et c’est tant mieux, même s’il y a encore une minorité de gens qui cherchent à transgresser les règles ou à avoir des comportements qui peuvent être dérangeants. Mais vraiment, les Québécois sont charmants dans un contexte post-confinement, où tout le monde est un peu tanné. Je pense que l’opportunité touristique et économique qui en découle est quand même, somme toute, un gain net pour nos régions.»

De passage à Sainte-Luce jeudi, Geneviève Guilbaut a assuré que Québec fait tout ce qu’il peut pour aider les municipalités du Bas-Saint-Laurent et surtout de la Gaspésie qui sont aux prises avec le phénomène de camping illégal, communément appelé «camping sauvage».