Bromont, montagne d’expérience poursuit son développement. Le gouvernement du Québec annonce qu’il appuiera la station touristique à hauteur de 9,6 M$ pour la deuxième phase de son projet de modernisation qui nécessitera des investissements de plus de 75 M$.

Bromont, Montagne d'expériences: un investissement de 100 M$

La station touristique de Bromont, montagne d’expériences s’apprête à faire un pas de géant. La deuxième phase de son grand projet de développement et de modernisation, qui viendra bonifier l’offre quatre saisons, a été annoncée jeudi. La ministre du Tourisme, Julie Boulet, a dévoilé que Québec soutient le projet à hauteur de 9,6 millions de dollars.

La deuxième phase du projet Altitude totalise près de 76 millions de dollars d’investissements. Avec la première phase, annoncée en avril, le projet de l’entreprise touristique totalisera plus de 100 M $.

Ces 76 M $ comprennent la construction de 200 unités d’hébergement touristique dans le stationnement principal — près des pentes —, l’agrandissement et la modernisation du chalet au pied de la montagne et l’ajout d’équipements d’enneigement, d’installations au parc aquatique, mais aussi celui d’un manège de glissades sur tube en montagne et d’une patinoire réfrigérée.

L’annonce de la ministre du Tourisme arrive à point, alors que la campagne électorale est sur le point de commencer. 

« Ça n’a rien à voir avec le calendrier électoral, soutient toutefois en entrevue Mme Boulet. Ce sont des dossiers qui sont en analyse chez nous depuis presque un an. Ça correspondait aux objectifs qu’on s’était fixés au Québec [pour le tourisme]. Ce qui est important ici, c’est qu’on est en train de développer une offre multiactivités, douze mois par année. C’est un élément très structurant pour moi. Ils vont augmenter leur achalandage de plus de 300 000 personnes par année, dont 200 000 vont provenir de l’Ontario. Quand on est capable d’attirer des touristes hors Québec, pour moi c’est vraiment une valeur ajoutée. »

Pression avant les élections

Il faut dire qu’une telle annonce n’était pas attendue si tôt après celle d’avril, alors que M. Désourdy voyait la deuxième étape de son projet dans un avenir un peu plus éloigné. L’arrivée des élections mettait une certaine pression sur Bromont, montagne d’expériences. 

« C’est sûr que, quand il y a un changement de gouvernement, tout est à recommencer, tu en as pour un an ou deux avant d’avoir des [subventions], indique pour sa part Charles Désourdy, président de l’entreprise. Madame Boulet, qui prend sa retraite, a fait un travail extraordinaire pour l’industrie du ski. Elle est tenace, elle a une détermination extraordinaire. Elle voulait livrer la marchandise avant de quitter. Il y a eu beaucoup de sous pour l’industrie du ski dans les deux dernières années, mais on voulait concrétiser les ententes. »

L’argent de Québec est déjà engagé, précise la ministre Boulet. La somme n’est pas compromise en cas de changement de gouvernement. Bromont, montagne d’expériences n’a pas l’enveloppe en main pour le moment, mais les montants seront libérés au fil des travaux.

Maintenant que le gouvernement est partenaire de cette deuxième phase, la pression est tout autre. M. Désourdy et son équipe ont sept ans pour réaliser tous les travaux projetés. Environ 50 M $ sont prévus pour la construction des deux bâtiments qui abriteront les 200 unités d’hébergement. Mais d’abord, il faut décider quelle sera leur forme locative. 

« On est en train de faire des études de marché pour voir si ce sera des condotels [NDLR : bâtiment utilisé à la fois pour des appartements en copropriété et comme hôtel], des condos que les propriétaires loueront une quarantaine de jours en hiver ou si c’est purement de l’hôtellerie, explique le président de la station de ski. [...] L’hébergement, dans le touristique, faut pas se tromper. »

La pelletée de terre officielle devrait avoir lieu dans trois ans. D’ici là, il appuie également sur l’accélérateur pour ses autres projets immobiliers. Charles Désourdy tient par ailleurs à se faire rassurant : « on veut garder le charme de Bromont. »

Les immeubles locatifs permettront par ailleurs d’aller chercher des touristes qui souhaitent venir passer trois à sept jours à Bromont, tandis que les autres projets de l’entreprise permettront aux clients de jouir de plusieurs activités en parallèle au ski et au parc aquatique.

Après le ski

« Les gens font deux, trois heures de ski par jour, donc ça prend autre chose. Le Zoo de Granby, qui est ouvert l’hiver, peut plaire aussi aux Ontariens. Tout ça ensemble, je pense qu’on va devenir une destination très prisée. »

Il souhaite accroître l’achalandage de 37 %, ce qui profitera aussi à l’ensemble des commerces et hôtels de la ville.

« À terme, ce projet va générer des recettes touristiques additionnelles annuelles de 31 M $, dont 11 M $ dans le site et 20 M $ hors site, croit Julie Boulet. Il va créer 740 emplois associés à la construction, 240 emplois liés à la croissance de l’activité touristique, dont 19 emplois à temps plein et 221 à temps partiel. Ça va générer des recettes fiscales pour le Québec de 7,3 M $ lié à la construction et de 4,5 M $ récurrents à partir de 2025 pour les activités touristiques supplémentaires. »

C’est sans oublier la richesse foncière dont bénéficiera la Ville de Bromont.

Rappelons que la première phase comprend la construction d’un chalet au sommet du mont Brome, le remplacement du télésiège quadruple par un télésiège six places hybride avec télécabines et l’augmentation de la capacité d’enneigement par temps doux, à -3 ou -5 degrés Celsius.