Bagarre mortelle: aucune accusation pour le moment

Le présumé agresseur du bar Nelson, à Jonquière, a été libéré sous promesse de comparaître prochainement. Aucune accusation n’a été déposée contre l’individu d’une trentaine d’années.

Le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a pris la décision de remettre le dossier de comparution à une date ultérieure, le temps de bien analyser la preuve déposée sur le bureau lundi matin.

De tristes événements se sont produits sur le trottoir devant le bar Nelson, dans la nuit de dimanche à lundi, alors qu’un homme de 65 ans a perdu la vie après être tombé au sol à la suite d’une altercation.

Selon les informations obtenues, celui qui aurait causé la mort du sexagénaire aurait d’abord voulu empêcher une femme de prendre le volant de son véhicule alors qu’elle était en état d’ébriété.

La cliente du bar serait alors retournée à l’intérieur du débit de boisson pour en parler à un ami. Cet homme, un musicien qui avait l’habitude de se produire à cet endroit, est sorti pour s’enquérir des intentions de l’individu qui était déjà dehors.

Il semblerait que le sexagénaire aurait porté un coup au visage de celui qui avait voulu empêcher la femme de quitter au volant de son véhicule.

Celui qui a reçu un coup de poing aurait alors empoigné l’individu et l’aurait projeté au sol. C’est là que les choses se sont compliquées.

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Rapidement, cet homme s’est aperçu que les choses n’allaient pas. Il a pris soin de la victime et a demandé à ce qu’on appelle les secours. Il est demeuré près de l’homme jusqu’à l’arrivée des ambulanciers et des policiers. Après avoir rapidement expliqué ce qui s’était passé, les patrouilleurs lui ont demandé d’attendre dans la voiture de patrouille.

L’homme, que nous ne pouvons identifier pour le moment, a été interrogé durant tout l’avant-midi au Quartier général du Service de police de Saguenay (SPS). Il devait être amené au Palais de justice de Chicoutimi en début d’après-midi, mais en cours de route, les policiers ont été avisés de rebrousser chemin.

Si aucune accusation n’a encore été déposée, c’est que le dossier n’a pas été soumis au DPCP pour une analyse complète. L’enquête policière est toujours en cours. Il faut savoir que les enquêtes sont menées par les policiers, qui soumettent ensuite le dossier au ministère public, qui lui analyse la possibilité de déposer des accusations.

« Compte tenu du fait qu’il a été arrêté cette nuit, le délai était court pour que le ministère public prenne une décision. Il n’y a pas de décision finale de prise dans le dossier. Les policiers ont pris la décision de le libérer avec une promesse de comparaître. D’ici là, l’étude du dossier sera complétée. Il y aura ou non des accusations. Ça ne veut pas dire qu’il y en aura et ça ne signifie pas qu’il n’y en aura pas. Ce n’est pas coulé dans le béton », a précisé Me Julien Boulianne, appelé à représenter les intérêts de l’homme.

Le fait de libérer un individu sous promesse de comparaître n’est pas exceptionnel, même s’il y a eu mort d’homme. 

« Ce n’est pas inhabituel. C’est une infime minorité (de gens) qui comparaît détenu. La plupart des accusations sont déposées par sommation, par citation ou par promesse à comparaître, le temps que l’enquête soit complétée, que le DPCP puisse étudier l’ensemble du dossier et puisse prendre une décision éclairée. On ne dépose pas des accusations à la légère », ajoute le criminaliste.

En fait, lorsque le ministère public dépose une accusation, c’est qu’il est convaincu qu’il y a eu infraction et qu’il sera en mesure d’en faire la preuve.