Le secteur est reconnu par les habitués comme ayant plusieurs zones à éviter en motoneige.

Aucune trace des cinq motoneigistes disparus

La patrouille effectuée en motoneige, sur les eaux et dans les airs, dans le secteur des îles Beemer à Saint-Henri-de-Taillon, au Lac-Saint-Jean, mercredi, aura permis de localiser deux motoneiges à l’embouchure de la rivière Grande Décharge, mais aucun des cinq motoneigistes disparus. Des plongeurs ont également tenté, en vain, de retrouver les touristes provenant de l’Est de la France et qui manquent à l’appel depuis mardi soir. Les recherches, chapeautées par la Sûreté du Québec (SQ) reprendront jeudi, à compter de 6 h. Les opérations visant à repêcher les motoneiges débuteront également à ce moment.

Le guide a perdu la vie dans le tragique accident, survenu mardi soir, au Lac-Saint-Jean. Il s’agit de Benoît Lesperance, 42 ans, de Montréal. Son corps a été repêché par le Service des incendies d’Alma mardi soir, vers 22 h 30, des heures après que l’accident ait été signalé par trois autres motoneigistes qui faisaient eux aussi partie du groupe. Le trio était parvenu à se rendre jusqu’au dépanneur Alimentation St-Henri pour appeler les secours.

Les cinq disparus sont deux Alsaciens de 24 et 34 ans et trois Vosgiens de 24, 25 et 58 ans.

« On va rester ici tant et aussi longtemps que toutes nos recherches n’auront pas déterminé qu’on est au bout de ce qu’on peut faire », a mentionné le directeur général adjoint à la SQ, Guy Tremblay, en fin de journée mercredi.

Des images captées à partir d’un drone permettent de constater l’absence de glace dans ce secteur.

Questionné quant aux résultats des recherches effectuées en journée, M. Tremblay a confié ne pas avoir eu de « confirmation très précise » quant à des éléments qui auraient pu être retrouvés. « Au départ, on était dans un mode sauvetage, qui n’a pas permis de déterminer qu’on était en mesure de sauver qui que ce soit. On est entrés en mode recherche. La SQ est entrée en fonction à partir de ce moment. On a rapidement déployé toutes nos ressources au niveau des plongeurs, nos hélicoptères se sont déplacés pour faire le survol du site. Il y a aussi eu des plongées. On a fait des tracés avec des sonars pour voir la topologie du fond de l’eau. On est dans des courants excessivement forts. Nos spécialistes disent qu’on n’est pas dans un mode facile pour la recherche », a rappelé Guy Tremblay.

Les recherches se sont arrêtées en soirée et au cours de la nuit. Les lieux ont été sécurisés et une vigie a été tout de même maintenue pendant cette période.

Disparus sous les glaces

Mardi matin, le groupe de huit touristes français, accompagné du guide Benoît Lesperance, a quitté La Tuque pour se diriger vers Saint-Gédéon, où ils étaient attendus sur l’heure du souper, à l’Auberge des Îles. Le groupe ne s’est jamais présenté à l’auberge.

Des curieux se sont présentés à plusieurs reprises au cours de la journée de mercredi.

C’est en circulant en convoi à Saint-Henri-de-Taillon qu’ils se seraient aventurés hors des sentiers balisés. Il était environ 19 h et la visibilité était atténuée par la neige qui tombait.

Les deux hélicoptères de la Sûreté du Québec ont amorcé leur survol du site, mercredi, en fin d’avant-midi.

Le tragique accident se serait produit à proximité de l’île Beemer, à l’embouchure de la Grande Décharge. Six des motoneigistes, dont le guide, auraient sombré dans les eaux.

Le corps du guide a été repêché plusieurs heures plus tard. Il a été déclaré mort à son arrivée à l’hôpital d’Alma.

Les équipes de la Sûreté du Québec ont navigué dans le secteur qui comprend plusieurs îles.

Les trois derniers motoneigistes du convoi, circulant en queue de peloton, ont été plus chanceux. Un seul s’est enfoncé sous la glace et a pu être rescapé par les deux autres, qui ont ensuite demandé de l’aide en se rendant dans un dépanneur du secteur. « Le septième motoneigiste est tombé à l’eau. Il a pu être secouru par les motoneigistes qui étaient en huitième et en neuvième position dans le groupe. Cette personne souffre d’hypothermie et d’engelures, mais on ne craint pas pour sa vie. Les trois personnes ont été transportées au centre hospitalier », racontait Hugues Beaulieu, de la Sûreté du Québec, mercredi matin.

Des recherches en motoneige ont eu lieu toute la nuit de mardi à mercredi. L’hélicoptère des Forces armées canadiennes a également survolé le secteur jusqu’à tard mardi soir.

Les deux hélicoptères de la Sûreté du Québec ont amorcé leur survol du site, mercredi, en fin d’avant-midi.

Les plongeurs de la SQ sont arrivés sur les lieux mercredi matin. On ignorait si les personnes manquantes avaient pu trouver refuge dans un des chalets des environs. Des recherches terrestres, notamment en motoneiges, ont donc été effectuées par les policiers de la SQ.

Secteur dangereux

Dès les premiers instants, les secouristes ont mis en doute les connaissances que le groupe pouvait avoir du secteur, car la majorité des usagers savent qu’il faut se tenir loin de l’embouchure de la Grande Décharge, la force du courant empêchant la formation d’une solide couche de glace.

Deux équipes de plongeurs de la Sûreté du Québec ont sillonné le plan d’eau.

L’hypothèse la plus plausible est que le groupe, qui circulait dans le sentier fédéré, a décidé de prendre un raccourci en quittant le sentier balisé pour emprunter le lac Saint-Jean vers l’Auberge des Îles, à Saint-Gédéon. On parle d’un raccourci qui permet de sauver environ 45 minutes.

Comme il s’agit de touristes français, l’ambassade a été saisie du dossier à Ottawa.

La porte-parole de la Sûreté du Québec, Béatrice Dorsainville, a confirmé, mercredi soir, que deux motoneiges avaient été localisées dans l’embouchure de la Grande Décharge.

En matinée, mercredi, la nouvelle circulait déjà beaucoup dans les médias européens.

Selon les informations du Quotidien, les motoneiges avaient été louées chez Location de motoneiges Haute-Matawinie, située à Saint-Michel-des-Saints, dans Lanaudière. Le guide ne provenait pas de cette entreprise.

L’entreprise qui organisait l’expédition serait Aventures 3000, mais il n’a pas été possible de parler avec un propriétaire. Leur page Facebook n’était plus active, en fin de journée mercredi.

La CNESST sur place

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a été dépêchée sur place. « Des inspecteurs se sont rendus sur place mercredi matin afin de recueillir des informations. Il est trop tôt pour dire s’il va y avoir une enquête, mais on considère qu’il s’agit d’un accident de travail en ce qui concerne le guide », a confirmé David Blouin, porte-parole de la CNESST.

Des policiers en motoneige ont participé aux recherches.
Les plongeurs devraient recommencer leur travail tôt jeudi.