Un magasin Sail de Brossard
Un magasin Sail de Brossard

Au tour de Sail et de Sportium de se protéger de leurs créanciers

MONTRÉAL — La liste des détaillants forcés de se placer à l’abri de leurs créanciers après avoir vu la pandémie de COVID-19 bousculer leurs activités continue de s’allonger : on y retrouve maintenant l’entreprise propriétaire des enseignes Sail et Sportium.

Établie à Laval, Sail Plein Air a annoncé mardi s’être tournée vers la Loi sur la faillite et l’insolvabilité après avoir vu ses magasins être fermés pendant plus de deux mois dans certains cas en raison des mesures visant à limiter la propagation du nouveau coronavirus, ce qui a ajouté une «pression supplémentaire» sur ses finances.

«Ça été le coup de grâce après un automne difficile, a expliqué son président et chef de la direction, Norman Décarie, au cours d’une entrevue téléphonique. Le manque à gagner a été de plus de 40 millions $. C’est beaucoup pour une entreprise comme la nôtre. On ne pouvait pas s’en remettre.»

Dans son ensemble, le réseau du détaillant génère des ventes annuelles d’un peu plus de 300 millions $, selon le dirigeant de la société.

L’entreprise traîne des créances de plus de 100 millions $. Si ce chiffre peut paraître élevé, M. Décarie a expliqué que des sommes avaient été retenues au cours des dernières semaines afin de préserver les liquidités de la compagnie.

En se plaçant à l’abri de ses créanciers, il sera possible de «repositionner l’entreprise» dans un environnement qui s’est complexifié davantage en raison de la COVID-19. Malgré la restructuration, les activités se poursuivent normalement au sein de l’entreprise, dont les magasins demeurent ouverts. Les sites transactionnels sont aussi accessibles.


« Ça été le coup de grâce après un automne difficile. »
Norman Décarie, président et chef de la direction de Sail Plein Air

«Cela demeure qu’une possibilité, a répondu M. Décarie, lorsqu’interrogé à savoir si des magasins pourraient fermer leurs portes. Il y a une analyse exhaustive qui va se faire dans les prochaines semaines. On a beaucoup de travail à faire. Il y aura toujours une place pour les magasins briques et mortier, mais il y a une accélération des ventes en ligne.»

Fondée il y a plus de 40 ans, l’entreprise québécoise compte quelque 1800 employés à son siège social situé à Laval ainsi que dans ses 14 magasins Sail — huit au Québec ainsi que six en Ontario — qui se spécialisent dans le plein air. Elle est également propriétaire de l’enseigne Sportium, spécialisée dans les vêtements et articles de sports, et qui exploite quatre succursales à Longueuil, Laval, Québec et Kirkland.

Après une pause de plusieurs semaines, les consommateurs ont commencé à retourner dans les magasins Sail et Sportium. Avec les restrictions de voyage toujours en vigueur, des activités comme la pêche, le camping et la randonnée en forêt risquent de jouer en faveur du détaillant, a estimé M. Décarie.

«Les résultats en magasin ne sont pas mal, a-t-il dit. Nous avons [récupéré] à peu près 70 % des ventes par rapport [à la même période] l’an dernier.»

Outre Sail Plein Air, Aldo et Reitmans se sont également protégés de leurs créanciers. Lundi, Reitmans a annoncé l’élimination de 1400 postes, dont 350 à son siège social montréalais, ainsi que la fermeture des enseignes Additon Elle et Penningtons, dans le cadre de sa restructuration.

Avant que n’éclate la pandémie, le détaillant d’articles de sport et de plein air La Cordée avait également opté pour une protection contre ses créanciers dans l’espoir de tabler sur une stratégie de relance.