«Au moins, il ne nous tue pas»: procès d’un père pour abus sexuels et violence sur ses deux enfants

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Un père de famille de Trois-Rivières subit présentement son procès en lien avec des allégations de violence et d’abus sexuels sur ses deux enfants.

Cet individu de 51 ans, dont on doit taire l’identité pour protéger celle des présumées victimes en vertu d’une ordonnance, fait face à 13 chefs d’accusation pour des contacts sexuels, incitations à des contacts sexuels et avoir rendu accessible du matériel sexuellement explicite dans le but de faciliter la perpétration de délits sexuels. Il est aussi accusé de voies de fait, voies de fait armées avec divers objets et voies de fait causant des lésions corporelles.

Les événements seraient survenus entre 2013 et 2018. Il aurait notamment forcé son garçon et sa fille, âgés au début entre 7 et 9 ans, à lui faire des fellations. Il aurait également été violent avec eux en leur infligeant des coups et des claques.

À l’ouverture du procès lundi, la procureure de la Couronne, Me Catherine Lacoursière, a présenté au tribunal deux déclarations vidéo faites par le garçon à la police de Trois-Rivières. Il y raconte avoir été maltraité par son père à plusieurs reprises, donnant l’exemple de claques au visage mais aussi de coups de poing et de coups de pied dans le ventre, le dos, les jambes et, à une reprise, dans les parties intimes. Il a aussi indiqué que son père lui avait déjà lancé une auto de Barbie, au point de le blesser au pied.

Selon lui, son père s’en prenait à lui lorsqu’il n’écoutait pas les consignes. «Au moins, il ne nous tue pas», s’est-il notamment exclamé pendant la déclaration vidéo.

Il a également fait mention que son père ne prenait pas soin de lui et de sa soeur et qu’il ne leur donnait pas à manger. Par contre, il a nié cette information sur l’absence de nourriture plus tard dans la journée lors du contre-interrogatoire mené par Me Martine Garceau-Lebel à la défense.

Il a indiqué aussi qu’il avait dû faire des fellations à son père à une dizaine de reprises et qu’il avait surpris ce dernier en train d’abuser sexuellement de sa soeur une fois.

Lors de son témoignage par visioconférence, il a ensuite précisé que son père l’obligeait à lui faire des fellations. «Sinon il me faisait des menaces de mort, comme me dire qu’il allait me tuer ou autre chose», a-t-il déclaré. Il a également mentionné que son père l’avait obligé à écouter une vidéo montrant de la pornographie en lui maintenant la tête devant l’écran pendant qu’il se masturbait à ses côtés. «J’aimais juste pas ça», a-t-il laissé tomber.

Le procès, qui est présidé par le juge Rosaire Larouche va se poursuivre toute la semaine. Mardi, c’est la fille du suspect qui devrait témoigner à son tour. Elle sera ensuite suivie par six témoins civils qui auraient reçu les verbalisations des présumées victimes sur les agressions.

Notons que la Direction de la protection de la jeunesse est intervenue dans cette famille. Les enfants ont en effet été placés dans une famille d’accueil.