L’adolescente a raconté qu’elle s’était endormie aux côtés de Miclette, dans son propre lit, pendant le visionnement d’un film. Elle dit avoir été brusquement réveillée quand elle a senti l’accusé l’embrasser dans le cou tout en caressant ses seins sous son haut de pyjama.

Attouchements sur une mineure: la thèse de la sexsomnie rejetée

Jean-Claude Jr. Miclette ne souffrait pas de sexsomnie lorsqu’il a touché la poitrine d’une adolescente de 13 ans, a déterminé le juge Serge Champoux, qui n’a pas cru la défense de l’individu reconnu coupable d’attouchements sexuels sur une mineure le 24 octobre dernier.

Les gestes déplacés ont été perpétrés au début de juin 2016 dans une résidence de Granby où demeurent une dame et sa fille qui était alors âgée de
13 ans. Cette dernière considérait Jean-Claude Jr Miclette comme un oncle, lui qui était un ami de longue date de sa mère, avec qui il consommait régulièrement drogue et alcool.

Un certain soir, l’accusé s’est rendu au domicile de son amie, qui selon lui, lui avait demandé de venir rassurer sa fille qui filait un mauvais coton et qui avait besoin d’une présence masculine.

L’adolescente a pour sa part témoigné à l’effet qu’elle s’était endormie aux côtés de Miclette, dans son propre lit, pendant le visionnement d’un film. 

Elle raconte avoir été brusquement réveillée quand elle a senti l’accusé l’embrasser dans le cou tout en caressant ses seins sous son haut de pyjama.

Au moment de se retourner, la jeune fille voit que Miclette feint de dormir. 

Elle se lève et se rend dans le lit de sa mère, profondément endormie, probablement sous l’effet des stupéfiants qu’elle avait consommés plus tôt avec l’accusé, qui a quitté l’appartement peu de temps après.

Si M. Miclette n’a pas démenti avoir touché l’adolescente, il allègue plutôt l’avoir embrassé sur la joue machinalement. Il a raconté avoir consommé, dans les jours précédents les événements, « des quantités impressionnantes de drogues multiples » qui l’ont empêché de dormir jusqu’au moment où il a regardé un film avec la fille de son amie.

Le réveil brusque de l’adolescente l’aurait extirpé de son propre sommeil, ajoute-t-il ensuite, reconnaissant avoir peut-être enlacé par réflexe, lui qui dort normalement en cuillère avec ses conjointes. 

Il allègue avoir quitté les lieux après avoir reçu un texto d’un ami qui souhaitait se procurer de la drogue.

Jean-Claude Jr. Miclette

Un expert jugé peu crédible

Dans sa décision, le juge Champoux a indiqué être « incapable d’attribuer une valeur quelconque » à l’expertise du psychiatre Pierre Gagné, qui prêtait un diagnostic de « sexsomnie » à l’accusé parce que celui-ci a un historique de somnambulisme et parce qu’il n’aurait pas souvenir des gestes posés dans son sommeil. 

Il indiquait également que l’absence de tendances pédophiles chez l’accusé, qui n’aurait jamais eu de partenaire sexuelle de moins de 20 ans, rendait ce diagnostic « plus probable ».

Or, relève le juge, les épisodes de somnambulisme rapportés par Miclette sont très rares et éloignés dans le temps. De plus, ajoute-t-il, l’accusé a témoigné se souvenir des événements, ce qui est contraire à la définition du somnambulisme et de la sexsomnie.

De surcroît, souligne l’homme de loi, le même expert a affirmé être au courant que Jean-Claude Jr. Miclette avait été condamné à six mois de prison, assortis d’une ordonnance de probation de trois ans pour s’être livré à du trafic de stupéfiants et à des attouchements sexuels sur des préadolescentes de 12 ans en janvier 2000.

« S’agit-il d’une conduite de type pédophilique ? Le bon sens indique que oui, mais Dr Gagné ne pose aucune question à son patient [sur le sujet] », relève le juge.

Qui plus est, a révélé la preuve, Jean-Claude Jr. Miclette a entretenu une relation amoureuse comprenant plusieurs rapports sexuels complets avec la mère de la victime alors que celle-ci était une adolescente et qu’il avait 17 ans de plus qu’elle.

Confronté à ces éléments, le psychiatre s’est contenté de dire qu’il revenait à la Cour de statuer sur la crédibilité de tout un chacun.

« Je ne peux concevoir comment il soit possible d’en arriver à la conclusion à laquelle en arrive Dr Gagné, mentionne le juge Champoux. Mais il y a bien plus : dans son témoignage, Jean-Claude Jr Milclette ne prétend pas avoir subi un épisode de sexsomnie. »

Bref, l’ensemble de ces éléments a permis au juge de conclure hors de tout doute raisonnable des intentions mal fondées de l’accusé, qu’il a reconnu coupable. 

« [...]En raison de son intoxication volontaire, puisqu’au surplus la mère était fortement intoxiquée et ne risquait pas d’intervenir, Jean-Claude Jr Miclette a profité de l’occasion qu’il avait d’être dans le lit avec sa jeune victime pour lui faire des attouchements », note Serge Champoux.