Pour le président-directeur général d’Artopex Daniel Pelletier, entouré de ses fils Martin et Francis, l’acquisition représente une collaboration profitable débouchant sur un heureux mariage.

Artopex se paie Concept Can-Bec

L’entreprise abbotsfordienne spécialisée dans la fabrication de mobilier sur mesure Concept Can-Bec passe aux mains de la granbyenne Artopex.

Les deux entreprises brassaient des affaires ensemble depuis une vingtaine d’années. Pour le président-­directeur général d’Artopex, Daniel Pelletier, l’acquisition représente une collaboration profitable débouchant sur un heureux mariage. « Nous sommes deux entreprises aux valeurs extrêmement proches, dit-il. Les gens de Can-Bec nous connaissent bien, alors ça se passera très bien. »

Annoncée sur place il y a quelques jours, la nouvelle a été bien accueillie par les employés de Concept Can-Bec, à commencer par celui qui l’a fondée en 1994. « Artopex est une belle compagnie familiale avec une relève bien établie. En fait, je dirais même que Daniel Pelletier m’a grandement influencé au fil des ans. Sans le savoir, il a en quelque sorte été un mentor pour moi », indique Jacques Viens.

Âgé de 56 ans, l’ancien maire de Saint-Paul-d’Abbotsford songeait depuis quelque temps à préparer sa relève. Il avait été convenu qu’un de ses employés, Gino Poulin­, lui achèterait graduellement ses parts dans l’entreprise.

Les négociations entre M. Poulin et Artopex, qui se sont échelonnées sur quelques mois, ont toutefois devancé ses plans. « Cette offre-là est arrivée quatre ans plus tôt que je pensais », confie M. Viens, qui parle même d’un « alignement des planètes ». « Une offre comme ça risque de ne pas revenir une deuxième fois. »

Aux yeux de l’entrepreneur abbostfordien, la transaction permettra d’assurer la pérennité de Concept Can-Bec. « D’avoir fondé et mené la compagnie là où elle est maintenant est une grande fierté pour moi, affirme M. Viens. Maintenant, ce que j’ai bâti va se poursuivre dans la continuité. Je ne peux pas demander mieux. »

Pour Jacques Viens, la vente demeure néanmoins une décision émotive. « C’est lâcher un gros morceau, reconnaît-il. Mais le bébé va être entre bonnes mains. Il est rendu à maturité et est prêt à voler de ses propres ailes. »

Le fondateur compte demeurer impliqué dans son entreprise au moins jusqu’à l’automne, à titre de consultant, afin d’assurer la formation et le transfert des pouvoirs.

Par la suite, M. Viens entend devenir consultant externe en gestion auprès d’autres entreprises, ainsi qu’offrir plusieurs conférences sur l’entrepreneuriat et la gestion des affaires. « J’ai d’autres défis qui m’attendent », laisse-t-il savoir.

Aux yeux de l’entrepreneur abbostfordien Jacques Viens, la transaction permettra d’assurer la pérennité de l'entreprise qu'il a fondée.

L’enjeu de la main-d’œuvre

En devenant une division autonome d’Artopex, Concept Can-Bec conservera son nom et demeurera dans ses locaux de la rue Principale, à Saint-Paul-d’Abbotsford. Les quelque 35 employés de l’endroit demeureront aussi en poste. À titre d’actionnaire minoritaire, M. Poulin assurera la direction de l’usine d’ébénisterie architecturale de la route 112.

« Une partie de la transaction visait les ressources humaines. La main-d’œuvre [de Concept Can-Bec] est extrêmement bien qualifiée, reconnaît M. Pelletier. Le personnel compétent, aujourd’hui avec la pénurie de main-d’œuvre, représente une grande richesse. Des équipements, ça s’achète, mais des travailleurs qualifiés, ça ne se trouve pas au coin de la rue. »

L’acquisition de cette nouvelle division s’inscrit dans la poussée de croissance que connaît Artopex depuis quelques années, portant à tout près de 800 le nombre de travailleurs œuvrant pour le fleuron granbyen.

Bien qu’aucune autre transaction ne soit dans les cartons à court terme, M. Pelletier est confiant de voir la famille Artopex grandir à nouveau dans le futur. « Nous sommes toujours à l’affût de nouvelles opportunités », laisse entendre M. Pelletier.

« Chez Artopex, le nombre d’emplois progresse de manière fulgurante, ajoute-t-il. Ça ne serait pas surprenant que ça se produise aussi du côté de la division Can-Bec. »

L’entreprise basée à Granby, qui a le vent dans les voiles, avait annoncé l’an dernier des investissements totalisant 30 millions de dollars pour moderniser ses usines et son siège social.

MM. Pelletier et Viens n’ont pas souhaité révéler le montant de la transaction. Gino Poulin nous a référés à Artopex.