Après Weinstein, les scouts américaines dénoncent les bisous forcés

NEW YORK - «Parents, n’obligez pas vos filles à étreindre un proche au moment des fêtes»: c’est le message de la direction des «Girl Scouts» américaines à l’approche des fêtes, témoin de la psychose anti-harcèlement aux États-Unis après l’affaire Weinstein.

«Avez-vous déjà insisté: ‘‘Ton oncle vient d’arriver, va vite lui faire un câlin!’’ ou ‘‘Tata vient de t’offrir un beau jouet, va lui faire un bisou’’ (...) Si oui, vous devriez peut-être vous retenir de le faire à l’avenir», explique l’organisation, dans un message publié sur son site et sur Facebook au début du mois, et partagé près de 7000 fois.

«Dire à votre enfant qu’elle doit une étreinte à quelqu’un, juste parce qu’elle n’a pas vu cette personne depuis longtemps ou parce qu’elle lui a fait un cadeau pourrait la pousser à se demander si elle ne ‘‘doit’’ pas une forme d’affection à quelqu’un qui l’a invitée à dîner ou a fait quelque chose de gentil pour elle plus tard dans la vie», ajoute le message.

Selon la psychologue Andrea Bastiani Archibald, citée dans ce message, «la notion de consentement peut paraître très adulte, comme quelque chose qui ne s’applique pas aux enfants».

Mais «les leçons que les filles apprennent petites sur la façon de fixer des limites physiques et d’apprendre à les faire respecter sont des leçons pour la vie, et peuvent avoir une influence sur la façon dont elles se sentent dans leur peau et leur corps en grandissant», ajoute cette psychologue.

«En plus, nous savons malheureusement que certains adultes prennent les enfants pour proie, et enseigner le consentement à votre fille dès l’enfance peut l’aider à comprendre ses droits, savoir quand les limites sont franchies, et quand vous demander de l’aide».

Ce message intervient alors que le scandale autour du producteur américain de cinéma Harvey Weinstein pousse depuis début octobre des milliers de femmes à dénoncer harcèlement et agressions sexuelles venant d’hommes en position de pouvoir, surtout dans le cinéma, la télévision, le journalisme.

Un scandale de pédophilie a par ailleurs ébranlé les Boy Scouts aux États-Unis en 2012, révélant des milliers de cas d’abus entre 1965 et 1985.

Les «Girl Scouts» comptent aujourd’hui quelque 1,8 million de membres, contre 2,8 millions de membres en 2014, et 3,8 millions en 2003.