L’une des victimes des viols collectifs commis à Sherbrooke en 2017 serait victime d’intimidation par des amis de ceux qui ont reconnu l’avoir agressée sexuellement.

Après les viols collectifs, l’intimidation des amis

L’une des victimes des viols collectifs commis à Sherbrooke en 2017 serait victime d’intimidation par des amis de ceux qui ont reconnu l’avoir agressée sexuellement.

Le père de l’adolescente de 15 ans était présent la semaine dernière lorsqu’il a été témoin de gestes où sa fille s’est fait intimider par un groupe d’amis des adolescents qui ont été condamnés à des peines de garde fermée à la fin janvier.

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Des victimes marquées à jamais

« Je peux dire que moi aussi j’ai vécu cette intimidation. Ils étaient trois gars à nous entourer. Tu ne sais pas trop quoi faire quand ils se mettent à te tourner autour », explique le père de la victime.

Ce dernier attendait un repas dans la zone des restaurants du Carrefour de l’Estrie lorsqu’il a vu les trois adolescents se faire un signe de tête à la vue de sa fille.

« Ils se sont mis à lui tourner autour. Je leur ai dit de partir, mais ils sont revenus lorsque nous étions assis. Il y en a même un qui a sorti son téléphone pour nous filmer. Je leur ai répété de partir avant qu’ils nous envoient promener », signale le père de l’adolescente.

Cette dernière a dénoncé ses agresseurs sexuels pour un événement survenu en mai 2017 dans l’est de Sherbrooke.

Le père de cette adolescente avait entendu parler de certains gestes d’intimidation dont sa fille était victime depuis qu’elle a dénoncé les gestes criminels, mais c’était la première fois qu’il en était témoin.

« Ce sont des regards et des sourires pour la narguer. Ils lui tournent autour. Ils lui demandent pourquoi elle a porté plainte. Étant donné que ce ne sont pas les auteurs du crime, ils n’ont pas la condition de ne pas l’approcher à respecter » mentionne le père de famille.

Ce dernier soutient que les autorités scolaires font leur travail dans les murs de l’école.

« Mais ça se passe surtout quand elle sort magasiner ou qu’elle va au centre-ville. Elle n’ose pas trop sortir seule. La page n’est pas tournée tant pour elle que pour nous. Il y a aussi tout le harcèlement sur les médias sociaux qu’elle tente d’éviter. Elle ignore tous ceux qui la contactent qui sont reliés à cette affaire », indique le père de la victime.


« Ils se sont mis à lui tourner autour. Je leur ai dit de partir, mais ils sont revenus lorsque nous étions assis. Il y en a même un qui a sorti son téléphone pour nous filmer. Je leur ai répété de partir avant qu’ils nous envoient promener. »
Le père d’une victime

Quatre adolescents qui ont été impliqués dans le viol collectif commis à Sherbrooke au printemps 2017 ont été condamnés à des peines de garde fermée variant de dix mois à un an. L’adolescente agressée s’était rendue à une fête en mars 2017. C’est là qu’elle a rencontré deux de ses futurs agresseurs.

« Nous ne savions pas qu’elle allait à ce type de soirée. Au début, les gars étaient bien gentils avec elle et la protégeaient. Ils ont repéré ma fille timide et lui ont donné confiance en l’entourant avant d’abuser d’elle et de la brasser », déplore le père de la victime.

Aucun des adolescents n’a pris de mesure pour obtenir son consentement lors de l’agression sexuelle en groupe. L’un des accusés a filmé la scène avec un cellulaire qu’il a diffusée par la suite.

« Ma fille va mieux. Elle a eu la chance de rencontrer un copain qui est très gentil. Je veux cependant qu’elle puisse être protégée de ce harcèlement. Ça n’a pas de sens qu’ils soient encore après elle après tout ce qu’elle a vécu », mentionne le père de l’adolescente.

Appel à la dénonciation

Sans commenter directement ce cas, le Service de police de Sherbrooke invite à dénoncer toute situation de harcèlement vécue par des adolescents.

« Ça permet de documenter un dossier. Une personne ne doit pas hésiter à nous contacter lorsqu’elle ne se sent pas en sécurité ou qu’elle croit être victime de harcèlement », signale le porte-parole du SPS, Martin Carrier.

Du côté du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, qui chapeaute le Centre jeunesse de l’Estrie où sont détenus les quatre agresseurs mineurs, on assure que la garde fermée comporte de nombreuses similitudes avec la détention pour adulte. Les communications de ces adolescents sont encadrées et ils n’ont pas accès aux réseaux sociaux.