Antoine Vermette a gagné la Coupe Stanley en 2015 avec les Blackhawks de Chicago.

Antoine Vermette annonce sa retraite

«Quand j’étais petit, on jouait au hockey dans la rue. Le plus plate, c’était quand la balle ratait le but et se retrouvait à l’autre bout de la rue. Alors moi, je me créais des défis. Je me disais : “Si j’arrête la balle avant qu’elle atteigne la chaîne de trottoir, ça voudra dire que je jouerai un jour un match dans la LNH.” Cette fois-là, je n’ai jamais couru aussi vite! Et quand j’ai intercepté la balle, je me souviens précisément d’avoir eu des frissons.»

Le petit Antoine de Saint-Agapit, dans Lotbinière, y a cru. Cela aura finalement duré 15 ans. Antoine Vermette a joué 1046 matchs dans la Ligue nationale de hockey, 1143 en comptant les séries. Il a récolté 543 points et a gagné une Coupe Stanley. Jeudi, le joueur de centre de 36 ans a confirmé que son dernier match, qui remonte à plus de neuf mois, était bel et bien le point final.

Assez de temps pour accoucher d’une décision aussi importante. Une décision qui pourtant était claire dans sa tête depuis belle lurette. Peut-être aussi longtemps que ça, neuf mois. Juste après son dernier match, le 14 avril dernier, en première ronde des séries de 2018.

«Déjà à la fin de la saison passée, j’avais commencé à dire que ça pourrait être le bon moment pour arrêter», a expliqué Vermette, quand Le Soleil l’a joint à Phoenix. Il a joué avec les Coyotes durant cinq ans, de 2011 à 2016, et vient de s’y réinstaller.

«Je me considère comme privilégié, poursuit-il. Il y a eu la conquête de la Coupe Stanley en 2015 et je sortais d’une saison où j’ai atteint le plateau des 1000 matchs, ce qui était un objectif intéressant à accomplir.

«Mais ce qui est encore plus cher à mes yeux, c’est mon contexte familial. J’ai un enfant qui commençait l’école [en septembre dernier] et on en attendait un troisième pour cet hiver. Alors dès que je suis revenu chez nous et que je défaisais mes boîtes, ma décision était pas mal prise.

«Mon agent m’a demandé d’étirer ma réflexion pour voir s’il y aurait des offres. Mais ç’aurait pris une occasion vraiment exceptionnelle pour que je change d’idée. Et plus le temps avançait, plus je réalisais que j’avais vraiment le goût de passer à autre chose et d’être auprès de mes enfants», affirme celui qui a refusé des propositions d’équipes de la LNH au cours des derniers mois.

Papa de gamins de cinq ans, trois ans et un mois, Vermette veut commencer à «profiter des petits plaisirs de la vie, être plus présent, faire des choses normales. Comme coucher tes enfants le soir et déjeuner avec eux le matin». Ou encore leur apprendre à patiner. «Il faut que je m’y mette!» lance-t-il, presque en s’excusant.

Moments importants

Il repense aux moments importants vécus avec chacun des cinq clubs auxquels il a appartenu. Bien sûr quand il a soulevé la Coupe Stanley, instant magique qu’il s’était imaginé mille fois. Mais aussi ses trois buts gagnants durant ces mêmes séries éliminatoires avec Chicago, dont deux au cours de la finale contre Tampa.

Il se rappelle son 1000e match dans la LNH, mais aussi son tout premier, avec les Sénateurs d’Ottawa. C’était contre le Canadien de Montréal, équipe qu’il admirait depuis sa tendre enfance.

Et son premier but dans la LNH? «J’aimerais te dire que j’ai marqué un super beau but contre Martin Brodeur, mais c’était plutôt Dan Boyle qui était devant le filet du Lightning... un défenseur. J’ai marqué mon premier but dans la LNH dans un filet désert! Mais je ne lui ai pas donné de chance : j’ai shooté haut et fort!» s’esclaffe celui qui en marquera 241 autres.

«Au-delà de tout ça, ce qui me rend le plus fier, c’est que j’imagine qu’un jour mes enfants verront des faits saillants de ma carrière ou on regardera de vieilles parties dans le salon. S’ils me posent des questions, je pourrai vraiment leur dire avec certitude que c’est possible de réaliser leur rêve avec une bonne attitude et une bonne éthique de travail. Ça, pour moi, ça compte plus que tout le reste», résume le gentilhomme, toujours articulé.

Repêché dans la LHJMQ par les Remparts de Québec, Vermette a été échangé après une saison aux Tigres de Victoriaville avec qui il inscrira 57 buts et 119 points à sa dernière campagne junior. Il marquera 34 buts dans la Ligue américaine en 2002-2003, mais dans la LNH ne surpassera jamais ses 27 buts et 65 points de 2009-2010.

Dans la grande ligue, Vermette développera une spécialisation pour les mises en jeu. Outre sa première saison (2003-2004), jamais son taux de réussite ne passera sous 50 % pour une campagne complète, atteignant même un sommet personnel de 62 % à son avant-dernière année (2016-2017).

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ANTOINE VERMETTE DANS LA LNH

  • 24 juin 2000 : repêché par Ottawa
  • 9 octobre 2003 : 1er match, avec Ottawa
  • 4 décembre 2003 : 1er but, avec Ottawa
  • 4 mars 2009 : échangé à Columbus
  • 22 février 2012 : échangé en Arizona
  • 28 février 2015 : échangé à Chicago
  • 15 juin 2015 : gagne la Coupe Stanley avec Chicago
  • 1er juillet 2015 : signe avec Arizona
  • 15 août 2016 : signe avec Anaheim
  • 15 novembre 2017 : 1000e match, avec Anaheim
  • 14 avril 2018 : dernier match, avec Anaheim