Antoine Sylvain-Martineau était accusé au départ de meurtre au premier degré. Après plusieurs séances de négociation, la procureure de la Couronne Me Sarah-Julie Chicoine et l’avocat de défense Me Dominic Bouchard en sont venus à une entente, entérinée par le juge François Huot de la Cour supérieure lundi matin.

Antoine Sylvain-Martineau, coupable de meurtre au second degré

À l’aube de son procès, un jeune homme de Beauport, Antoine Sylvain-Martineau, 24 ans, a plaidé coupable à une accusation réduite de meurtre au second degré d’un collègue de travail, le Gaspésien Jean-Pierre Rioux, 63 ans.

Sylvain-Martineau était accusé au départ de meurtre au premier degré. Après plusieurs séances de négociation, la procureure de la Couronne Me Sarah-Julie Chicoine et l’avocat de défense Me Dominic Bouchard en sont venus à une entente, entérinée par le juge François Huot de la Cour supérieure lundi matin.

En juin 2017, Antoine Sylvain-Martineau et Jean-Pierre Rioux travaillaient à la même quincaillerie de Lotbinière. Rioux vivait une partie de l’année à Nouvelle, en Gaspésie, et durant les mois d’hiver, chez des amis et chez l’oncle d’Antoine Sylvain-Martineau. Les chicanes étaient nombreuses entre le jeune homme et le Gaspésien. « Antoine Sylvain-Martineau trouvait que M. Rioux nuisait à sa réputation et salissait son nom », a indiqué à la Cour la procureure de la Couronne Me Chicoine.

Dans la nuit du 16 au 17 juin, Antoine Sylvain-Martineau va abattre Jean-Pierre Rioux d’un coup de feu à la tête. Il enterre le corps sur une terre à bois à Saint-Apollinaire et se débarrasse de l’arme, du téléphone cellulaire et du véhicule de sa victime.

Durant les jours qui suivent le meurtre, l’état de santé mentale du jeune homme se dégrade. Il ne parvient plus à dormir et fait des crises de panique.

Jean-Pierre Rioux

Des aveux

Le 2 juillet, sa mère est si inquiète qu’elle appelle les services d’urgence. Lorsque les policiers arrivent au logement de la rue Labbé-Beauchemin à Beauport, le jeune homme se tient dans le haut des marches, nu. Il ferme les yeux, se raidit et tombe tête première dans l’escalier.

Antoine Sylvain-Martineau sera conduit à l’hôpital en ambulance, accompagné par les policiers. Spontanément, le jeune homme confie à l’infirmière au triage qu’il a commis un meurtre. Sa place n’est pas à l’hôpital, mais en cellule, ajoute-t-il. Le psychiatre de garde accepte que Sylvain-Martineau parte avec les policiers.

Après ses aveux, le jeune homme conduit les policiers jusqu’à la terre à bois de Saint-Apollinaire. Il leur montrera l’endroit boisé où il a enterré le corps de M. Rioux. Sans la confession d’Antoine Sylvain-Martineau, il aurait été presque impossible de solutionner la disparition du Gaspésien, rapportée le 30 juin par ses proches, a indiqué la poursuite.

L’avocat de défense Me Dominic Bouchard a commandé une expertise psychiatrique sur la responsabilité criminelle de son client. L’expert a conclu qu’aucun problème de santé mentale n’était venu altérer la responsabilité criminelle du jeune homme, qui a déjà été condamné pour des crimes plus mineurs de fraude à l’identité, recel et trafic de stupéfiants.

Une dizaine de proches de l’accusé et autant de membres de la famille de la victime ont assisté au plaidoyer de culpabilité. Ils devront attendre à la fin mai pour entendre les représentations sur la peine. Antoine Sylvain-Martineau est automatiquement condamné à l’emprisonnement à perpétuité. Les parties suggéreront au tribunal la période qu’il devrait passer derrière les barreaux avant de pouvoir faire une demande de libération conditionnelle.