André G. Roy

André G. Roy devient dg de la TÉLUQ par intérim

En pleine tourmente, l’Université TÉLUQ s’est dotée d’un nouveau commandant. André G. Roy a été nommé directeur général par intérim mercredi; une décision saluée par la ministre de l’Enseignement supérieur Hélène David.

Par communiqué, Mme David a remercié M. Roy pour «son engagement envers l’institution». Elle a par la suite souligné l’importance de l’université à distance TÉLUQ dans le paysage universitaire québécois, promettant que son gouvernement «continuera d’appuyer la TÉLUQ dans son rayonnement et dans ses projets de développement».

Mme David a refusé la demande d’entrevue du Soleil, mais son cabinet a spécifié qu’elle allait rencontrer la communauté de la TÉLUQ «dans les prochains jours» pour faire le point sur la situation actuelle. 

Rappelons que la ministre David a pris tout le monde par surprise vendredi soir dernier, en annonçant que le directeur général de l’université, Martin Noël était relevé de ses fonctions en raison de sérieuses «anomalies» constatées dans la gestion de cette université, qui forme 20 000 étudiants chaque année. 

Le contrat que la TÉLUQ a signé avec l’Institut MATCI, qui accompagne des nouveaux arrivants dans leurs études universitaires, serait au cœur de la décision. Une enquête est en cours à ce sujet, mais ses motifs restent nébuleux.

André G. Roy était jusqu’à présent secrétaire général du réseau de l’Université du Québec. Avocat de formation, il compte plusieurs années d’expérience comme cadre au sein de l’Université du Québec. C’est lui qui avait assuré l’intérim lors de la démission de la rectrice de l’Université du Québec à Trois-Rivières, en 2015. «On apprécie la réponse rapide de l’université et le fait que le poste de dg ne soit pas laissé vacant», a commenté Francis Gauthier, président de l’Association étudiante de la TÉLUQ (AÉTÉLUQ). M. Gauthier se dit soulagé de constater que les cours ne soient pas perturbés par cette crise. 

Signe que des étudiants de la TÉLUQ s’inquiètent, Le Soleil a appris qu’une note interne a été distribuée à tous les professeurs, qui donne un mode d’emploi sur la façon de répondre aux questions des étudiants. Selon cette note, les professeurs doivent rassurer les étudiants quant à la qualité de leur formation et répondre à ceux qui songent à changer d’université : «Nous vous encourageons fortement à maintenir votre admission avec notre institution.»

Transparence

Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale ont réclamé mercredi plus de transparence de la part de la ministre David dans ce dossier. Ils ont joint leur voix à celle des tuteurs et des professeurs de la TÉLUQ, qui exigent des explications d’ici la rentrée, en septembre. 

La députée Carole Poirier, du PQ, soutient que la réputation de la TÉLUQ pourrait être entachée. «On ne peut pas mettre en danger la TÉLUQ. Au moins, que la ministre révèle un peu de détails. C’est quand même pas banal, la décision qu’elle a prise.»

«Pour prendre une solution aussi drastique, il faut qu’il y ait des conclusions à une enquête», renchérit le député de la Coalition avenir Québec, Jean-François Roberge. «C’est évident que la ministre ne peut pas entrer en campagne électorale en laissant la maison en désordre comme ça. Elle doit répondre aux questions.»

«Tout cela démontre que Québec solidaire avait bien raison de questionner la ministre David sur les liens entre la TÉLUQ et l’Institut MATCI, une entreprise à but lucratif qui ne détient pas de permis d’enseignement. Mais nous avions aussi demandé à ce que le rapport d’enquête commandée par la ministre soit public. Malheureusement, ce n’est pas le cas», a pour sa part commenté le député de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois.