Annie Lavoie a discuté avec son avocat Me Michel Dussault avant de recevoir sa peine de prison pour une affaire de conduite avec les capacités affaiblies par l’alcool causant des lésions.

Alcool au volant: six mois de prison pour une mère de famille

Annie Lavoie de Coaticook passera les six prochains mois derrière les barreaux pour avoir pris la mauvaise décision de mélanger le volant et l’alcool.

La mère de famille sans antécédent judiciaire a été reconnue coupable, lundi, de conduite avec les capacités affaiblies causant des lésions en novembre 2016.

Lire aussi: Une femme de 38 ans accusée du délit de fuite de Dixville

Le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec a imposé une peine de six mois moins un jour de prison ferme. Annie Lavoie sera aussi privée de son permis de conduire pour la prochaine année.

La femme du secteur Dixville a été reconnue coupable d’avoir frappé un adolescent de 14 ans alors qu’elle circulait sur la route 147 à Dixville, le 18 novembre 2016. L’adolescent se trouvait sur la voie publique parce qu’il tentait d’y récupérer des porcs. Annie Lavoie a alors frappé l’adolescent. Elle ne s’est pas arrêtée sur les lieux de l’accident.

« L’adolescent a subi de nombreuses fractures à la jambe, au crâne et au bassin », a expliqué la procureure aux poursuites criminelles, Me Isabelle Dorion, qui souhaitait l’imposition d’une peine de dissuasion et de dénonciation relativement à la conduite en état d’ébriété.

Annie Lavoie a été arrêtée quelques minutes après l’accident par les policiers de la Sûreté du Québec qui ont réussi à la retrouver après une courte enquête. Elle dégageait une forte odeur d’alcool. Soumise à l’alcootest, elle a enregistré un taux supérieur à la limite permise par la loi.

Le juge Chapdelaine a souligné le courage de la mère de la victime qui a relaté les conséquences de cet accident pour son fils maintenant âgé de 16 ans.

« C’est dur à me replonger dans ce drame qui a failli coûter la vie à mon fils. Les enfants sont ma raison de vivre. La fin du monde venait d’arriver. J’ai paniqué. Mon fils était plogué de partout. Mon cœur de mère a saigné de le voir souffrir et d’être si impuissante. Je l’ai veillé jour et nuit », indique la mère de la victime.

L’adolescent est resté huit jours aux soins intensifs.

« Notre vie a été chamboulée. Nous avons dû reprogrammer notre vie de famille. Les petites choses simples de la vie sont devenues difficiles. Nous avons dû faire des changements dans la maison pour l’accommoder », explique la mère de la victime.

Elle a rappelé que son fils a pris du retard à l’école durant sa réhabilitation.

« Je ne considère pas ça comme un accident. Elle a agi avec insouciance. Cet accident aurait pu être évité si elle n’avait pas pris son volant en état d’ébriété. Mon fils tenait un spot dans ses mains. Il était visible. Comment elle a fait pour ne pas le voir? » soulève la mère de la victime de cet accident.

Elle estime que la conductrice aurait pu s’arrêter si elle ne l’avait pas vu sur la route.

« On ne rentre pas dans deux cochons et un ado sans s’en rendre compte. Elle a mis la vie de mon fils en danger en ne s’arrêtant pas. Elle a choisi de fuir et de ne pas porter assistance parce qu’elle n’était pas en état de conduire. On ne peut savoir comment il sera hypothéqué. Personne ne mérite de voir son enfant souffrir comme j’ai vu le mien souffrir. Elle ne pourra jamais payer assez cher son erreur de jugement ce jour-là », signale la mère de famille.

Des excuses

Annie Lavoie s’est excusée directement à la victime avant de recevoir sa peine.

« J’aimerais que cette histoire ne se soit jamais passée. J’aurais dû arrêter sur les lieux. Je regrette sincèrement. Je ne t’avais pas vu, parce que c’est certain que je serais arrêtée », a mentionné Annie Lavoie avant d’être incarcérée.

« Elle connaissait le jeune. Coaticook est une petite communauté. Elle a été visée par la population », a souligné l’avocat de la défense Me Michel Dussault.

Un interdit de contact entre l’accusée et la victime et sa famille a été ordonné dans le dossier.

Conférence de facilitation

Le juge Chapdelaine a présidé une conférence de facilitation pour que le dossier puisse se dénouer sans la tenue d’un procès.

« Les conséquences sont énormes pour la victime qui va garder des séquelles. Il n’y a pas de peine qui puisse réparer les torts causés. Il s’agit de trouver une peine juste pour les victimes et la société. La peine de six mois moins un jour est raisonnable dans les circonstances », estime le juge Chapdelaine.