Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a annoncé cette aide financière qui s’adresse uniquement aux organismes admis au Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC).
Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a annoncé cette aide financière qui s’adresse uniquement aux organismes admis au Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC).

Aide de 70 millions $: un pas dans la bonne direction pour les organismes communautaires 

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
Les organismes communautaires saluent la nouvelle aide financière d’urgence de 70 millions $ qui leur est octroyée par le gouvernement Legault. Des inquiétudes demeurent toutefois quant à la distribution des fonds et l’existence d’enveloppes supplémentaires.  

Cette aide d’urgence de 70 millions $ vise à combler le manque à gagner en autofinancement des organismes touchés par la COVID-19. La somme vient remplacer l’absence d’argent amassé entre le 13 mars et le 30 septembre. 

«C’est bienvenu et c’était nécessaire. Plusieurs organismes n’avaient même pas de sous pour se payer du désinfectant. Certains allaient se retrouver dans de fâcheuses conditions», indique la directrice de Regroupement des organismes communautaires de la région 03 (Québec, Charlevoix, Portneuf), Karine Verreault.  

Plus tôt dans la journée de jeudi, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a annoncé cette aide financière qui s’adresse uniquement aux organismes admis au Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC). «Le calcul des sommes à accorder a été basé sur une analyse des états financiers 2018-2019 des 152 organismes nationaux et des 3 476 organismes régionaux concernés», explique-t-on dans le communiqué du gouvernement.   

Les établissements de santé et de services sociaux auront la responsabilité de distribuer le montant obtenu parmi les organismes communautaires de leur territoire.  

Bien que ces millions soient bien accueillis, Mme Verreault soulève qu’une aide financière récurrente devient nécessaire, plusieurs organismes étaient déjà en état de précarité avant la COVID-19.  

«Il ne faut clairement pas que ça se limite à ça. Cette aide pallie un enjeu, mais ne règle pas la situation.»  

Les sommes distribuées ne sont pas de nouveaux fonds, seulement ceux qui auraient dû être amassés en temps normal.  

«Nous n’aurons pas d’activité d’autofinancement de sitôt, le problème est beaucoup lié à la capacité de trouver les fonds. Les mesures sanitaires en place ne nous permettent pas de tenir nos activités habituelles, c’est un énorme défi.»  

Essentiels  

Selon Mme Verreault, le gouvernement devra en faire plus. L’aide annoncée empêchera beaucoup de problèmes, mais les organismes en état de précarité avant la COVID-19 le demeureront tandis que plus de services devront être offerts auprès de la clientèle vulnérable.  

«Pendant la pandémie, tout le monde s’attendaient à ce qu’on se mobilise et qu’on s’occupe des personnes vulnérables. Les politiciens ont fait des appels publics. À partir du moment qu’on fait le constat public que la population vulnérable a besoin de nous, c’est l’occasion de reconnaitre qu’on doit avoir le soutien financier en conséquence», exprime la directrice de ROC 03.  

Bonne distribution  

Un sondage auprès d’organismes a été effectué au printemps, afin de connaître les manques de chaque équipe. L’aide gouvernementale octroyée concorde avec les différentes réponses reçues.  

La Coalition des Tables régionales d’organismes communautaires (CTROC) représente plus de 3 000 organismes communautaires œuvrant en santé et services sociaux. Elle salue elle aussi l’aide annoncée jeudi, mais conserve des inquiétudes sur la distribution juste des fonds.   

«Nous souhaitons éviter que les critères de distribution entrainent des iniquités. Toutes les régions du Québec ont été touchées par la crise, à plus ou moins grande intensité […]  Il ne faut pas se cacher que certaines problématiques suscitent davantage de sympathie que d’autres. Le fait d’être installé dans telle municipalité plutôt qu’une autre peut également avoir des impacts sur la hauteur des revenus récoltés», précise Claudelle Cyr, porte-parole de la CTROC.   

Pour la CTROC, plusieurs facteurs doivent être considérés dans le partage des 70 millions $, ils aimeraient connaître ces facteurs et le montant alloué à chaque région.   

Cette aide d’urgence temporaire s’ajoute à celle de 20 M$ accordée en avril dernier aux organismes communautaires considérés prioritaires, ceux qui ont dû effectuer plusieurs dépenses dites extraordinaires en contexte de pandémie.