L’ex-enseignant Richard Bélanger a été acquitté des accusations d’agressions sexuelles sur un mineur qui se seraient produits en juin 2018 à l’école Gabriel Le-Courtois de Sainte-Anne-des-Monts.

Agression sexuelle: un ex-enseignant acquitté

SAINTE-ANNE-DES-MONTS — Richard Bélanger a été acquitté, vendredi au palais de justice de Sainte-Anne-des-Monts, des accusations d’agressions sexuelles sur une personne de moins de 16 ans qui pesaient contre lui. C’est le verdict qu’a rendu le juge Jules Berthelot à l’endroit de l’ex-enseignant de l’école Gabriel-Le Courtois, à Sainte-Annes-des-Monts en Haute-Gaspésie.

Visiblement nerveux, l’accusé a écouté le prononcé du jugement sans broncher. Mais à la sortie de la salle, l’émotion et le soulagement étaient palpables, tant de la part de M. Bélanger que de sa conjointe, de collègues et amis qui n’avaient jamais cessé de le soutenir au cours du long processus judiciaire débuté en juin 2018.

Lors de la lecture de sa décision, le juge Berthelot a soulevé plusieurs contradictions dans les témoignages, tant du côté de l’accusé que du plaignant. «Dans l’analyse de la preuve, le témoignage du défendeur peut être cru sur certains aspects et non cru sur d’autres» , a-t-il fait valoir.

Le jeune plaignant reprochait à Richard Bélanger d’avoir posé sa main entre ses cuisses, d’avoir touché son pénis et d’avoir joué avec le 7 juin 2018. La présumée victime avait aussi témoigné qu’auparavant, le défendeur lui aurait fait des câlins une dizaine de fois et l’aurait entouré de ses bras en lui serrant les fesses entre une et cinq fois.

L’accusé a toujours nié les faits qui lui étaient reprochés. Pour expliquer l’événement du 7 juin, il a raconté avoir eu une perte d’équilibre et être tombé les poings fermés sur les cuisses de l’adolescent. Selon le juge, cela défie les lois de la physique.

Du côté de l’adolescent, le juge a relevé plusieurs trous de mémoire. Il a aussi mis en doute la fiabilité et la crédibilité de certains éléments de son témoignage. «Cela laisse le tribunal songeur» , a-t-il dit. Par conséquent, comme il est impossible d’exclure le doute raisonnable, «le tribunal rejette la dénonciation» .

«J’ai écouté attentivement la décision du juge et, à titre d’officière de justice, on n’a pas d’autre choix que de s’en remettre à sa décision, a convenu la procureure de la Couronne, Me Florence Frappier-Routhier en entrevue avec Le Soleil. Un juge, en cour criminelle, ne doit pas choisir une version plutôt qu’une autre. Ici, c’est vraiment sur le plan du doute raisonnable qu’il y a eu un rejet de l’acte d’accusation. Il est bon de rappeler que l’accusé n’a pas été cru. Mais par contre, sur le plan de la victime, il y avait un doute sur le plan de son témoignage.» 

Agacé par les propos de sa collègue, l’avocat de la défense a nuancé. «Le juge n’a pas retenu certains aspects du témoignage de l’accusé, mais il a dit que sur plusieurs parties de son témoignage, il le croyait, a rectifié Me Yves Desaulniers. Quoi qu’en pense la partie adverse, ça fait partie du jugement. Dans un système où il appartient au poursuivant d’établir la culpabilité hors de tout doute raisonnable, que la présomption d’innocence existe, force est de constater que mon client a le droit de bénéficier de cette présomption-là, que la poursuite n’a pas rencontré son fardeau de preuve et qu’il est acquitté. C’est un énorme soulagement pour M. Bélanger. Avec le verdict rendu, nous espérons qu’il s’agit là d’un chapitre qui se referme.»