Reda Benabed

Agression au couteau en direct sur Facebook: 30 mois de prison pour Reda Benabed

Trois-Rivières — Reda Benabed a été condamné à purger une peine de 30 mois de prison en lien avec l’agression au couteau qui avait été diffusée en direct sur Facebook. En tenant compte de sa détention préventive évaluée à six mois, il devra donc purger une peine de deux ans dans un pénitencier et ensuite se soumettre à une probation de trois ans avec un suivi.

Le juge Simon Ricard a abondé dans le même sens que l’avocat de Benabed, Me Louis R. Lupien qui réclamait une peine semblable, à la différence près qu’elle aurait été purgée dans une prison provinciale, se chiffrant à deux ans moins un jour. L’objectif commun demeure cependant de pouvoir l’encadrer le plus longtemps possible compte tenu de ses problèmes de santé mentale et de toxicomanie.

Rappelons que les événements étaient survenus le 23 juillet dernier au domicile de Benabed. Ce dernier avait invité la victime, Émilien Turcotte, à venir prendre une bière chez lui. La rencontre se déroulait en direct sur Facebook. Pas moins de 500 personnes ont d’ailleurs participé à cette rencontre sur le Net. Si, au début, l’atmosphère était à la fête, comme le démontrent les propos insignifiants des deux individus, le ton a changé lorsque des participants à la discussion ont informé Émilien Turcotte que Benabed était un pédophile, ce qui était nié par ce dernier. Au départ, M. Turcotte était sceptique mais il a fini par dire qu’il allait le battre si c’était le cas.

Puis, l’un des participants a mis la main sur un article de journal prouvant ses dires. Benabed a bel et bien déjà été condamné pour pornographie juvénile et leurre informatique. Du coup, il a quitté la pièce pour ensuite revenir avec un couteau. Il a demandé à Émilien Turcotte de partir pour ensuite le piquer à trois reprises sur la poitrine, et ce, sous le regard abasourdi d’un participant. On voit ensuite la victime montrer ses blessures à l’écran et réclamer des secours. Ce sont les participants qui ont alerté les autorités. Le suspect a par la suite été arrêté.

Émilien Turcotte a de son côté été transporté à l’hôpital mais a rapidement obtenu son congé après avoir reçu des points de suture. Notons d’ailleurs qu’il était présent dans la salle d’audience, mercredi, mais il a refusé de témoigner sur les conséquences. Lors du visionnement de la vidéo, on a pu le voir opiner de la tête et rigoler à quelques reprises.

Cette agression a valu à Reda Benabed des accusations de voies de fait armées, voies de fait causant des lésions corporelles et plusieurs bris de probation. Au stade de son enquête préliminaire, il a décidé de plaider coupable.

La procureure de la Couronne, Me Julie Forget, a réclamé une peine de quatre ans de pénitencier, moins les six mois de préventif, en insistant sur les nombreux antécédents judiciaires du suspect dont plusieurs en matière de violence justement et les peines de prison qu’il a déjà purgées. Elle a aussi parlé des circonstances de l’agression et de l’impulsivité de Benabed qui nécessitent, selon elle, de protéger la société. En ce sens, elle a rappelé que malgré les insultes et menaces qui ont pu être proférées contre lui lors de ce Facebook live, il n’était pas en train de se faire battre.

Or, Me Lupien a pour sa part précisé que la victime n’avait subi que des blessures superficielles et aucun traumatisme. Il a longuement parlé des problèmes de santé mentale de son client. Si, dans ce dossier, il a été déclaré responsable criminellement par un psychiatre, il compte néanmoins de nombreux antécédents psychiatriques en lien avec sa schizophrénie et plusieurs hospitalisations. C’est pourquoi Me Lupien a suggéré deux ans moins un jour de prison, ce qui équivaut à 30 mois avec le préventif, et un encadrement de longue durée.

Son client a lui-même affirmé qu’en raison de sa schizophrénie, il entendait des voix, ce qui était difficile à gérer. Il soutient avoir réalisé aujourd’hui l’importance de prendre sa médication.

Après réflexion, le juge Ricard a effectivement retenu comme facteurs atténuants son état de santé mentale, sa toxicomanie et son plaidoyer de culpabilité. D’un autre côté, il estime que la violence, l’utilisation d’une arme et son passé judiciaire militent en faveur d’une peine de pénitencier et d’une probation avec suivi.