Accro à son cell... un mois plus tard

SHERBROOKE - William Bélisle a réalisé bien des choses en installant l'application Moments et en se donnant le défi de perdre moins de temps sur son téléphone intelligent. Son premier truc est bien simple : avant d'ouvrir ses applications Facebook ou Instagram, il se demandait s'il avait vraiment du temps à perdre à «scroller».

«Je passais 3 à 4 h par jour sur mon cell avant que je le réalise, indique celui qui s'était confié à La Tribune à propos sa cyberdépendance. Maintenant, je passe un maximum d'une heure et demie. J'ai eu une petite rechute depuis que mes cours universitaires sont recommencés.»

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De plus, William Bélisle a relancé son entreprise. «J'ai redémarré ma petite entreprise de peinture et j'ai un autre projet avec mes amis, donc je n'ai pas vraiment de temps à perdre. L'heure et demie de cell, c'est surtout du Messenger, car je suis en recrutement. Avant, c'était Facebook et Instagram au haut de la liste», confie-t-il.

Le jeune entrepreneur de 20 ans s'est trouvé un truc de la vieille école. «Je me suis acheté un petit livre dans lequel je me tiens une liste de choses à faire. J'ai essayé de la rédiger dans l'application Notes de mon téléphone, mais les applications comme Facebook et Instagram sont trop attirantes», explique-t-il, ajoutant qu'il garde ce livre dans son sac ou dans son coton ouaté. Il profite donc de ses temps libres pour ouvrir son petit livre, plutôt que d'ouvrir son écran.

Enlever les sonneries

Marie-Claude Paradis-Vigneault, elle, a aussi fait attention à son temps d'utilisation. À deux reprises, elle a réussi le défi de passer 48 heures sans son appareil. Somme toute, Mme Paradis-Vigneault passe moins de temps sur son cellulaire qu'elle le pensait.

«Je voulais passer 48 heures par semaine sans aller sur les réseaux sociaux, rappelle-t-elle. C'est arrivé deux fois en cinq semaines. Ça m'a fait le même effet qu'au mois de décembre, je deviens un peu hyperactive. Je fais de la popote, je lis, je fais du coloriage. Ce sont des petits symptômes de manque, mais c'est positif, je peux utiliser ce temps de manière plus créative.»

«J'avais installé l'application Moments, mais je l'ai enlevée après quelques semaines pour des raisons éthiques. Je n'étais pas à l'aise d'avoir une application qui enregistre l'utilisation de mon temps sur les réseaux sociaux, continue-t-elle. Ceci étant dit, je l'ai utilisée durant deux semaines et j'ai réalisé que je passais moins de temps que je le pensais sur les différents réseaux sociaux. J'y vais souvent, mais pas longtemps.»

De plus, celle qui travaille comme attachée de presse de la députée Christine Labrie se rend compte qu'elle ne manque pas grand-chose. «Ce que je n'ai pas vu dans les deux derniers jours, je peux le rattraper en dedans de 10 minutes. Je prends conscience que je perds du temps à y aller souvent.»

Quel est son truc pour ne pas consulter son cellulaire? «J'ai enlevé les sonneries pour toutes les applications autres que mes textos. Les journalistes m'écrivent généralement par textos. Comme j'entends moins de sons, je suis moins portée à aller les prendre. Je n'ai pas besoin de savoir dans l'heure près si quelqu'un a commenté ma photo», résume-t-elle.