La Couronne souhaite qu’une peine de six ans de prison soit imposée à Dany Aubry pour avoir abusé sexuellement d’une adolescente.
La Couronne souhaite qu’une peine de six ans de prison soit imposée à Dany Aubry pour avoir abusé sexuellement d’une adolescente.

Abus sexuels: la Couronne réclame une peine de six ans de prison pour l’ex-enseignant Dany Aubry

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — C’est le 24 novembre que le juge Simon Ricard fera connaître la sentence de Dany Aubry, cet ex-enseignant de l’école secondaire Les Seigneuries à Saint-Pierre-les-Becquets, en lien avec des abus sexuels commis sur une mineure en 2005 et 2006.

Dans cette affaire, le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, a réclamé une peine de six ans de prison ferme, en insistant sur les objectifs de dénonciation et de dissuasion. En ce sens, il a relevé dans sa plaidoirie les facteurs aggravants qui doivent être pris en considération, tout particulièrement la position d’autorité de l’accusé par rapport à la victime, l’abus de confiance et la manipulation dont il a fait preuve. La victime était à cette époque une étudiante étrangère en visite au Canada dans le cadre d’un programme d’échange et ne savait même pas parler français.

Lors de son témoignage rendu plus tôt cette semaine, elle avait d’ailleurs utilisé la métaphore de la toile d’araignée pour qualifier le comportement de Dany Aubry envers elle. Elle disait qu’il s’était servi de sa gentillesse pour tisser une toile autour d’elle et ainsi avoir des relations sexuelles complètes avec elle. Il avait alors 42 ans et se disait en amour avec elle. L’étudiante avait pour sa part 16-17 ans et ne partageait pas ses sentiments, mais elle s’était en quelque sorte sentie obligée compte tenu de sa vulnérabilité.

Me Beauchamp-Laliberté a aussi plaidé le fait que Dany Aubry se déresponsabilisait et ne s’appropriait pas ses crimes malgré son plaidoyer de culpabilité, entre autres sur le consentement de la victime. Il qualifie donc le risque de récidive comme étant modéré. Enfin, il a demandé au juge d’imposer à Dany Aubry une ordonnance de dédommagement de 630 $ à la victime afin de rembourser ses frais de transport pour se rendre au Québec. À ce sujet, l’accusé avait lui-même déclaré être prêt à lui payer cette somme.

Notons qu’à cette époque, la peine maximale de prison pour des délits de cette nature était de cinq ans. Elle a ensuite été augmentée à dix ans le 1er novembre 2005. Les infractions empiètent sur ces deux périodes, soit en 2005 et 2006.

Quant à l’avocat de la défense, Me Maurice Biron, il a plutôt suggéré une peine de 18 mois de prison ferme que son client pourrait purger, à sa demande, à l’établissement provincial de Percé spécialisé dans les délinquances sexuelles. Il a aussi réclamé une probation de trois ans visant à l’encadrer à sa sortie de prison.

Il a insisté sur le fait que Dany Aubry a reconnu ses torts dès le début, annonçant son intention de plaider coupable aux contacts sexuels et incitation à des contacts sexuels, et qu’il est prêt à suivre une thérapie. Il a rappelé que son client est un homme sans antécédents judiciaires et que les conséquences de cette affaire ont été lourdes dans sa vie: il a notamment été congédié par son employeur et vit aujourd’hui au seuil de la pauvreté. Enfin, il soutient que le risque de récidive est faible. Une peine de 18 mois serait donc appropriée dans les circonstances, d’autant plus que Dany Aubry n’a pas utilisé d’alcool et de drogue lors de la commission des délits ni fait preuve de violence envers la victime.

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