Des membres et représentants de plusieurs entités syndicales étaient présents, samedi, lors du rassemblement en soutien aux syndiqués de l’ABI.

ABI: 5000 personnes en soutien aux travailleurs

Trois-Rivières — Des milliers de travailleurs et de familles ont parcouru les rues du centre-ville de Trois-Rivières, samedi, afin de démontrer leur solidarité aux travailleurs syndiqués de l’ABI, en lock-out depuis près de 17 mois.

Les marcheurs provenaient de partout: de l’État de New York, Toronto, Sudbury, Abitibi, Côte-Nord, et appartenaient à différentes entités syndicales telles que la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), en plus des membres du syndicat des Métallos.

«C’était important pour moi de démontrer mon soutien aux travailleurs», indique un membre de la FTQ venu de Sherbrooke pour participer à l’événement.

Important soutien du monde syndical

«On a un appui important du monde syndical, c’est une lutte qui touche toute la famille des syndiqués au Québec», affirme le président de la section locale 9700 des Métallos, Clément Masse.

Environ 5 000 personnes ont marché dans les rues de Trois-Rivières, samedi.

L’objectif de cette marche était notamment d’envoyer un message à l’employeur. «On va manifester en faisant du bruit pour faire comprendre à notre employeur et au gouvernement qu’on a du soutien, qu’on ne lâchera pas et qu’on va sortir la tête haute de ce conflit», commente M. Masse.

Des hauts placés du syndicat des Métallos avaient également fait le voyage en soutien aux syndiqués de l’ABI.

«Alcoa continue de démontrer qu’elle est devenue une entreprise irresponsable à l’échelle globale», indique Tom Conway, vice-président international des Métallos. «Nous sommes ici pour nous battre au nom de nos membres pour qu’ils aient la chance d’obtenir un règlement juste et équitable», affirme Ken Neumann, directeur canadien des Métallos.

Legault fortement critiqué

Le premier ministre François Legault a été largement critiqué lors du rassemblement en soutien aux employés syndiqués de l’ABI. De nombreux représentants syndicaux ont en effet accusé le gouvernement de manquer de neutralité dans le dossier du lock-out, faisant référence aux sorties publiques récentes de M. Legault lors desquelles il affirmait que le syndicat des Métallos n’était pas raisonnable. 

Les marcheurs ont parcouru une partie des rues Hart, des Forges et Royale, samedi midi.

«Le premier ministre, on s’attend à ce qu’il soit au-dessus de la mêlée, qu’il prenne tous les leviers en sa possession pour rapprocher les parties», affirme le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux. «Mais non, ce qu’il a fait, c’est rassurer l’employeur dans son intransigeance», dit-il.

Sonia Éthier, présidente de la CSQ, a elle aussi critiqué les positions de M. Legault concernant ce conflit de travail. «On veut lancer un message au premier ministre du Québec pour qu’il cesse de prendre part pour l’employeur», souligne-t-elle. 

«Le premier ministre, qui est responsable du gouvernement et du ministère du Travail, ministère qui donne des outils aux travailleurs et aux employeurs pour négocier, devrait normalement être neutre», explique Clément Masse. 

Le seul représentant de la classe politique à avoir pris la parole lors de l’événement est Alexandre Leduc, député d'Hochelaga-Maisonneuve et porte-parole de Québec solidaire en matière de travail. «Pour gagner un conflit comme celui-là, il faut plusieurs ingrédients: de la résilience, de la résonance sur la scène nationale et l’ingrédient final, c’est aujourd’hui, c’est la solidarité avec la population, la solidarité intersyndicale», affirme M. Leduc. 

Un événement réussi

M. Masse ainsi que les autres représentants syndicaux sur place semblaient satisfaits de l’événement qui a rassemblé des milliers de personnes. «Après 16 mois de conflit, ce n’est pas facile pour les familles», indique M. Masse. «C’est le fun aujourd’hui d’avoir une manifestation où nos familles peuvent participer et sentir la solidarité qu’on a à travers le Québec». 

Questionné à savoir quelles étaient les prochaines étapes à la suite de cette marche de solidarité, Clément Masse a indiqué que le syndicat des Métallos continuerait de faire pression sur l’employeur.

«Au niveau de notre syndicat international, on veut faire une campagne mondiale, aller où l’employeur a des installations et manifester, parler de notre conflit», explique M. Masse.

Le président de la section locale 9700 des Métallos était d’ailleurs en Australie le mois dernier, accompagné de Ken Neumann, afin de discuter du conflit de l’ABI au congrès de l’Australian Workers Union, à Brisbane.