Barack Obama a répondu aux questions de Michael Burns, le PDG de la Princess Margaret Cancer Foundation, sur des sujets aussi variés que son enfance, le racisme et son passage au pouvoir, lors de son passage à Winnipeg, lundi soir.

À Winnipeg, Obama exprime ses craintes des politiques dictées par les passions plutôt que par les faits

WINNIPEG - Barack Obama affirme qu’il y a un danger aux États-Unis et dans le monde que les politiques publiques soient motivées par des passions déconnectées des faits.

«Je pense que le danger qui nous guette parfois maintenant en politique aux États-Unis, et ce que je vois à l’échelle internationale, est que nous sommes motivés par des passions, et (que nous) sommes déconnectés des faits, qu’en fait, nous sommes délibérément isolés des faits, de la raison et de la logique», a déclaré M. Obama à Winnipeg lundi soir.

Il a dit constater un discours se résumant à «nous avons raison et ils ont tort».

L’ancien président s’est adressé à une foule de 13 500 spectateurs réunis à la Place Bell MTS de Winnipeg lors du premier arrêt de sa tournée pancanadienne.

M. Obama a évoqué son arrivée en poste lors de la crise économique mondiale de 2007-2008 et a dit avoir confiance que si le gouvernement prenait des décisions intelligentes - reposant sur les faits, la raison, la logique, les preuves et les données scientifiques - le pays pourrait remonter la pente.

Bien qu’il n’ait jamais mentionné l’actuel président américain Donald Trump, M. Obama a dit craindre la réponse qui serait offerte aujourd’hui dans une situation semblable.

«Si nous vivions une crise aujourd’hui, je crains que, du moins aux États-Unis, nous ne puissions peut-être pas trouver une solution qui a du bon sens.»

Donald Trump a été critiqué pour avoir fait de fausses allégations, notamment sur la taille de la foule lors de son inauguration, sur un déficit commercial avec le Canada et sur la fraude électorale. Plus récemment, l’actuel président américain a suscité un tollé en déclarant une urgence nationale à la frontière américano-mexicaine.

Pendant environ une heure, Barack Obama a répondu aux questions de Michael Burns, le PDG de la Princess Margaret Cancer Foundation, sur des sujets aussi variés que son enfance, le racisme, son passage au pouvoir et ses relations avec l’ancien vice-président Joe Biden. Il a parlé de sa femme, Michelle Obama, et de son livre à succès, ainsi que de ses filles.

«L’une des choses dont Michelle et moi sommes les plus fiers de notre présidence est que nous avons élevé des femmes gentilles, attentionnées et conscientisées.»

M. Obama a déclaré que le fait de parler aux jeunes et de voir le changement qu’ils préconisent lui donnait de l’espoir dans son travail qui suit la présidence. Il a déclaré qu’il espérait relier sa fondation à cette génération pour qu’elle devienne une «université du changement social» au moment où il entame le troisième acte de sa vie.

L’ancien président a également parlé de Justin Trudeau et de l’ancien premier ministre Stephen Harper.

Il a dit qu’il partageait davantage de points de vue politiques avec M. Trudeau, mais qu’il avait travaillé avec succès avec les deux hommes parce que les États-Unis et le Canada sont comme des cousins et que les pays sont liés culturellement et économiquement.

«Les Américains viennent ici quand ils sont trop frustrés», a-t-il déclaré sous des applaudissements nourris.