850 postes de plus dans les écoles du Québec pour aider les élèves vulnérables

D’ici la fin de l’année 2019, les écoles du Québec pourront compter sur 850 personnes de plus pour aider les élèves vulnérables, qu’ils soient en difficulté d’apprentissage ou doués.

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a annoncé mardi l’ajout pour la rentrée de septembre de 650 postes d’enseignants, de professionnels ou d’employés de soutien qui pourront venir en aide aux enfants qui ont un trouble d’opposition, du spectre de l’autisme, un déficit d’attention, de la dyslexie ou toute autre forme de difficulté d’apprentissage.

Ces personnes aideront les jeunes qui sont intégrés dans des classes régulières du primaire et du secondaire, de même que ceux qui fréquentent les centres d’éducation aux adultes. Pour les régions éloignées, le ministre prévoit le déploiement de trois cliniques mobiles de services professionnels, à l’est, à l’ouest et au nord du Québec. 

«C’est fini, les déserts de services. Ce n’est pas parce qu’on est en région, ce n’est pas parce qu’on est dans une petite école avec 80 élèves, 100 élèves dans une seule école que les enseignants seront laissés à eux-mêmes», dit-il. 

À ce nombre s’ajoutent 200 ressources professionnelles qui travailleront dans 150 classes spécialisées. Le ministre est d’avis que certains enfants ne peuvent tout simplement pas poursuivre leur parcours en classe régulière. Il pense par exemple aux autistes non verbaux ou aux jeunes qui présentent des troubles sévères. «C’est terminé, l’intégration à tout prix. On veut l’intégration réussie», dit-il. 

Certaines de ces classes spécialisées pourraient également accueillir des élèves qui dépassent largement les attentes. «Ça peut aussi être des classes spécialisées pour des jeunes qui ont une douance, parce qu’il faut penser à ces jeunes-là, qui, eux aussi, ont des besoins particuliers» et sont à risque de décrocher, ajoute M. Roberge. 

Pénurie de main-d’oeuvre

Même s’il existe une pénurie de main-d’oeuvre et qu’il est parfois difficile de convaincre des orthophonistes et des psychoéducateurs de travailler dans les écoles publiques au lieu de le faire en cabinet privé, le ministre Roberge est confiant que tous les nouveaux postes seront pourvus d’ici la fin de l’automne. «Ce n’est pas tellement une question de salaire dans le réseau privé versus le réseau public. C’est une question de précarité et de devoir travailler dans plusieurs écoles». Selon lui, l’argent qui est sur la table permettra de créer des postes plus alléchants dans le réseau public. 

L’investissement total et récurrent de 70 millions $ par année était déjà prévu au budget présenté en mars. C’est la ventilation de ces sommes qui a été annoncée mardi par le ministre Roberge. 

La Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE) applaudit cet ajout de ressources, mais reste sceptique. «On va vraiment se réjouir quand on va voir que ces ressources-là sont protégées et feront partie du financement de base des écoles», commente la présidente sortante Johanne Pomerleau. 

La FPPE calcule qu’il manque 2000 professionnels par rapport à l’année 2016-2017 dans les différentes écoles du Québec. «Le gouvernement a de très bonnes intentions, mais en envoyant l’argent directement dans les écoles, les planchers de service vont être mouvants et vont confondre toutes les catégories de professionnels», s’inquiète Mme Pomerleau. Elle fait valoir que si une école préconise l’ajout d’un psychologue, alors que certains de ses élèves n’ont pas accès à une orthophoniste, un problème persiste. La FPPE réclame un seuil minimal de 5 professionnels en service direct aux élèves (excluant les orthopédagogues) par 1000 élèves, un seuil qui n’est pas encore atteint. 

L’organisation syndicale s’inquiète aussi de la façon dont seront déployées les cliniques mobiles dans les régions éloignées et espère qu’il s’agit d’une solution temporaire. 

Entre 2015 et 2017, les écoles ont supprimé 370 postes de professionnels dans la foulée de l’atteinte de l’équilibre budgétaire. L’automne dernier, le ministre Roberge avait indiqué au Soleil qu’il fallait que ce yo-yo cesse et que la courbe des professionnels scolaire soit «ascendante tout le long du mandat».