Photo La Tribune, archives, Jessica Garneau

65 cas de plagiat par an démasqués au Cégep

Soixante-cinq cas de plagiat ont été déclarés par les enseignants au Cégep de Sherbrooke en 2018-2019.

Selon la directrice du service des communications et des affaires corporatives au Cégep de Sherbrooke, Marie-Claude Dupoy, c’est « sensiblement le même nombre chaque année ».

Dans le cas survenu en mai dernier, la personne qui a fait la tentative de plagiat sur la page Spotted Cégep de Sherbrooke n’a pas été débusquée, selon l’institution. 

Que fait le cégep devant ce genre de problématique?

Selon Marie-Claude Dupoy, une veille est assurée et l’établissement intervient en cas de situation problématique.

Dans le cas de l’incident en question, les conséquences peuvent aller d’un avertissement à l’avis disciplinaire, de la suspension et ensuite le renvoi en fonction de la gravité des gestes. 

« Pour les situations de plagiat, on applique la politique sur l’évaluation des apprentissages.

« Il arrive qu’on demande à l’administrateur de la page d’enlever certains messages que l’on juge inacceptables. C’est arrivé par le passé; ou bien on lui demande de sensibiliser les utilisateurs de la page. Évidemment, ça peut se faire dans la mesure où il veut collaborer. » 

Le Cégep de Sherbrooke dit partager les préoccupations de ses enseignants.  

« Le département de philosophie a fait des propositions. On n’a pas pris de décision finale », note Mme Dupoy en rappelant qu’un comité étudiera la question. 

« Conformémement à notre mission d’éducation, on va privilégier la sensibilisation. » L’appel au plagiat sur une page Facebook peut laisser croire que le geste est banal, mais ce n’est pas le cas, souligne Marie-Claude Dupoy. 

« Le plagiat peut avoir des conséquences graves. Si un étudiant se fait prendre dans une tentative de plagiat ou à en faire, il aura zéro pour son travail, et s’il récidive c’est zéro pour son cours... Les conséquences sont importantes. Avec la venue d’internet et des médias sociaux, ça complexifie l’identification de la situation de plagiat. » 

Les pouvoirs de l’institution devant une page comme celle de Spotted Cégep de Sherbrooke demeurent limités. « On n’a pas le pouvoir de faire fermer la page. On a fait des tentatives d’intervention auprès de Facebook pour d’autres cas, mais on n’a pas eu de réponse. En fait, Facebook intervient quand vraiment ça enfreint la loi. Un cas de plagiat, ça enfreint les règles du cégep. » 

Pas de solution miracle

Marie-Claude Dupoy note que des discussions ont eu lieu avec d’autres cégeps qui se retrouvent aussi devant la même situation, et qu’il n’existe pas encore de solution miracle. 

« L’important, c’est d’assurer une veille et d’intervenir lorsqu’il y a des publications qui enfreignent nos règles. » 

« C’est assez rare qu’on a des appels au plagiat comme ça. Un cas a précédé celui-là où la personne demandait si telle personne pouvait lire tel livre, mais ça ne semble pas avoir eu beaucoup d’impact. » 

À l’Université de Sherbrooke, on précise qu’il y a plusieurs pages « Spotted », dont bon nombre inactives. En raison du grand nombre de pages, l’UdeS ne peut pas en assurer la veille de façon assidue, explique-t-on. Toutefois, si une mention de l’UdeS est faite, l’équipe des médias sociaux reçoit une alerte dans son outil de veille et fait les suivis nécessaires au besoin. 

Parallèlement, un comité se penche sur l’intégrité académique. L’institution souhaite informer la communauté étudiante sur le plagiat ainsi que les sanctions prévues.