Poly, Jessica et leurs deux garçons, Mateo et Luka, à Phang Nga, en Thaïlande

50 pays en 14 mois et demi pour les «Wonderlusters»

Poly et Jessica avaient commencé à économiser depuis un moment, avec le désir de faire un petit tour du monde à leur retraite. Et puis, à bien y penser, ils ont décidé de partir tout de suite, et même avec leurs deux enfants, parce qu’on ne sait jamais ce que l’avenir peut nous réserver.

C’est en novembre 2017 qu’ils ont changé d’idée un peu sur un coup de tête, ils se sont envolés six mois plus tard pour un tour du monde de 50 pays.

«Je me suis dit : pourquoi pas maintenant? Quand on a la force, quand les enfants sont petits et on peut leur faire l’école à la maison», partage Jessica, en direct de Hong Kong, où le petit clan venait de s’installer pour 10 jours. 

«J’ai eu la même réflexion, continue Poly Goy. J’ai commencé à me blesser dans le début de la trentaine et j’ai vu des amis tomber malade, d’autres qui se sont fracturé des membres. Alors pourquoi pas maintenant, alors qu’on est en pleine forme? J’ai commencé à avoir un peu marre de la routine, alors on s’est dit que c’était le temps ou jamais.»

Le couple a donc devancé son voyage de retraite sur un coup de tête. Il habitait dans la région de Beauport depuis une quinzaine d’années. Poly est né en France de parents nés au Cambodge et Jessica est Mexicaine, puis les enfants sont nés au Québec.

La famille n’a emporté que des bagages de cabine — pour une question de logistique et une bonne manière de gagner du temps aux aéroports —, puis les parents ont préparé le nécessaire pour faire l’école aux enfants. Mateo a neuf ans et Luka en a sept, c’est un âge parfait pour que les parents puissent s’occuper de l’apprentissage scolaire. 

«S’ils avaient été plus petits ou plus grands, ça aurait été plus compliqué. Ils sont dans un bon âge pour avoir de bonnes expériences et se souvenir. De pouvoir vivre ça, je pense que c’est un investissement incroyable. Par exemple, quand on est en Allemagne, on peut visualiser ce qui s’est passé dans la Deuxième Guerre mondiale. Les gens, la culture, les langues... ce sont des choses qui ouvrent les yeux. Voir la richesse des Émirats arabes unis et puis la pauvreté ailleurs, les valeurs sont transformées et ils développent une ouverture», exprime Poly.  

Mateo et Luka en Cappadoce, en Turquie

«Travel hacking»

Consultant en informatique de profession, Poly est passionné de l’organisation de voyage. C’est lui qui s’est occupé de tout et il préférait être plus préparé que pas assez.

«C’est une partie de plaisir pour moi, j’ai l’habitude de planifier. Chaque année, on fait un gros voyage d’environ trois semaines, et j’aimais préparer toutes les activités. Et là, c’est sûr que de le faire pour un tour du monde, ça demande plus», raconte-t-il. 

Au moment de l’entrevue, la famille était installée dans un luxueux hôtel, qui demandait un prix que la famille n’aurait pourtant pas pu se permettre.

«C’est un hôtel qu’on a réservé avec des points, on va y dormir 10 nuits et on va économiser 2000 $». 

Les primes de bienvenue des cartes de crédit sont la clé pour obtenir des voyages gratuits et maîtriser l’art du travel hacking. Poly a une dizaine de cartes qu’il annule après avoir profité de leur avantage. Ce sont des techniques que plusieurs grands voyageurs utilisent pour des vols ou des hôtels à faible coût.

«C’est comme un travail, le profit que tu fais, pour le temps que tu mets, c’est incroyable. J’avais estimé qu’avec tous les points qu’on a, on pourrait se payer trois mois d’hôtel luxueux», ajoute-t-il.

La famille s’offre donc plusieurs séjours de confort, ce qui est bien apprécié lorsque la fatigue de plusieurs vols se fait sentir. 

Et sur les 56 vols qui déplaceront la famille d’un pays à l’autre, Poly en avait déjà réservé 40 le jour du départ, puis les cinq premiers mois d’hôtels étaient décidés. C’est en majorité grâce au travel hacking.

La bonne décision

Le grand retour est prévu pour août 2019, juste avant la rentrée scolaire des garçons. À aucun moment la famille n’a voulu revenir plus tôt.

«Jusqu’à maintenant, on n’a aucun regret. C’est exactement ce qu’on voulait. Le fait d’avoir planifié, on n’a aucun stress, on sait où on dort tous les soirs», termine Poly.

La famille s’appelle les Wonderlusters sur Facebook, Poly raconte aussi plusieurs anecdotes de voyages sur son blogue thewonderlusters.com. D’ailleurs, il y partage aussi des astuces de travel hacking, pour que d’autres puissent s’en inspirer.