Bien que leur érablière soit de petite taille en comparaison avec certains producteurs, Arthur Iltis et Vanessa Leblanc ont une quantité importante de plastique à disposer à la suite du changement du système de tubulure sur leur propriété. Et c’est à Saint-Malachie qu’ils devront se déplacer pour permettre le recyclage de cette matière.

350 km pour recycler de la tubulure de plastique

Lorsque Arthur Iltis et Vanessa Leblanc ont acheté l’érablière Landry plus tôt cette année, ils ont décidé de remplacer entièrement le système de tubulure. Mais au moment de disposer de ces milliers de mètres de tuyau de plastique, ils ont constaté qu’aucun organisme en Estrie ne pouvait en faire le recyclage, ce qui les a poussés à chercher une alternative écologique ailleurs.

La première étape du plan d’affaires du couple, qui vient tout juste de s’installer en région en provenance de Mont-Tremblant, consistait à enlever tout le système de tubulure qui s’étendait sur leur érablière de 2100 entailles. Impressionnés par la quantité de plastique qu’ils avaient entre les mains, ils ont cru bon aller au centre de tri Valoris pour que le tout soit recyclé.

« On croyait que le centre de tri à Bury serait l’endroit idéal pour disposer correctement de tout ce plastique, mais ils nous ont répondu qu’ils ne pouvaient que l’enfouir, raconte M. Iltis, un Canadien d’origine alsacienne. En tant qu’acériculteur, on trouve que la nature nous donne trop de cadeaux pour qu’on la récompense en enfouissant cette masse imposante de plastique. On ne veut pas souffrir du syndrome de l’imposteur; la nature nous fait vivre. »

Selon le site Internet du MAPAC, le remplacement des systèmes de tubulure au Québec représente une quantité annuelle de 2600 tonnes de matériaux, la plupart d’entre eux recyclables.

« On sait qu’il y a beaucoup de producteurs de sirop d’érable dans la région et que bien des érablières ont beaucoup plus d’entailles que la nôtre, renchérit Mme Leblanc. C’est pour cela qu’on a été surpris de voir qu’il n’y avait aucune manière de disposer des tuyaux de manière écologique, particulièrement quand on considère que les tuyaux ont une durée de vie de 20 ans. Bon nombre de producteurs n’ont d’autres choix que de les mettre aux poubelles ou encore de les brûler. »

Une solution lointaine

Face à ce dilemme, le couple a fait des recherches afin de trouver une entreprise qui pourrait valoriser leur masse de plastique ou la recycler convenablement. C’est à ce moment qu’ils ont trouvé Environnek, une entreprise de Saint-Malachie, qui se spécialise dans la récupération d’appareils désuets d’érablières.

« À partir du moment où l’on a décidé d’aller porter nos tuyaux et nos coudes à Environnek, deux choix se sont offerts à nous, explique M. Iltis. Soit on payait quelques centaines de dollars pour leur laisser les tuyaux tels quels, soit on recevait quelques centaines de dollars à condition de séparer tous les coudes des tuyaux. »

« On a choisi la dernière option, mais on n’en sort pas nécessairement enrichis, poursuit-il. On va recevoir près de 500 $ pour le plastique, mais en plus d’avoir à faire un aller-retour de près de 350 kilomètres avec une grosse remorque, on va devoir passer une journée complète avec une dizaine d’amis à trier et à débiter les tuyaux. »

Bien que les jeunes propriétaires de l’érablière soient déterminés à utiliser le procédé le plus écologique, ils se questionnent à savoir si la Fédération des producteurs acéricoles du Québec ou les différents paliers de gouvernement pourraient gagner à mettre en place des systèmes de recyclage de tubulure comme le fait Environnek.

« Les gouvernements parlent souvent de leur volonté de faire plus et d’innover en matière d’environnement, soutient Mme Leblanc. Au nombre de producteurs acéricoles répartis sur l’ensemble du territoire québécois, il faudrait plus de points de dépôt pour les anciens systèmes de tubulure pour éviter d’enfouir des tonnes, littéralement, de plastique. »