Un individu de 29 ans a reçu une sentence de prison de 18 mois concernant une histoire de violence conjugale.
Un individu de 29 ans a reçu une sentence de prison de 18 mois concernant une histoire de violence conjugale.

18 mois de prison pour avoir étranglé deux fois sa conjointe

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — Un individu de 29 ans qui a étranglé sa conjointe à deux reprises prend le chemin de la prison. Lundi, le juge Jacques Trudel a condamné ce récidiviste en matière de violence conjugale à une peine d’emprisonnement de 18 mois. Le verdict prononcé au palais de justice de Shawinigan est le résultat d’une suggestion commune de la poursuite et de la défense.

Lors d’une première attaque, en février 2020, la dame s’est réfugiée dans la chambre de sa résidence de Shawinigan, mais l’individu a défoncé la porte avant de la prendre au cou. Le scénario s’est répété en avril. À la suite d’une dispute, l’homme a donné un coup de tête à sa conjointe et l’a saisie par l’arrière pour l’étrangler. Elle a failli perdre conscience. Lorsque les policiers sont arrivés, l’homme a résisté à son arrestation.

L’individu étouffait chaque fois sa conjointe jusqu’à ce qu’elle lâche son cellulaire, alors qu’elle tentait d’appeler les secours.

La suggestion de sentence émanant notamment de la Couronne a étonné le juge Trudel. L’avocat de la Couronne, Me Louis-Philippe Desjardins, a précisé au juge que la poursuite se satisfaisait de cette suggestion, malgré sa clémence, compte tenu de la «force» de la preuve. La victime se considère toujours comme étant la conjointe de son agresseur.

Les discussions entre la poursuite et la victime ont aussi amené le tribunal à ne pas interdire les contacts entre les deux personnes. L’homme ne doit pas importuner sa conjointe et peut se rendre à son domicile et à son lieu de travail à la demande expresse de cette dernière.

La suggestion de Me Desjardins et Me Audrey Bachand, procureure de l’individu, aborde aussi l’obligation pour ce dernier de suivre une thérapie afin de régler son problème de violence. Ce dernier a été condamné en 2013 à 10 mois de prison pour violence conjugale.

Le juge Trudel a entériné la suggestion, soulignant à l’individu que celle-ci n’est pas sévère. Mais devant la fragilité de la preuve soumise par la Couronne, cette suggestion est appropriée, selon lui.

«Avec vos antécédents de violence, c’est clair que vous avez un problème et ça fait deux fois que ça se manifeste à l’endroit d’une conjointe. C’est inquiétant, même probant, quant au risque de récidive, à moins que vous vous preniez en main avec une bonne thérapie. C’est la dernière occasion de vous prendre en main. La prochaine fois, la peine sera très sévère, surtout en matière de violence conjugale», a déclaré le juge Trudel.

L’individu a dit reconnaître son problème de violence et a manifesté son désir de suivre une thérapie en ce sens à sa sortie de prison.

En tenant compte de sa détention préventive, l’individu devra purger une peine nette de 14,5 mois d’incarcération. Il devra se soumettre à une probation de trois ans et suivre toute thérapie concernant la gestion de la colère et de la violence. Il ne peut posséder d’arme à feu durant 10 ans et devra fournir un échantillon d’ADN.