Actualités

La Commission Chamberland recommande de mieux protéger les sources journalistiques

MONTRÉAL - Les policiers enquêteurs doivent être mieux formés; les rapports entre les policiers et les élus doivent être mieux encadrés et, non seulement les sources, mais aussi le matériel journalistique, doivent être mieux protégés.

Telles sont les grandes conclusions formulées jeudi par la Commission Chamberland sur les sources journalistiques, dans ses quelque 550 pages de rapport et annexes.

La commission formule deux grandes recommandations et une vingtaine d’autres recommandations plus précises.

Protéger les sources

La première recommandation est d’adopter au Québec une loi qui ferait écho à celle qu’a présentée au fédéral le sénateur Claude Carignan et qui a été adoptée en octobre dernier.

Cette loi énoncerait les conditions d’un régime d’immunité, dont le droit du journaliste de se taire et de ne pas répondre aux questions et demandes de documents relatives aux informations qu’il a recueillies.

La protection accordée viserait non seulement les sources du journaliste, mais aussi «tous les documents et renseignements qu’il a pu recueillir dans sa quête d’information».

Lorsque l’identité d’une source confidentielle risquerait d’être dévoilée, un juge devrait, et non pourrait, intervenir.

La future loi prévoirait aussi la mise sous scellés des documents, de même que l’envoi, par les policiers, d’un avis au journaliste visé et au média, avec un délai raisonnable, pour leur permettre de s’opposer à une mesure et faire valoir leur point de vue.

Police-élus

La deuxième grande recommandation vise à mieux encadrer les rapports entre élus et policiers.

Il s’agirait de consacrer dans une loi le principe de l’indépendance de la police dans les enquêtes criminelles et dans ses opérations.

La commission fait le pari que «cette reconnaissance constituerait une assise solide pour permettre au directeur d’un corps de police de refuser de répondre à une demande d’un élu s’il estime que celle-ci constitue une ingérence dans la conduite des enquêtes ou des opérations».

Autres recommandations

Les commissaires recommandent également d’améliorer la supervision de tous les enquêteurs au premier niveau et d’obliger les enquêteurs des affaires internes à compléter une formation dans ce domaine.

Ils suggèrent aussi de limiter les demandes d’autorisations judiciaires visant l’obtention de renseignements nominatifs sur les abonnés et des données de localisation des tours cellulaires aux seuls cas où ces renseignements sont essentiels à l’enquête.

Observations

Par ailleurs, les commissaires affirment également que les juges de paix magistrats n’ont pas mal fait leur travail, contrairement à ce que certains observateurs ont laissé entendre.

«La preuve ne soutient pas l’affirmation que les juges de paix magistrats se contentent d’apposer leur signature sur les demandes qui leur sont présentées, sans procéder aux vérifications appropriées. De fait, certaines demandes visant des journalistes ont été refusées, d’autres amputées de certains éléments», souligne-t-on dans le rapport.

Pour ce qui est des interventions policières, le rapport conclut que la preuve ne permet pas de conclure qu’un élu est intervenu pour demander d’instituer ou d’abandonner une enquête criminelle.

Du même souffle, il souligne que l’appel d’un maire ou d’un ministre fait nécessairement l’objet d’une attention particulière et le souhait exprimé ou la question posée peut rapidement être perçu comme un ordre.

La Commission Chamberland avait été instituée en novembre 2016, après qu’il eut été révélé que plusieurs journalistes avaient fait l’objet de mandats de surveillance dans le cadre d’enquêtes policières pour identifier des sources, notamment par l’obtention de leurs registres téléphoniques, parfois sur plusieurs années.

Éducation

L’éducation sexuelle obligatoire, «un geste important» affirme Proulx

«Faire en sorte» que tous les élèves québécois du primaire et du secondaire suivent obligatoirement des cours d’éducation sexuelle à compter de septembre prochain est «un geste important», a affirmé le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, jeudi matin, à l’ouverture du forum sur les agressions et le harcèlement sexuels.

Jusqu’ici, ces cours étaient facultatifs. Peu d’écoles participent au programme. Les syndicats ont déploré ces deux dernières années qu’elles étaient insuffisamment outillées pour offrir ces cours.

M. Proulx a assuré qu’une formation spécifique sera offerte aux enseignants et aux professionnels du réseau scolaire.

Les élèves recevront entre cinq et 15 heures d’informations par année sur la sexualité, selon leur niveau scolaire.

Des dispenses pourront être accordées, mais il y en aura le moins possible, a dit le ministre. Il a cité le cas d’un enfant qui lui-même aurait été victime d’une agression sexuelle.

Le coût de cette initiative devrait s’élever à quelque 3 millions$ par année.

Lancement

Le premier ministre Philippe Couillard a lancé les travaux du forum en présence de plusieurs autres ministres, dont Hélène David, responsable de l’Enseignement supérieur et de la Condition féminine, mais aussi Dominique Vien, titulaire du Travail, Stéphanie Vallée, de la Justice, Martin Coiteux, de la Sécurité publique, Marie Montpetit, de la Culture et des Communications, et Lucie Charlebois, déléguée à la Santé publique.

Dans son allocution d’ouverture, M. Couillard a annoncé qu’il dévoilerait en fin de journée une série d’actions.

Le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel attend une hausse récurrente de son financement annuel.

Comment redéfinir «nos milieux de travail sans les rendre froids, austères?», a exposé le premier ministre. Comment bien faire comprendre que ce qu’une personne peut trouver drôle ne l’est pas nécessairement pour son interlocutrice ou son interlocuteur? a-t-il demandé.

Cette journée doit permettre à la société québécoise de «trouver les moyens d’aller encore plus loin» dans la lutte contre les agressions et le harcèlement sexuels.

La ministre Dominique Vien a indiqué que la révision à venir de la loi sur les normes du travail obligera toutes les entreprises du Québec à se doter d’une politique pour contrer le harcèlement sexuel et à rendre celle-ci disponible à leurs employés. La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail devra pour sa part améliorer le mécanisme de traitement des plaintes.

Affaires

Les Canadiens toujours plus endettés

OTTAWA - La dette des ménages contractée sur le marché du crédit par rapport au revenu disponible des ménages a augmenté, pour passer de 170,1 pour cent au deuxième trimestre à 171,1 pour cent au troisième trimestre, a indiqué jeudi Statistique Canada.

Autrement dit, explique l’agence fédérale, il y avait 1,71 $ de dette sur le marché du crédit pour chaque dollar de revenu disponible des ménages.

L’effet de levier de l’endettement, mesuré par le ratio de la dette totale aux actifs totaux des ménages, a connu une légère hausse, passant de 16,6 pour cent à 16,8 pour cent à la fin du troisième trimestre, étant donné que la dette a augmenté à un rythme plus rapide (+1,4 pour cent) que la valeur des actifs totaux (+0,1 pour cent).

La valeur nette du secteur des ménages est demeurée stable dans l’ensemble; elle a diminué légèrement de 0,1 pour cent par rapport au trimestre précédent pour s’établir à 10 614,7 milliards $ au troisième trimestre.

La valeur des biens immobiliers résidentiels des ménages a diminué de 3 milliards $ au troisième trimestre en raison d’une baisse des prix de revente des maisons. La valeur des actifs financiers des ménages a connu une légère hausse de 0,1 pour cent.

Affaires

Disney achète une partie de 21st Century Fox pour 52,4 milliards$US

NEW YORK - Disney va racheter une grande partie des actifs de 21st Century Fox, le groupe de médias fondé par Rupert Murdoch, pour 52,4 milliards de dollars, ce qui devrait bouleverser le paysage des médias, d’Hollywood à la Silicon Valley.

L’entreprise a annoncé jeudi qu’elle allait notamment mettre la main sur les studios de cinéma 20Th Century Fox et les regrouper avec ses propres studios.

Ces deux maisons ont produit récemment le «Crime de l’Orient-Express», «Kingsman: le Cercle d’or», «Logan», «La Planète des Singes» ou encore «Hidden Figures» (Fox), «Pirates des Caraïbes», «La Belle et la Bête», «Cars 3» et «Stars Wars: Les Derniers Jedi» (Disney), dont la sortie est prévue ce vendredi. La plupart de ces films ont été ou devraient être de gros succès en salles à travers le monde.

Dans la télévision, outre ses propres chaînes ABC et le bouquet de chaînes sportives ESPN, Disney détiendra désormais les chaînes FX et National Geographic et va se renforcer à l’international en devenant propriétaire des chaînes indiennes Star ainsi que des 39% détenus par la Fox dans l’opérateur de télévision européen Sky, présent au Royaume-Uni, en Irlande, Allemagne, Autriche et Italie.

Concurrencer Netflix et Amazon

Ces actifs entrent dans la stratégie de Bob Iger, le PDG de Disney, de transformer le groupe en un géant des médias et du divertissement pouvant concurrencer Netflix, Amazon, Facebook ou encore Apple, dont les poches sont pleines et les ambitions ont profondément bouleversé le divertissement aux États-Unis.

Selon la société d’investissement Raymond James, 31% des Américains estiment que les services de streaming (Amazon, Video, Hulu...) constituent leur première source de contenus vidéo.

La plateforme vidéo YouTube, détenue par Google, accélère pour sa part dans la production de contenus originaux tandis qu’Apple a, selon la presse, déjà prévu un milliard de dollars pour la création de programmes.

L’opération «renforce The Walt Disney Company dans les contenus et le divertissement», a d’ailleurs souligné le groupe, qui prévoit de lancer prochainement son propre service de «streaming» afin de nouer des relations directes avec les consommateurs.

«Nous envisageons de créer des contenus de très bonne qualité pour les consommateurs à l’échelle planétaire», insiste Bob Iger, dont le mandat a été prolongé jusqu’en 2021 malgré des rumeurs annonçant l’arrivée de James Murdoch, fils de Rupert, dans l’équipe dirigeante pour prendre sa succession.

M. Iger espère également relancer l’offre de Disney dans la télévision au moment où les consommateurs américains délaissent la télévision par câble et satellite, très chère aux États-Unis.

La transaction marque également un tournant important dans l’empire des médias bâti par Rupert Murdoch.

Quid des régulateurs ?

Le milliardaire, qui a cédé une grande partie des commandes de son empire à ses deux fils, James et Lachlan, ne conservera plus que la grande chaîne hertzienne américaine Fox, proche de Donald Trump, les stations locales, les chaînes d’informations et des chaînes sportives comme Fox Sports. Ces actifs vont être regroupés dans une nouvelle entité cotée séparément en Bourse.

Il aura aussi toujours le contrôle de ses journaux (Le Wall Street Journal et le New York Post aux États-Unis, le Sun, le Times et le Sunday Times entre autres au Royaume-Uni) qui composent la société indépendante News Corp.

Les termes financiers de l’accord signé avec Disney prévoient que les actionnaires de 21st Century Fox détiendraient 25% du nouveau Disney, qui va récupérer 13,7 milliards de dollars de dette de la Fox.

Pour autant, il reste encore à obtenir le feu vert des autorités de la concurrence américaine, une étape qui s’annonce ardue, car la plupart des médias américains vont être détenus par une poignée de grands groupes: Comcast (NBCUniversal), Disney-Fox, Viacom, Sony Pictures et Lions Gate.

«Nous nous attendons à un examen minutieux de la part des régulateurs à travers le monde, mais espérons qu’ils privilégieront les avantages pour les consommateurs», espère Bob Iger.

Le ministère américain de la Justice a indiqué récemment son intention de bloquer le rachat pour 84,5 milliards de dollars de Time Warner (Studios de cinéma Warner Bros, le bouquet de chaînes à péage HBO...) par l’opérateur télécoms AT&T à moins que ce dernier ne se sépare d’actifs comme la chaîne d’informations CNN, une des cibles du président Donald Trump.

+

Santé

Le pot a-t-il des bienfaits thérapeutiques?

VANCOUVER — Les preuves scientifiques qui étayent les bienfaits présumés de la marijuana thérapeutique sont minces, et les preuves qui existent permettent même de penser qu’elle pourrait faire plus de tort que de bien, préviennent des associations médicales canadiennes.

Trois avis préparés par le Collège des médecins de l’Alberta ont été distribués à plus de 32 000 médecins pour leur offrir un compte rendu de la littérature médicale qui existe — ou qui n’existe pas — au sujet de la marijuana thérapeutique.

«Un élément très constant concernait les effets secondaires indésirables, a expliqué le docteur Mike Allan, qui enseigne la médecine familiale à l’Université de l’Alberta à Edmonton. Et les bienfaits, même s’ils existent, sont tellement plus faibles que ce que les gens croient.»

Le docteur Allan coordonne le bulletin bimensuel de l’organisation médicale albertaine, qui se concentre sur des questions précises et qui est distribué à travers le pays, sauf au Québec et à Terre-Neuve-et-Labrador.

Les trois derniers bulletins ont tenté de répondre aux médecins qui voulaient en savoir plus au sujet de la recherche effectuée sur la marijuana médicinale. Les omnipraticiens sont bombardés de questions par leurs patients et le Collège voulait s’assurer que ses membres disposaient de l’information nécessaire pour prendre les bonnes décisions, a exposé le docteur Allan.

«Je pense que ça rassure un peu les médecins, a-t-il dit. Ils peuvent dire, “Voici les preuves. On en manque en plusieurs endroits, donc je ne peux pas la prescrire pour des problèmes X, Y ou Z”.»

Il estime que la marijuana médicinale est un produit très risqué qui ne devrait être utilisé que lorsque les autres options de traitement, plus sûres, ont été épuisées.

Trois fois plus de patients

Les données de Santé Canada révèlent que le nombre de clients inscrits auprès de fournisseurs accrédités de marijuana médicinale a bondi à plus de 200 000 en juin 2017, soit environ 2,7 fois plus de patients qu’au même moment un an plus tôt. Les inscriptions ont plus que triplé de 2015 à 2016.

«La décision d’utiliser le cannabis à des fins médicales doit être prise par les patients et les professionnels de la santé, et ne concerne pas Santé Canada», a dit par courriel la porte-parole de l’agence, Tammy Jarbeau.

Justice et faits divers

Un avion transportant 25 personnes s’écrase en Saskatchewan

FOND DU LAC — La Gendarmerie royale du Canada (GRC) affirme que les 25 personnes qui se trouvaient à bord d’un avion qui s’est écrasé dans le nord de la Saskatchewan mercredi soir ont été évacuées du site de l’écrasement en toute sécurité.

L’accident n’a fait aucun mort.

«Il n’y a pas eu d’explosion ou d’incendie, a déclaré la police par voie de communiqué. Des personnes ont subi des blessures — certaines assez graves au point de nécessiter des services d’ambulance aérienne qui sont actuellement en route.»

La police a affirmé que l’avion s’était écrasé peu après le décollage, aux alentours de 18h15, à l’aéroport Fond-du-Lac.

La GRC a indiqué que l’appareil avait chuté à environ un kilomètre de la piste d’atterrissage.

Des premiers répondants sont venus au secours des 22 passagers et des trois membres d’équipage. L’un des passagers est un bébé.

Rick Philipenko, un porte-parole de West Wind Aviation, une entreprise de Saskatoon, a confirmé que c’était l’un des avions de la compagnie qui s’est écrasé, un ATR 42 à turbopropulseurs.

L’avion était en route vers Stony Rapids sur un vol régulier quand il s’est écrasé.

«Notre principale préoccupation en ce moment est de veiller à ce que les passagers et l’équipage soient pris en charge», a-t-il déclaré.

Une photo du site de l’écrasement publiée sur les réseaux sociaux montre l’avion endommagé assis sur un côté au milieu d’arbres. Une de ses ailes se dresse en l’air à un angle de 45 degrés alors que des gens fouillent l’avion.

L’Aviation royale canadienne affirme avoir dépêché un avion de transport Hercules et un hélicoptère sur les lieux.

Le Bureau de la sécurité des transports a indiqué qu’une équipe d’enquêteurs arriverait jeudi à Fond-du-Lac.

Fond-du-Lac est une localité isolée, où résident principalement des membres de la nation dénée, sur la rive est du lac Athabasca.

Éducation

Des cours d'éducation sexuelle obligatoires pour tous les élèves dès septembre

Tous les élèves québécois du primaire et du secondaire devront obligatoirement suivre des cours d’éducation sexuelle à compter de septembre prochain, selon ce qu’a appris La Presse canadienne mercredi.

L’information a été confirmée par le premier ministre Philippe Couillard, au cours d’un entretien exclusif avec l’agence à ses bureaux de Québec, en présence de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Condition féminine, Hélène David.

Au cours des deux dernières années, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a bien tenté, sur la pointe des pieds, d’implanter graduellement, sur une base volontaire, l’éducation sexuelle à l’école, mais sans grand succès.

La grande majorité des écoles n’a pas suivi, tandis que les syndicats d’enseignants ont dénoncé sur tous les tons le manque de formation et l’approche retenue par Québec.

Mais voilà que le gouvernement Couillard décide de ne plus tergiverser dans ce dossier : dès septembre, toutes les commissions scolaires, toutes les écoles, devront offrir des cours d’éducation sexuelle, et ce, de la première année du primaire à la cinquième secondaire.

Aucune exemption

Au total, environ un million de jeunes auront donc accès, dès la prochaine rentrée scolaire, à de l’information, modulée selon leur âge, sur la sexualité, l’anatomie, l’image corporelle, les rôles sociaux, les agressions sexuelles, la vie affective et amoureuse, les relations sexuelles, les stéréotypes, les maladies transmises sexuellement, etc. Aucun jeune ne sera exempté.

«J’ai l’impression que la vaste majorité des Québécois souhaite ça», a commenté le premier ministre, convaincu qu’au Québec «on est rendus là, clairement».

Il ne s’agira pas d’un «cours» comme tel, mais plutôt «d’activités insérées dans le parcours de l’enfant», a-t-il précisé, à l’intérieur de ses cours de français ou de mathématiques, par exemple, conformément à la formule déjà testée depuis deux ans.

Québec a décidé de foncer, même si le premier ministre est bien conscient qu’il s’agit encore en 2017 d’un sujet délicat, controversé, qui «provoque certaines tensions sociales». 

Actualités

Le caucus du NPD à Saguenay en janvier

Les 44 députés du Nouveau Parti démocratique (NPD) et son chef Jagmeet Singh débarqueront à Saguenay en janvier. Toute l’équipe est attendue pour la retraite du caucus, dans la semaine du 22 janvier.

La députée de Jonquière, Karine Trudel, a annoncé la nouvelle au Quotidien, en début de soirée mercredi, quelques heures après avoir reçu la confirmation de son chef. C’est d’ailleurs elle qui a proposé à ce que la retraite du caucus ait lieu à Saguenay. Ce rassemblement sert à préparer la nouvelle session parlementaire prévue le 29 janvier.

L’endroit et les dates exacts restent à déterminer, mais le rassemblement, d’une durée de trois jours, aura lieu quelque part entre le 22 et le 27 janvier, sur le territoire de Saguenay. Une retraite de caucus a lieu avant chaque début de session parlementaire.

En entrevue téléphonique, Karine Trudel a expliqué sa volonté d’amener ses collègues à Saguenay en raison de la grande place qu’occupe la région dans les discussions à la Chambre des communes. Elle a cité en exemple les enjeux reliés à la forêt, à l’agriculture et à l’aluminium.

« On prévoit faire beaucoup de rencontres stratégiques et, depuis que je suis députée, pratiquement tout ce qu’on débat concerne la région, a-t-elle fait valoir. C’est là qu’on détermine nos enjeux pour la prochaine année. Il va peut-être y avoir des remaniements de portefeuille et ça va nous permettre de déterminer vers où on s’en va en vue de la campagne électorale de 2019. »

Il s’agira du deuxième passage de Jagmeet Singh dans la région, depuis qu’il a été élu chef du NPD en octobre. Moins de 10 jours après avoir obtenu le vote de confiance des membres du parti, il était de passage dans la circonscription de Lac-Saint-Jean à l’occasion de l’élection partielle. Il était venu soutenir Gisèle Dallaire, candidate du NPD. Le siège a finalement été gagné par Richard Hébert, du Parti libéral du Canada.

« Je me suis fait parler de son passage pendant très longtemps et mes collègues ont été impressionnés par l’accueil qu’on lui avait préparé, a admis Karine Trudel. Il a pu en apprendre sur toute cette richesse qu’on a dans la région. Il va maintenant pouvoir prendre plus son temps, tout comme mes autres collègues qui vont en apprendre davantage sur nos enjeux. Pour moi, c’est une grande fierté. »

Fin de session

La journée de mercredi marquait la fin de la session aux Communes. Karine Trudel est de retour dans son comté et elle prévoit participer à différentes activités d’ici Noël. Par exemple, elle va distribuer des paniers de Noël en compagnie des Chevaliers de Colomb de Jonquière et Kénogami, le 23 décembre. Mme Trudel va aussi servir des repas de Noël à la Soupière d’Arvida, division Kénogami, l’une de ses premières activités lorsqu’elle a été élue en 2015. Par la suite, elle s’offrira deux semaines de vacances avec ses proches.

Santé

La pilule abortive disponible dès le 15 décembre

Un choix supplémentaire s’offre aux Québécoises qui souhaitent interrompre une grossesse. La pilule abortive sera disponible en pharmacie à partir du 15 décembre, mais les patientes devront voir un médecin et subir une échographie avant d’y avoir accès.

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette a expliqué à l’Assemblée nationale mercredi les conditions entourant la mise en marché au Québec de la pilule abortive Mifegymiso, approuvée par Santé Canada depuis 2015. Cette pilule pourra être prise seulement au cours des 63 premiers jours de grossesse, ce qui équivaut à 9 semaines. Après ce délai, les patientes devront avoir recours à un avortement chirurgical.

«Je tiens à insister sur un fait: ce n’est pas la pilule du lendemain», a soutenu le ministre Barrette. Elle n’agit pas de façon préventive, mais plutôt après un test de grossesse concluant. 

Le ministre de la Santé a souhaité trouver une formule pour rendre ce nouveau médicament le plus accessible possible auprès des patientes, tout en conservant un certain contrôle pour assurer leur sécurité.

Les médecins qui travaillent en cabinet devront par exemple suivre une courte formation en ligne avant de pouvoir la prescrire. Ils devront également s’assurer, lors de la consultation, que leur patiente a pris une décision libre et éclairée sur le sujet et ne subit pas «de pressions externes».

La patiente sera ensuite dirigée en salle d’échographie, afin de bien dater la grossesse et vérifier qu’il ne s’agit pas d’une grossesse extra-utérine. Dans ce cas, la pilule abortive ne pourrait pas être prescrite, car elle représenterait des risques d’hémorragie. «L’échographie, ce n’est pas un caprice. C’est vraiment, vraiment de la prévention de complications sévères», a expliqué M. Barrette. 

Une fois son médicament en main, la patiente le prend à la maison, mais elle devra retourner voir du personnel médical pour un suivi après 7 à 14 jours. M. Barrette raconte que des débats ont eu lieu chez les médecins ces derniers mois, à savoir si la pilule devait être avalée devant un témoin. Le ministre explique qu’il a été convenu de faire confiance à «l’autonomie» et au «sens des responsabilités» des femmes. 

Sur le plan physique, une interruption précoce de grossesse, à moins de 9 semaines, «équivaut à une menstruation à un autre moment», explique M. Barrette. Il n’est donc pas nécessaire que la patiente soit à l’hôpital. 

Le Collège des médecins et l’Ordre des pharmaciens ont travaillé de pair pour présenter un consensus sur la question au ministre Barrette. Ils ont d’ailleurs publié les directives cliniques destinées à leurs membres mercredi. 

Le gouvernement avait déjà annoncé en juillet dernier que la pilule abortive serait disponible cet automne au Québec et que le coût de celle-ci serait entièrement couvert par l’assurance-maladie, tout comme le sont les avortements chirurgicaux à l’heure actuelle.

***

QU'EST-CE QUE LA PILULE ABORTIVE?

Combinaison de mifépristone, qui empêche la production d’hormones essentielles à la grossesse, et de misoprostol, qui provoque la contraction de l’utérus et l’expulsion du placenta et du foetus. La pilule abortive, mise en marché sous le nom Mifegymiso, est accessible en Europe depuis plusieurs années et fait partie de la liste des médicaments essentiels de l’Organisation mondiale de la santé. Dans un rapport de février dernier, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) du Québec concluait que l’introduction du produit «n’a pas fait augmenter de manière notable le taux global d’interruptions volontaires de grossesse» dans les régions de la planète où les avortements chirurgicaux étaient déjà disponibles.

Rouge et Or

Amoah demeure dans le top 20

Contrairement à Tyrone Pierre, Christopher Amoah a conservé sa place parmi les 20 meilleurs espoirs en vue du repêchage de la Ligue canadienne de football (LCF), se plaçant au 19e échelon.

Il s’agit d’une chute de huit positions pour le dynamique porteur de ballon du Rouge et Or par rapport à la première liste du Bureau de recrutement amateur de la LCF, publiée en août, au début de la dernière saison. Amoah a pourtant été le meilleur porteur de ballon de l’Université Laval en 2017 avec une récolte de 49,7 verges par match. Il a toutefois été ralenti par des blessures en fin de parcours, ratant un match en saison régulière et trois pendant les séries éliminatoires. «Je l’ai déjà dit et je le répète, je performe mieux quand on me sous-estime», a réagi Amoah sur Twitter, mercredi avant-midi.

Du côté de Tyrone Pierre, la chute est plutôt brutale. Dans la première liste, il était classé au septième rang. Mais l’athlétique receveur de passes a connu une saison en deçà des attentes. Il n’a capté que 13 passes pour 122  verges en 2017, ne réussissant aucun touché. Il est désormais absent du top 20.

Un seul autre athlète de la division RSEQ apparaît dans le classement publié mercredi, le receveur de passes des Carabins de Montréal Régis Cibasu, qui pointe au huitième rang. Les joueurs de ligne offensive dominent le classement, occupant la moitié des places, dont les quatre premières. Le meilleur espoir demeure David Knevel, un bloqueur de l’Université du Nebraska. Quatorze des 20 hommes jouent au Canada et les six autres — dont les cinq premiers de la liste — dans des universités américaines.