Le monument funéraire de l'homme d’affaires Nicolas Sparks (1794-1862)
Le monument funéraire de l'homme d’affaires Nicolas Sparks (1794-1862)

Le dernier repos du premier maire d’Ottawa

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
« Si on était à Washington, que pensez-vous qu’il y aurait près du monument funéraire du premier maire de la capitale américaine ? Il y aurait des plaques, des explications, et probablement beaucoup de drapeaux américains. Ici, au pied de la tombe de John Scott (1822-1857), tout premier maire d’Ottawa, il n’y a absolument rien, même qu’on laisse l’endroit se détériorer. »

Le président de la Société d’histoire de l’Outaouais, Michel Prévost s’offusque du peu d’importance qui est accordé à la mise en valeur de l’histoire et du patrimoine dans la région.

Le cimetière St-James dont on souligne cette année le bicentenaire en est un autre exemple, selon lui.

Plusieurs personnalités publiques importantes du XIXe siècle sont d’ailleurs inhumées au cimetière St-James dans la plus totale indifférence.

Non loin du monument funéraire du premier maire d’Ottawa se trouve celui du riche homme d’affaires Nicolas Sparks (1794-1862). Ce dernier détenait la majeure partie des terres qui forment aujourd’hui le centre-ville de la capitale fédérale. « Il a surtout été chanceux, note M. Prévost. Disons que la désignation d’Ottawa comme capitale nationale par la reine Victoria a été très profitable pour lui. »

On trouve aussi le monument funéraire de Robert Bell (1821-1873) qui a fondé le plus ancien quotidien de la capitale fédérale, le Ottawa Citizen, en 1845.

L’un des plus grands industriels d’Ottawa, Lyman Perkins (1800-1873) est aussi inhumé au cimetière St-James. Perkins avait des forges à Ottawa, ainsi que l’ancien moulin situé du côté ontarien des chutes de la Chaudière qui abrite aujourd’hui la brasserie Mill Street.

Le monument funéraire de David Moore (1826-1886).

Le monument funéraire qui vaut probablement le plus cher au cimetière St-James est celui de David Moore (1826-1886), note M. Prévost. Son ampleur et les sculptures qui l’embellissent en font une œuvre d’art, dit-il.

Ayant fait fortune dans l’industrie du bois, il a fait construire vers 1860 le bâtiment de pierre qui accueille aujourd’hui le Conservatoire de musique de Gatineau, sur le boulevard Alexandre-Taché.

L’endroit a aussi été utilisé par les religieuses comme orphelinat en 1927 et 1972.