La municipalité de Pontiac a été durement touchée par les inondations du printemps.

Le décret arrive «trop tard»

La réalité des municipalités rurales est bien différente de celle des secteurs urbains comme Gatineau, dans la foulée des inondations qui ont secoué l'Outaouais, au printemps dernier.
Le directeur général de la municipalité de Pontiac, Benedikt Kuhn, explique que 10% des maisons de son territoire ont été inondées, alors que Gatineau a vu, proportionnellement, moins de propriétés touchées par la crue historique des eaux. «Nous avons les moyens financiers d'un petit village, et l'aide se fait toujours attendre.»
Selon l'administration pontissoise, le décret du gouvernement du Québec visant à aider les sinistrés arrive bien trop tard. «L'hiver va arriver assez vite et on est encore dans le mystère à plusieurs égards», selon le directeur de Pontiac.
Plusieurs riverains veulent surélever leur propriété, pour éviter d'autres inondations majeures.
«Mais ce n'est pas si simple, dit M. Kuhn. Si la propriété est plus élevée, mais que le chemin privé ou le terrain ne l'est pas, on se retrouve dans la même situation. En cas d'inondation, le bâtiment est inatteignable. Les paramédics ne peuvent venir en aide facilement à un blessé, les pompiers ne peuvent combattre un incendie en bateau, et les policiers ne peuvent intervenir efficacement en cas de crime en développement sur une propriété ou un citoyen.»
Il y a aussi loin de la coupe aux lèvres pour ceux qui songent à surélever des terrains entiers. «Dans les zones inondables "0-20 ans", on n'a pas le droit de remblayer. Ça va devenir compliqué.»
«Cela pose un autre problème, dit M. Kuhn. Si des propriétaires sont expropriés, cela fait moins de gens pour payer l'entretien des chemins privés. Ceux qui restent vont faire comment ?»
Ces chemins privés, entretenus par les propriétaires et non les Villes, sont nombreux dans les zones rurales.
Le décret provincial sur l'indemnisation des sinistrés «éclaircit certaines choses», bien qu'il arrive trop tard, répète le directeur de Pontiac.
«Les gens attendent toujours dans des chambres d'hôtel, que ce soit ici ou ailleurs.»
Les définitions de «modernisation», de «rénovation» et de «reconstruction» ne sont pas assez développées dans le décret provincial, selon l'administration municipale.