La politique, intitulée «Ensemble, pour éviter la rue et en sortir», prévoit notamment la construction de 500 unités de logement, comme l'avait annoncé le 20 février le ministre des Finances, Nicolas Marceau, lors du dépôt de son budget 2014-2015.

Le CRIO donne un D à l'Outaouais

Le problème de l'itinérance est encore très présent en Outaouais.
Le Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais (CRIO) a présenté, hier, son bilan annuel et il a donné la note D à la région, pour sa performance en matière de lutte à l'itinérance.
Selon le coordonnateur du CRIO, Alexandre Ranger, la diminution de 8% du nombre de places en hébergement d'urgence, dans la région, a contribué à aggraver le problème.
Ainsi, en 2013, 940 personnes ont séjourné dans un centre d'hébergement d'urgence et 102495 repas ont été servis dans les différents services d'aide alimentaire. La hausse du nombre de femmes, avec ou sans enfant, ayant besoin d'hébergement d'urgence est particulièrement inquiétante, selon Meghan Lewis, intervenante-animatrice au Centre de femmes l'Antre-Hulloise.
À son avis, la situation des femmes est souvent différente de celle des hommes parce que l'itinérance des femmes est moins visible. Le manque de logements sociaux pousse les plus vulnérables d'entre elles à faire n'importe quoi pour se loger quelque part. Dans certains cas, elles sont hébergées gratuitement par des hommes qui les maltraitent ou les exploitent. Ainsi, une dame à qui on a donné le nom fictif de Katia pour protéger son identité a reçu l'aide de l'Antre-Hulloise, après avoir vécu chez un homme qui l'hébergeait gratuitement, mais qui la forçait à poser des actes sexuels dégradants.
Le manque de places dans les centres d'hébergement pousse aussi certains itinérants à camper, comme le font certaines personnes qui passent l'été dans des tentes installées sur le bord du ruisseau de la Brasserie, dans le secteur Hull.
Le CRIO dénonce aussi le profilage social dont seraient victimes plusieurs itinérants qui circulent dans le centre-ville. Comme il l'avait fait en janvier dernier, le coordonnateur de l'Association de défense des droits sociaux (ADDS), David Clément, a déclaré que les policiers de Gatineau exercent un profilage systématique envers les personnes les plus vulnérables en surveillant leurs allées et venues et en leur donnant des contraventions pour des infractions mineures, pour lesquelles les citoyens ordinaires ne sont jamais interceptés.
Le CRIO craint aussi les effets de la réduction de 65000$ du budget accordé aux organismes communautaires de la région par un programme fédéral de lutte à l'itinérance. Ses responsables espèrent que la politique de lutte à l'itinérance adoptée par le gouvernement du Québec, l'an dernier, aura des effets tangibles cette année.
Ctheriault@ledroit.com