Justine Boudreau et Simon Tremblay de l’Université d’Ottawa ont présenté samedi un véhicule électrique qu’ils ont construit en vue du Défi Shell Eco-marathon qui devait être présenté le 1er avril en Californie, mais qui a été annulé.
Justine Boudreau et Simon Tremblay de l’Université d’Ottawa ont présenté samedi un véhicule électrique qu’ils ont construit en vue du Défi Shell Eco-marathon qui devait être présenté le 1er avril en Californie, mais qui a été annulé.

Le COVID-19 joue les trouble-fêtes pour des étudiants de l'Université d'Ottawa

Des étudiants de l’équipe Supermileage de l’Université d’Ottawa ont présenté samedi un véhicule électrique qu’ils ont construit en vue d’une compétition qui devait avoir lieu le 1er avril en Californie.

Malheureusement pour eux, ils ont appris vendredi soir que la compétition, le Défi Shell Eco-marathon, était annulée en raison de la menace grandissante du coronavirus dans cet État américain.

« On a eu la nouvelle récemment que la compétition est annulée. C’est sûr que c’est vraiment dommage, on aurait voulu y aller encore cette année, mais il faut faire avec », explique le chef d’équipe mécanique, Simon Tremblay.

« On a juste eu un courriel nous disant que c’est annulé. Ils disent que ça va peut-être être repoussé à plus tard, mais on n’en sait pas plus. On va suivre la situation de près », indique de son côté la chef d’équipe de direction et conductrice du véhicule, Justine Boudreau.

Le Défi Shell Eco-marathon est un programme qui défie des équipes d’étudiants d’universités de partout à travers le monde « pour concevoir, construire et tester les véhicules les plus écoénergétiques ». Le but de la compétition est de pousser la voiture à parcourir la plus longue distance en utilisant le moins d’énergie possible.

Justine Boudreau et Simon Tremblay suivront la situation de près afin de savoir si la compétition sera repoussée à une date ultérieure ou non.

Malgré la déception, Mme Boudreau, qui a déjà piloté la voiture lors d’éditions précédentes du Défi Shell Eco-marathon, soutient que les efforts investis dans la conception du véhicule ne sont pas en vain.

« Il faut qu’on teste la voiture de toute façon. Il y a des places ici à l’Université où on peut la tester. On est aussi en train de regarder si on peut louer un espace à la Place TD. Ils nous ont dit qu’ils pourraient avoir un endroit pour nous où on pourrait faire les tests sur la voiture. On essaye de se préparer pour pouvoir la tester. Nos efforts ne sont pas perdus pour cette année. »

La voiture, que l’équipe a nommée « Bruce », est conçue pour rouler à des vitesses variant entre 30km/h et 40 km/h. Si lors des éditions précédentes le moteur du véhicule fonctionnait à l’essence, cette année la particularité est que « le moteur est complètement électrique. »

« L’an prochain, on va essayer d’en faire un hybride. D’abord il faut s’assurer qu’on peut faire rouler un véhicule électrique avant de s’attaquer au moteur hybride, qui est plus compliqué au niveau technique », détaille M. Tremblay.

L’équipe travaille sur la mécanique de la voiture depuis le tournant de la présente année. Le monocoque en fibre de carbone qui recouvre le véhicule a quant à lui été conçu il y a trois ans.

« C’est très dispendieux de manufacturer ces voitures. On utilise le même matériel que les voitures de sport parce que c’est ultraléger et ça a un niveau d’efficacité très élevé pour le montant d’énergie investi. On commence toujours les travaux mécaniques en janvier et on travaille dessus pendant environ six mois. »

« C’est entre autres pour ça qu’on conserve nos monocoques pour plusieurs années parce que, oui la conception est longue, mais c’est aussi assez compliqué d’en disposer par la suite », ajoute-t-il.

Selon M. Tremblay, le but de l’exercice est de tenter de créer la voiture la plus performante possible, tout en s’assurant qu’elle demeure conforme aux normes écologiques.

« On essaye le plus possible de garder une pensée écologique. Le moteur de la voiture est en aluminium, donc c’est facilement recyclable. Pour nos composantes électroniques, on cherche de plus en plus à réduire les matériaux nocifs. Éventuellement, c’est sûr qu’on voudrait que notre fibre de carbone soit composée de fibres naturelles à 100 % ».