Un groupe d’employés d’organismes communataires a manifesté au coin des rues Maclaren et Buckingham.

Le communautaire réclame plus de soutien gouvernemental

À l’instar de leurs homologues un peu partout au Québec, des groupes communautaires de l’Outaouais ont pris part à une journée nationale de mobilisation, mercredi, afin de dénoncer le sous-financement gouvernemental des organismes communautaires.

Ils étaient une vingtaine d’intervenants d’organismes de la Basse-Lièvre à braver le froid et à manifester un peu après 10 h, hier, au coin du pont Brady, dans le secteur de Buckingham. Dans le cadre de la campagne « Engagez-vous pour le communautaire » entamée en 2016, la Corporation de développement communautaire (CDC) Rond Point avait convié l’ensemble de ses 48 organismes membres à prendre part au rassemblement qui s’est étiré pendant près de 60 minutes, à l’angle de la rue Maclaren et de l’avenue de Buckingham.

« Chaque fois que nous avons une coupure dans nos organismes, ce sont les citoyens qui écopent. Il n’y a pas eu de hausses de subventions pour nous mais seulement des baisses depuis les dernières années. Quand il y a par exemple des coupures dans les CLSC, les gens appellent le communautaire. Nous, on veut répondre aux besoins, mais pour y répondre, on a besoin de ressources », peste la directrice par intérim de la CDC Rond Point, Patricia Weber.

Mme Weber soutient à titre d’exemple que son organisation a vu sa subvention de 5000 $ permettant d’offrir de la formation aux travailleurs œuvrant dans les organismes de la région de la Lièvre être mise au rencart pour 2018. « En perdant ça, je ne peux pas garantir que notre service de formation pourra continuer. Nos formations permettent d’aider les différents intervenants à faire face aux situations de tous les jours », affirme Mme Weber.

Ailleurs à Gatineau, ils sont une cinquantaine à avoir pris part à une journée d’action au centre communautaire Jules-Debiens, dans le secteur Hull. Des tables-rondes étaient notamment organisées à l’intérieur de l’immeuble de la rue Wright afin de discuter des différents enjeux de la campagne nationale.

La coordonnatrice du Collectif régional de lutte à l’itinérance de l’Outaouais (CRIO) et membre du Comité régional de mobilisation de l’Outaouais, Janick Allyson, affirme que le « climat d’austérité » des dernières années a considérablement affecté le milieu communautaire.

Selon le Comité régional de mobilisation de l’Outaouais, seulement pour rattraper la hausse du coût de la vie, il y a un manque à gagner de 475 millions de dollars par année chez les organismes communautaires autonomes.

« Il y a non seulement un manque de financement dans les organismes communautaires, mais il y a aussi des coupures et des compressions dans les services et les programmes sociaux. Ça crée un problème au niveau de l’accessibilité aux ressources puis les gens retombent dans les mains du communautaire. Il y a une augmentation de la charge de travail pour nous et ça crée des enjeux au niveau de l’épuisement et du continuum de services », explique-t-elle.